Craquage de slip

Je me doutais bien que ce séjour à Paris serait synonyme d’achats mais j’ignorais que ma valise serait chargée à ce point ! C’est pourtant le cas à chaque fois. Ceux qui ont lu mes billets précédents connaissent donc mes pérégrinations parisiennes et le nombre de livres achetés à chaque visite. Il était temps de vous montrer mes achats !

Shakespeare & Co. ♦

Un seul achat (avec le tote bag en plus) à la célèbre librairie anglophone. Si j’avais pu dénicher de belles éditions de l’œuvre de J.D Salinger, j’aurais certainement craquer. En attendant, j’ai choisi le roman de Peter Heller, The Dog Stars (traduit : La constellation du chien). Surprise car il s’agit d’un roman post-apocalyptique, genre dont je ne suis absolument pas fan (même si j’ai beaucoup aimé mes deux lectures précédentes sur le même thème, La Route et Station Eleven).

Mais récemment, je suis tombée sur un avis tellement enchanté de ce roman et la présentation a eu fini de me convaincre. Et puis, j’avoue que l’édition a eu fini de me convaincre. Une lecture qui sera forcément hors de ma zone de confort !

Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Toute Chose. L’art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cow-boy chatouilleux de la gâchette. À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !)

Gibert Joseph

Ayant sans doute senti le craquage venir, je me suis rédigée une liste d’auteurs classiques et contemporains à suivre scrupuleusement – et cela m’a aidé à ne pas repartir avec 150 livres sous le bras !

En premier, deux romans de John Steinbeck. J’avais lu et étudié longuement à la fac son roman Of Mice and Men (Des souris et des hommes), que j’adore, puis découvert l’an dernier A l’Est d’Eden. En voyant les belles éditions Penguin Classics soldées, je n’ai pas pu résister. J’ai pris The winter of our discontent (L’hiver de notre mécontentement), son dernier roman publié en 1961 et Cannery Row (Rue de la Sardine) publié en 1945. J’ai beaucoup entendu parler de ce dernier.

 

Puis j’ai cherché les romans de William Faulkner et j’ai trouvé une édition de As I lay dying (Tandis que j’agonise) en bon état. J’ai un roman et un recueil de nouvelles dans ma PàL mais il est apparemment conseillé de conseiller avec celui-ci. Faulkner l’aurait écrit en six semaines, entre minuit et quatre heures du matin, au fond d’une soute à charbon.

Anse Bundren et sa famille entreprennent un voyage funéraire pour aller enterrer la femme de ce dernier, quelque part dans le Mississippi. Sous la chaleur de juillet, le corps se décompose, les mulets se perdent, un des fils se casse une jambe, l’autre perd la raison, tandis que le père ne pense qu’au nouveau dentier qu’il va s’acheter.

Pareil, je suis tombée à deux reprises sur des avis enchantés pour ce roman, et j’avais un peu honte de ne pas avoir encore découvert cet auteur : Salman Rushdie. J’étais ravie de le trouver en si bon état, publié chez Vintage et étonnée de sa taille (672 pages) : Midnight’s Children  (Les enfants de Minuit). J’ai vraiment hâte de le lire !

Saleem Sinai, le héros de cet extraordinaire roman picaresque, est né à Bombay le 15 août 1947, à minuit sonnant, au moment où l’Inde accède à l’indépendance. Comme les mille et un enfants nés lors de ce minuit exceptionnel, il est doté de pouvoirs magiques et va se retrouver mystérieusement enchaîné à l’histoire de son pays.  » J’ai été un avaleur de vies, dit-il, et pour me connaître, moi seul, il va vous falloir avaler également l’ensemble.  »

Alors se déroule sous nos yeux l’étonnante et incroyable histoire de la famille Sinai : disputes familiales, aventures amoureuses, maladies terribles, guérisons miraculeuses – un tourbillon de désastres et de triomphes… Ce récit baroque et burlesque est aussi un pamphlet politique impitoyable.

Quelle bonne surprise de dénicher également le recueil de nouvelles de Sherman Alexie, Blasphemy. Ce recueil, publié en 2012, réunit à la fois ses nouvelles les plus célèbres et des créations. Au total 31 nouvelles. On y retrouve à nouveau la vie de ces Indiens un peu paumés, alcooliques ou en deuil, on the rez (dans la réserve).

Quelques citations piochées ci-et-là qui font de Sherman Alexie, un porte-parole unique :
 » Sur la réserve, les hommes indiens qui abandonnent leurs enfants sont beaucoup plus critiqués que les hommes blancs qui font de même. C’est parce que les hommes blancs le font depuis des siècles et que les hommes indiens viennent tout juste d’apprendre à le faire. Un exemple parfait de l’intégration ».

« Quand un Indien né et élevé sur une réserve décède suite à un problème d’alcoolisme, on devrait inscrire sur son acte de décès « mort de causes naturelles ». »

« Si Dieu aimait vraiment les Indiens, déclara le père, ils nous auraient fait blancs ».

Ni l’auteur, ni le roman n’étaient dans ma liste mais je n’ai pas pu résister à cette très belle édition et à l’histoire, celle de Firmin, petit rat qui vit dans une librairie de Boston. L’auteur est Sam Savage.

Né dans une copie en morceaux de Finnegans Wake, nourri au régime de Lady Chatterley et de Jane Eyre (qui avait un goût de salade), Firmin, à l’inverse de ses douze frères, a été consumé par les mots, les pensées, les désirs et les espoirs de ces romans. Il adore les livres et nous entraine dans sa vie de rat amoureux des mots.

Un roman destiné, non pas aux enfants, mais aux adultes amoureux des livres. Comme moi !

Enfin, dernier achat à Gibert, ma lecture du moment, inspiré par le billet de Marie-Claude : One thousand white women  (Mille femmes blanches) de Jim Fergus. Moi qui suis passionnée par les Indiens, je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas lire ce roman!  Mystère

L’histoire de ces femmes qui ont accepté d’épouser des indiens Cheyennes, en 1875, à la demande du gouvernement américain, en échange, pour certaines, de leur liberté. Et en particulier l’histoire de May Dodd. Je n’en dis pas plus car j’en suis à peine à page 100, donc chut ! Et puis comment pouvais-je résister à une telle couverture ? La version américaine est magnifique. J’ai pu relire ce soir en attendant un rendez-vous.

San Francisco Books and Co.

Comme je l’expliquais dans mon précédent billet, j’ai beaucoup aimé cette petite librairie même si je regrette qu’il soit impossible de regarder les livres placés en hauteur. Mais par terre, sur une pile de livres, trônait en bonne place un roman de Louise Erdrich que je cherchais depuis longtemps : The Last Report on the Miracles at Little No Horse (traduit en français : Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse).

Ce roman lyrique et baroque nous entraîne dans l’univers d’une réserve indienne du Dakota-du-Nord, où vit le père Damien, un prêtre quasi centenaire. Il a été témoin de nombreux événements, ordinaires et extraordinaires, qu’il a fidèlement rapportés aux papes successifs sans que cela suscite la moindre réaction.

Et lorsque enfin le Vatican lui envoie un émissaire, il hésite à révéler l’incroyable vérité… Il est ici question de secrets et de rédemption, mais surtout d’amour : amours humaines, amours divines, que l’écriture de Louise Erdrich transcende avec émotion et sensualité.

J’avoue, j’ai lu une dizaine de pages le vendredi soir, et c’est du bon, du très bon ! Et le livre est très beau également.

Oxfam Bouquinerie

Quand je repense à ma décision de dernière minute pour aller découvrir cette bouquinerie, je souris encore. Mais j’ai eu raison car malgré sa petite taille, le choix en livres anglophones était plus que satisfaisant.

J’ai lu ce roman lors de mon retour en train, mon troisième Steinbeck ! Il s’agit de Tortilla Flat. J’avais envie d’acheter le roman dans la même collection mais j’ai craqué pour cette vieille édition (qui se vend plutôt chère sur la toile). J’ai commencé à rédiger un billet sur ce roman phare de l’œuvre de l’écrivain américain.

Le roman suit les aventures d’une bande d’amis vivotant sur les collines de Monterey, à hauteur de San Francisco, dans un quartier appelé Tortilla Flat. Je n’avais pas lu Steinbeck depuis A l’Est d’Eden l’an dernier. Une grande claque ! Donc j’étais ravie de le retrouver à nouveau avec ces personnages très pittoresques. Une plongée dans une Amérique peu connue, loin de ces self-made man ou travailleurs acharnés, en compagnie de ces hommes qui préfèrent la compagnie d’une bouteille de vin à celle d’une femme !

J’ai hésité pour plusieurs romans, surprise d’avoir autant le choix mais j’ai finalement porté mon attention sur le roman de Dave Eggers, Zeitoun. J’ai entendu parler de ce roman et j’ai lu principalement des critiques élogieuses. J’ai déjà un recueil de nouvelles de cet auteur dans ma PàL. Mon objectif : lire l’un des deux cette année.

Et puis j’avoue qu’il m’était difficile de résister à cette couverture à un tout petit prix de surcroît!

Originaire de Syrie, marié à une jeune Américaine convertie à l’islam, Zeitoun a fondé à La Nouvelle-Orléans une entreprise de bâtiment prospère avant que l’ouragan Katrina ne dévaste la ville en 2005.Malgré la fuite de sa famille, il décide de rester sur place. Sur un petit canoë, il explore les quartiers engloutis, vient en aide aux personnes prisonnières chez elles, nourrit les chiens abandonnés… Un jour, la Garde nationale l’arrête, l’accusant d’être un pilleur des rues. Dave Eggers, prix Médicis étranger pour Le grand Quoi, nous raconte l’histoire saisissante d’un homme confronté aux forces de la nature puis aux injustices d’une société violente.

J’avais noté dans ma liste d’auteurs à découvrir absolument Margaret Atwood. J’ai finalement reposé les romans neufs (édition Vintage) vus chez Gibert quand j’ai aperçu celui-ci, Alias Grace chez Oxfam (traduit en français sous le titre Captive). J’avais cherché il y a quelque temps des renseignements sur la romancière canadienne, puis j’ai vu un avis plutôt mitigé de son roman de science-fiction le plus célèbre, The Handmaid’s Tale (La servante écarlate). Vu que je ne suis pas fan de ce genre, j’avais noté Alias Grace comme étant sans doute le roman le plus approprié pour moi. Alors quand j’ai aperçu ce titre chez Oxfam, j’étais ravie !

1873. Grace Marks, seize ans, est condamnée à la réclusion à perpétuité pour le double meurtre de son jeune employeur et de sa gouvernante. Victime sous emprise ou monstre en jupons ? Face à l’échec des rapports psychiatriques, le Docteur Jordan s’empare du dossier, bien décidé à la sortir de son amnésie. Mais pourquoi lui cache-t-elle les troublants rêves qui hantent ses nuits ?
Inspiré d’un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood nous offre un roman baroque où le mensonge et la vérité se jouent sans fin du lecteur.

Mon dernier achat était imprévu, mais j’ai eu le coup de coeur, pour le livre dont j’adore la couverture et pour l’histoire. Il s’agit de The Glass Castle de Jeannette Walls (traduit le Château de verre). J’ignorais tout de l’histoire et des formidables critiques entourant ce roman et si je ne me retiens pas, ça sera ma prochaine lecture !

De son enfance étonnante, la journaliste Jeannette Walls a gardé tard le secret. Ce soir-là, en quittant Park Avenue couverte de perles pour se rendre à une soirée, elle est rattrapée par son passé : elle voit sa propre mère fouiller dans une poubelle. Jeannette ne descendra pas du taxi. Ébranlée, elle décide de raconter.
Les départs précipités, de ville en ville, la misère… L’alcoolisme et les absences du père, savant incompris. La douce folie d’une mère artiste et peintre. Mais quel enfant a jamais pu caresser un guépard au zoo, ou rêver sur les plans d’un château de verre en plein désert, dessiné par un père visionnaire ? De l’absolue liberté de ces deux anticonformistes, les enfants Walls ont, plus que la faim ou la honte, hérité d’un formidable appétit de vivre…

Vous l’aurez compris, aucun roman récent – beaucoup de classiques, sans doute les avez-vous déjà lus (tous ou une partie) mais pour moi, ce sont tous des découvertes.

Ils ont tous été traduits et sont tous disponibles en Poche.

14 thoughts on “Craquage de slip

  1. Je suis surprise de trouver ici « The Dog Stars ». Bravo de sortir de ta zone de confort!
    J’espère que tu te plais et passes un bon moment dans ces « Mille femmes blanches »…
    Je craque complètement pour la couverture de « Zeitoun ». J’ai déjà eu sous le nez l’édition Gallimard, mais je ne me suis pas branchée. À suivre après ta lecture… Mais c’est un auteur que j’aimerais bien découvrir.
    Curieuse de savoir ce que tu penseras du roman de Margaret Atwood. J’ai souvent hésité devant…
    Enfin, tu goûteras à un gros coup de coeur: le roman de Jeannette Walls. (On ne se connaissait pas encore quand je l’ai lu!)
    http://www.hopsouslacouette.com/2015/01/le-chateau-de-verre-une-enfance-hors-du.html
    Ces couvertures de Steinbeck sont à tombées… Et un Faulkner? Bref, du très bon.
    Tu sais si le recueil de Sherman Alexie a été traduit?

  2. Merci ! oui je sors de ma zone de confort mais vu les critiques, faut que je me donne un coup de pied au derrière ! Oui, j’aime beaucoup ma lecture ! merci pour m’avoir donné envie de le lire 🙂 Hajar et une autre blogueuse n’ont pas aimé Le Cercle de Eggers (adapté au cinéma) mais pour Zeitoun les avis sont plutôt unanimes. Je te dirais ça ! Pour Atwood, j’entends les deux sons de cloche, ceux qui aiment et ceux qui n’accrochent pas du tout. Vu l’épaisseur du livre, j’espère pencher pour le premier ! Je me doutais que tu avais lu le château de verre (vu les avis hyper nombreux) ! Je vais aller lire ton billet 🙂
    Tu as tout lu Faulkner, n’est-ce pas ?
    Le recueil reprend 31 nouvelles dont les plus célèbres qu’on retrouve dans ses précédents recueils traduits et publiés chez Albin Michel : Phoenix Arizona, Dix petits Indiens et Danses de guerre et une série de nouvelles inédite. Donc avec les trois livres, tu devrais être pas mal occupée !

    1. J’ai pas tout lu Faulkner, mais j’y compte bien!
      J’ai déjà « Dix petits Indiens » et « Danses de guerre ». Ça part bien!
      « Le Cercle » sort bientôt en poche. Je vais peut-être me laisser tenter. Mais je vais d’abord chercher « Zeitoun ».

      1. Ah ! je croyais mais j’ai confondu sans doute avec un autre. Je crois qu’il a écrit 19 romans ?
        Bien ! Je me doutais que tu avais du Sherman chez toi 😉 J’ai déjà lu un soir une des nouvelles, c’est du très bon, tu vas adorer !
        Oui, je pensais lire le Cercle (car il est adapté au ciné) mais vu les avis, alors que Zeitoun c’est tout le contraire, et le sujet (Katrina) va nous plaire !

  3. Ha bon La constellation du chien c’est post apo?
    Sinon, mais il y a des chouchous la dedans (Steinbeck), plein que j’ai déjà lus (et que je m’étonne que tu n’aies pas lus)(Mille femme blanches, Atwood, etc par exemple)

    1. Oui, après « la fin de toute chose » – moi aussi, en lisant la quatrième, j’ai eu un peu peur mais vu qu’il y aussi les grands sentiments humains, le nature writing , etc. ma curiosité l’emporte ! je n’aurais jamais lu Station Eleven si ce n’était suite à l’enthousiasme de Marie-Claude qui me l’avait offert !
      Oui Steinbeck – j’en suis à mon quatrième roman et toujours aussi comblée !
      Et oui, bon Mille femmes blanches, je vais l’avoir lu d’ici deux jours donc faute réparée !
      pour Atwood – bizarrement non, j’avoue que le thème de la servante ne m’attirait pas du tout d’où mon frein, j’espère qu’avec celui-ci je vais être emballée (ou pas!)

  4. Oh ! Les Steinbeck (Tortilla flat et Rue de la Sardine) étaient mes chouchous quand j’avais 20 ans, il faudrait bien que je les relise ! Et que je trouve aussi du Faulkner (je n’en ai lu aucun)..
    Mille femmes blanches est dans ma PAL aussi, ainsi que les aventures de Firmin (je l’avais acheté à la parution mais je crois avoir abandonné au bout de quelques pages, je vais m’y replonger !).
    Beau craquage en tout cas !!

    1. Merci que de lectures communes ! Je viens de lire Tortilla Flat du très bon ! Hâte de lire la rue de la Sardine. Faulkner il faut que je m’y attaque aussi et j’aime beaucoup Mille femmes blanches

  5. waouw! sacrée « book haul » ! 😀
    je suis bien tentée par La Constellation du Chien, même si c’est du post-apocalyptique – finalement c’est un genre qui me plait bien
    j’avais lu La Captive pour un Bibliomaniacs il y a deux ans, et je n’avais pas trop accroché…du coup c’est le seul et unique Margaret Atwood que j’ai lu!

    1. Ah merci ! Oui ma petite valise était pleine du coup oui vu la description je pense que le Roman va plus loin que son genre post-apocalyptique ! Zut pour la captive – enfin je vais bien voir Si j’accroche ou pas !

    1. Oui, en fait, j’ai déjà lu une série de nouvelles de lui et j’ai adoré – j’ai lu déjà une nouvelle le soir-même et oui, j’aime trop !!!
      pour Firmin, c’est de la pur curiosité, j’ai l’impression de régresser ! contente de voir que tu as aimé. Ah tu as déjà tout lu !

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