Il pleuvait des oiseaux ∴ Jocelyne Saucier

juin 9, 2017
Il pleuvait des oiseaux ∴ Jocelyne Saucier

Il me tardait de découvrir ce roman, offert par Marie-Claude, sachant que les critiques étaient plus que favorables. Une certaine appréhension comme il m’arrive parfois en abordant un livre si connu. La peur d’être déçue. Je crois qu’entendre tant de bien d’un livre (ou d’un film) peut finalement porter préjudice à l’oeuvre. Mais j’ai fermé les écoutilles et je me suis laissée entrainer dans l’Ontario, ses grandes forêts et ses grands feux. Des paysages que j’adore.

Et me voilà, assise, à tenter de rédiger un billet honnête – je crois qu’une anecdote va pouvoir résumer ma lecture. La semaine où je lisais ce livre, j’ai regardé une booktubeuse anglaise (Mercy) expliquer qu’elle savait s’il aimait un livre, tout simplement parce que les personnages lui manquaient, mais surtout qu’elle ne leur souhaitait que du bien – elle s’inquiétait de leur sort et avait hâte de les retrouver.

De mon côté ? Je ne me suis pas inquiétée une seconde du sort de ces personnages, je posais le livre et je l’oubliais. Il m’a fallu presqu’une semaine pour un livre de moins de 180 pages ! Et pourtant, j’étais confidente au départ : l’intrigue, les lieux, la grande histoire, ces hommes au fond des bois – tout me plaisait ! J’ai adoré les passages où l’auteur raconte ces grands incendies en Ontario qui ont tué des centaines de personnes, détruit des villes et hanté les mémoires pendant des décennies.

J’ai aimé partir à la rencontre de ces trois hommes, installés au fond des bois.

J’ai aimé découvrir Tom et Charlie, leur amitié et la perte brutale de leur ami Boychuck. Leur rapport à la vie, à la civilisation et à la mort. Mais cela n’a pas suffit à ce que je m’attache à ces personnages, en particulier celui de Marie-Desneige. 82 ans dont 66 ans, internée dans un asile. Pourquoi ? Sans doute parce que j’ai lu deux autres romans dont les personnages étaient également des femmes internées jeunes et oubliées de tous. Et ils étaient mille fois mieux traités. Ici, tout est miraculeux – elle sort, tombe amoureuse et semble ne souffrir d’aucune séquelle. Je n’ai pas cru à ce personnage, ni à la fin d’ailleurs. J’ai trouvé la fin particulièrement cruelle pour tout dire. Je ne l’ai pas trouvée belle. Je m’étais attachée à Tom et Charlie. J’ai trouvé leurs actes profondément égoïstes et à l’opposé de leur mode de vie depuis près de quarante ans. Oh la fin est forte et intelligemment pensée, je ne l’ai pas aimée, c’est tout.

En rédigeant cette chronique, je réalise que j’aurais préféré que le livre se consacre sur ces trois hommes, Boychuck, si mystérieux mais aussi Tom et Charlie, leurs parcours – ce qui les avaient mené à partir vivre au fonds des bois. Leur acclimatation, les années qui passent, la maladie, la solitude – leur mode de survie. Tout cet aspect-là était passionnant mais pas assez développé. L’arrivée de ces deux femmes m’a paru, au final, inopportune.

Je retiens donc l’histoire de ces grands feux, de ce monde qui disparaît sous les flammes, de ces jeunes femmes qui se sauvent en fabricant un radeau de fortune. De Tom et de Charlie.  Je garde ces images en tête.  Je sais que beaucoup d’entre vous ont adoré ce livre, dont le titre est très fort, aussi j’aimerais vous entendre.

♥♥♥♥♥

[highlight color= »color here »]Editions XYZ, 2011, 181 pages [/highlight]

18 commentaires
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18 commentaires

Marie-Claude juin 9, 2017 - 3:12

Tu sais ce que j’ai pensé de ce roman. J’ai aussi préférée les personnages masculins. Je n’irai toutefois pas jusqu’à dire que j’ai trouvé l’arrivée des deux femmes inopportune.
Et le style, il t’a plu?
J’aime les mots de Mercy. Moi, je ne leur voulais que du bien.
Mais rendu là, c’est une simple question de goût et d’affinité.
Tu as mille fois raison qu’entendre (trop) de bien d’un livre (ou d’un film) porte finalement préjudice à l’oeuvre.

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Electra juin 9, 2017 - 7:05

Oui c’est difficile de ne pas être dans la majorité. Le style m’a plu oui et l’histoire autour des grands feux. Je pense que je lirai à nouveau cet auteur.

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keisha juin 9, 2017 - 8:30

Pas lu, mais son deuxième roman, si, et j’ai plutôt bien aimé.
A propos de personne internée, chez Maggie O Farrell, l’héroïne n’avait pas l’air trop traumatisée quand elle s’en sortait?

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Electra juin 9, 2017 - 8:32

Euh Si elle l’était ! Vu ce qu’elle fait à la fin … sinon tu n’as pas lu celui-ci ? Je suis sciée !

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Sylvie juin 9, 2017 - 12:32

Tu n’es pas la seule à avoir un avis mitigé sur ce livre. Je l’ai lu il y a quelques années alors qu’il recevait des prix et tous les éloges ici (au Québec). Je n’ai pas été touchée et le roman m’a finalement ennuyée plus qu’autre chose. Mais, contrairement à toi, le thème ne m’attirait pas au départ.

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Electra juin 9, 2017 - 2:35

Ah merci ! Je me sentais un peu seule j’aime quand la grande histoire rejoint la petite mais là ça n’a pas suffit. Je n’ai pas été touchée non plus.

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gambadou juin 9, 2017 - 9:50

Un livre qui m’a marqué et qui reste en mémoire.

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Electra juin 9, 2017 - 9:51

Il a marqué beaucoup de personnes !

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Jerome juin 12, 2017 - 12:57

Je n’ai pas du tout aimé « Les héritiers de la mine », du coup je n’ai plus envie de me frotter à son oeuvre 😉

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Electra juin 12, 2017 - 1:02

Ah intéressant ! Je ne savais plus Le titre de son second roman et en plus tu n’as pas aimé ? Il faut que j’aille voir

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La Rousse Bouquine juin 13, 2017 - 3:29

Le titre me donnait drôlement envie mais je crois que je vais passer mon chemin !

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Electra juin 13, 2017 - 5:44

Ah pourtant il a eu énormément de succès, je suis l’une des rares à ne pas avoir succomber – le titre est très fort -et on a l’explication dans le texte !

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Laeti juin 14, 2017 - 8:56

J’ai relu mon avis de l’époque pour me remémorer cette lecture et comme toi, ce sont les personnages masculins que j’avais le plus appréciés. L’ambiance de la forêt, du calme que cela propose, le fait de vivre à l’abri du reste de la société, m’avait beaucoup plu. Pour ce qui est de la romance, oui bon on est d’accord, un peu bof bof 🙂 Pour le reste c’est une auteure que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire à nouveau mais c’est en projet.

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Electra juin 14, 2017 - 9:15

J’aurais préféré qu’elle raconte leurs histoires sans faire intervenir d’autres personnages. Mais sinon j’ai comme toi aimé la forêt et l’ambiance

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Hélène juin 14, 2017 - 11:47

J’en garde un bon souvenir malgré tout.

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Electra juin 14, 2017 - 11:29

Oh bizarre, ton commentaire était parti dans mes commentaires indésirables ! Je les supprime sans trop les regarder d’habitude, ouf ! Pour revenir aux livres, la majorité a aimé – je fais partie de la minorité 🙂

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athalie juin 15, 2017 - 10:36

Ben moi aussi, je fais partie de cette minorité, je n’ai pas réussi à y croire ni à l’histoire, ni aux personnages et la Desneige est un personnage de miraculée fort peu crédible, effectivement … Sans parler des dons de voyances picturales …

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Electra juin 15, 2017 - 11:30

ah merci ! Tu me rassures, finalement nous sommes plusieurs à ne pas avoir succombé au charme de cette histoire, pourtant les prémices étaient bons et surtout comme toi à la Desneige …

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