La femme de l’ombre (tome 2) ∴ Arnaldur Indriðason

J’avais hâte de retrouver la suite de la nouvelle trilogie d’Arnaldur Indriðason après la parution du premier volume, Dans l’ombre.  Habituée à retrouver mon cher auteur islandais chaque hiver (en février) depuis plus de dix ans, j’avais oublié que la suite allait paraître en octobre ! Fort heureusement, ma fée a pensé à moi et m’a envoyé un exemplaire. Dévoré en une journée ! 

Dans de deuxième volet, nous sommes de retour en Islande alors que la deuxième guerre mondiale fait encore rage. Les troupes britanniques puis américaines sont bien installées sur la petite île. Les bars et le marché noir (alcool et cigarettes) fonctionnent bien. A l’époque, les étudiants islandais partaient faire leurs études à l’étranger (Suède, Danemark ou Norvège). C’est le cas d’un jeune étudiant en médecine inscrit à la faculté de Copenhague. Le Danemark est occupé par l’Allemagne et le jeune homme se rapproche d’une autre étudiant, Christian, Danois, qui veut mener des actions contre l’occupant. Osvaldur a promis à sa fiancée, étudiante en Suède, de la rejoindre sur l’Esja, un navire affrété par le gouvernement islandais pour rapatrier au pays tous ses concitoyens qui le souhaitent. Mais à Petsamo, en Finlande, Osvaldur n’embarque pas, au désespoir de sa petite amie qui apprend pendant le voyage son arrestation. Un autre étudiant disparait alors en mer.

Parallèlement, Flovent, le jeune policier islandais, est contacté par une femme pour enquêter sur la disparition d’une femme prénommée Elly. Celle-ci fréquentait les bars et vendait ses services aux militaires américains ou britanniques. Thorson, le policier militaire canadien, enquête de son côté, sur le meurtre d’un jeune homme. Celui-ci a été retrouvé gisant, presque mort, derrière le Picadilly, un bar fréquenté par les GI. Il portait la tenue militaire des troupes américaines mais après enquête, aucun militaire n’a été déclaré absent.

L’auteur islandais n’en termine pas là, car un corps vient d’échouer sur la côte. Un suicide ? Apparemment et Flovent n’a d’ailleurs pas le temps de s’en occuper. Mais l’un des étudiants du médecin légiste va faire son curieux et Flovent va alors s’intéresser de près à l’épouse du noyé, une certaine Agneta.

Est-ce moi ? Oui, j’ai probablement fermé les yeux sur un indice que d’autres sauront interpréter, donc j’ai dévoré cette lecture sans deviner le reste de l’histoire. J’ai adoré retrouver Flovent et Thorson. Arnaldur Indriðason sait toujours autant me séduire avec sa simplicité. Il m’amuse en répétant parfois certains faits, comme si le lecteur regardait une série télévisée (avec le fameux « dans l’épisode précédent »). J’aime la manière dont il décrit l’ambiance à cette époque et la présente de ces militaires américains avec le ressentiment de la population à leur encontre. Et puis ces jeunes femmes islandaises qui rêvent de les séduire et de fuir cette vie isolée et difficile. A l’époque, l’Islande est un pays majoritairement rural mais qui, avec la présence des Britanniques puis des Américains, voit son mode de vie bouleversé.

J’aime beaucoup le personnage de Flovent, qui me fait penser un peu à Erlendur, à ne rien lâcher et toujours se remettre en cause. Thorson est aussi attachant surtout lorsqu’il doit composer avec ses supérieurs hiérarchiques. Mais ici, ce qui m’a énormément plu c’est la troisième voix du roman, la voix féminine. Sa voix et ses émotions m’ont accompagnées tout au long de ma lecture. Et j’ai adoré la fin !

Je ne peux pas en dévoiler plus car sinon je risque d’en dévoiler trop. Vous n’avez pas besoin de lire le premier volet, car l’auteur présente à nouveau les deux policiers et rappelle ce qu’est la « situation« . J’adore apprendre en lisant et ici on apprend beaucoup sur l’histoire de l’Islande pendant la guerre. Les relations entre les GI et les Islandaises, la tension dans la communauté mais aussi la pauvreté qui règne à l’époque. Et Arnaldur Indriðason  ne s’arrête pas là, puisqu’il nous emmène en Finlande, Norvège ou à Copenhague. Entre les pays envahis et ceux ayant choisi de rester neutres, le romancier dresse un portrait très intéressant de l’époque.

Quant à moi, j’attends évidemment avec impatience la sortie du dernier volet (tome ), Le passage des ombres, cette fois-ci au printemps 2018 et comme précédemment, l’auteur nous offre les deux premiers chapitres. Et cette fois-ci, nous faisons un bon dans le temps, quand de nos jours, le cadavre d’un vieil homme est découvert. Evidemment, mon imagination s’est emballée, serait-ce Flovent ???

Vous l’aurez compris, la magie opère toujours !

♥♥♥♥♥

Editions Métailié, 2017, Petsamo, trad. Eric Boury, 340 pages

 

6 thoughts on “La femme de l’ombre (tome 2) ∴ Arnaldur Indriðason

  1. Comme je te le disais sur IG, je n’avais pas lu le 1er car il y avait eu beaucoup d’avis mitigés voire même négatifs…du coup ton enthousiasme m’a fait repêcher ce premier tome (que je veux quand même lire avant le deuxième, tant qu’à faire!)

    1. Super ! Je ne sais pas pourquoi il n’a pas plu. J’ai été ravie de less retrouver une deuxième fois et cette période de l’histoire est vraiment intéressante.

  2. Rebonjour Electra, j’ai lu le premier en attendant de lire ce deuxième tome. J’aime mais Erlendur me manque. Bonne fin d’après-midi.

    1. Oui je lis Erlendur depuis son premier livre donc pareil j’avais aussi pris l’habitude de le retrouver chaque hiver ! Mais l’auteur se lassait. Il a même hésité à le perdre dans les fjords.

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