Rencontre avec Julia Kerninon

La vie vous joue parfois de jolis tours ! Depuis quelque temps, j’avais repéré le dernier livre de Julia Kerninon, Une activité responsable. En plein craquage de slip, je pensais toujours à l’acheter, mais il continuait à se faire oublier. Et puis, j’ai décidé de faire un dernier tour en librairie mercredi dernier, à la recherche d’un autre ouvrage, lorsqu’il m’a fait un clin d’oeil. Soixante petites pages d’une autobiographie très particulière : la naissance d’un écrivain et d’une lectrice carnivore. 

Acheté le midi et lu le soir-même. Dévoré. Julia Kerninon est Nantaise, comme moi. Julia a eu une machine à écrire offerte par sa mère, moi aussi. Julia lisait tout le temps, moi aussi.  Julia a un doctorat en littérature, pas moi. Julia a déjà publié trois romans (deux romans jeunesse dont j’ignorais l’existence jusqu’à très récemment), pas moi.

Vendredi soir, en rentrant chez moi, aux alentours de 18h,  j’ouvre Facebook et voilà qu’apparait un post de l’éditeur de Julia, La Brune au Rouergue, annonçant que la romancière venait dédicacer son dernier ouvrage à la librairie Durance à 18h30. Ni une, ni deux, me voilà repartie à toute vitesse en centre ville (bon, à dix minutes de chez moi.. ) En arrivant, je découvre à la dernière seconde qu’il fallait « réserver » – fort heureusement, la très gentille libraire m’a laissée entrer.

J’avais déjà lu une ou deux entretiens de l’auteure, vu son superbe visage, ses cheveux noirs épais et j’imaginais une sorte d’Amazone. J’ai découvert une très jolie jeune femme, toute menue, et plus petite que dans mon imagination (1m60?). Nous voilà tous réunis dans une alcôve de la librairie, et la rencontre peut commencer.

J’ai noté les questions posées par les libraires – tout au long de la rencontre, un comédien a lu des extraits du livre – emporté par sa passion, il a failli lire tout l’ouvrage ! A la fin, nous avons pu échanger avec elle, et j’ai pu posé une question qui me tenait à coeur.

S’agissant ici d’une autobiographie sur sa découverte de la lecture, puis de l’écriture – je vous encourage à lire, passionnés des livres comme moi, ce livre très rapidement – Il m’a tellement parlé, que j’ai l’impression qu’elle a parfois piqué mes journaux intimes pour s’en inspirer 😉

Qu’est-ce qui a déclenché l’écriture de ce récit ? 

Lors de la sortie de mon roman, Buvard, je suis partie en tournée. Etant une inconnue du grand public, on m’a souvent posé la question : « qui êtes-vous ? » – je suis romancière, je n’écris pas d’auto fiction.  Mais au fil des rencontres, ma narration s’est polie. Puis le hasard a bien fait les choses, un libraire de Mâcon m’a demandé une nouvelle et Charlotte, la librairie De la Vie devant soi  { où j’ai acheté le livre et que je vous ai présentée ici } m’a demandé un texte pour son recueil.  J’ai réussi à produire un texte d’une vingtaine de pages. Mais écrire son autobiographie à 30 ans, je trouvais ça embarrassant, comme d’y déclarer que l’on aime ses parents.

Parlez-nous de la bibliothèque transmise par votre mère

Ma mère m’avait créée une immense bibliothèque, très éclectique pour ma rentrée en CP : Le petit Lord Fauntleroy (je l’avais aussi), les contes de la Saint-Glinglin, l’Attrape-coeurs de J.D Salinger (♥) … Ce n’était pas la sienne, elle avait grandi avec uniquement quelques livres à ses côtés. Je me souviens encore d’être frustrée de ne pouvoir lire les panneaux publicitaires du rond-point des Châtaigniers { très connu à Nantes }, l’apprentissage de la lecture fut donc un immense moment, et une déception en découvrant ce que voulait dire ces panneaux ! Ma mère n’était pas consciente de cela, elle l’a découvert en lisant ce récit ! 

A posteriori, en lisant votre récit, on ressent comme un destin tout tracé ? Est-ce le cas

{ Julia sourit } Oui et non.  Mon histoire familiale est liée aux livres. Mes parents étaient de jeunes instituteurs à Lorient lorsqu’ils se sont rencontrés. Ils ont posé une dispo puis sont partis faire un immense road-trip à sac à dos de plusieurs mois, entre le Canada et les USA. Et la légende est née. Ils ont été frustrés de ne pas pouvoir emporter de livres avec eux. Puis un jour,  ma mère en a trouvé un dans un fossé. Au fur et à mesure de sa lecture, elle déchirait les pages pour les donner à lire à mon père. C’est devenue une légende familiale { et moi, ça me fait penser au récit de Cheryl Strayed, dans Wild }.

En racontant cette histoire, je n’avias pas souvenir du titre du livre. C’est ma mère qui m’a appelé pour me rouspéter en me disant qu’il s’agissait d’un roman d’Elia Kazan. Je l’ai depuis lu, il est nul.

Quand on lit votre récit, on découvre à la fois une famille très soudée, mais également des « êtres à part entière »

Mes parents n’ont pas grandi dans des familles heureuses. Ils ont pas mal « bricolé » pour construire une famille et ont beaucoup hésité à me donner une petite soeur. Mes parents sont adorables, mais ont un côté un peu « autistiques ». Ils ont trouvé notre maison par hasard, lors d’une promenade. Celle-ci était presque en ruine. Ils l’ont achetée pour une bouchée de pain à l’époque. C’est devenu notre havre. Lorsque j’ai décidé de partir seule un an à Budapest, afin de me consacrer entièrement à l’écriture, mes parents ont trouvé ça normal. Ils avaient pris la route dès leur plus jeune âge. Mais ils étaient ensemble, moi j’étais seule. Le jour du départ, Quai Baco (à Nantes, l’endroit d’où partent les cars), mon père m’a accompagné et m’a quitté avec un simple « Bon courage ». Mais je leur en suis reconnaissante, le fait qu’il ne m’ait pas dit de revenir si je regrettais mon geste, m’a poussé à tenir bon. Et au final, je suis repartie d’année en année, pendant quatre ans.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette année passée à Budapest ? 

A l’époque, j’écrivais déjà régulièrement. Et j’avais déjà publié un premier roman jeunesse. J’ai trouvé formidable de vivre seule, manger quand je voulais, sortir quand je voulais, lire et écrire toute la journée. J’empruntais beaucoup de romans à l’Institut Français, j’ai été amoureuse. J’ai appris à vivre seule. Ma mère m’avait dit que pour être avec les autres, il fallait d’abord savoir vivre seule. Mais malgré tout, j’ai toujours peur des gens. J’ai adoré Budapest et j’y suis donc retournée à l’âge de 25 ans.

Cette ville est-elle liée à votre famille, votre grand-mère dont vous parlez dans votre récit ? Le parc où elle allait se promener chaque jour ?

{ Mauvaise compréhension de la libraire } Non, ma grand-mère allait se promener tous les jours, oui, mais au parc du Procès (un parc très connu à Nantes où je vais assez souvent, avec le joli belvédère).  Mais les pays de l’Est, peut-être. Après tout, mon oncle maternel vit à Vienne depuis vingt-cinq ans. 

Vous ne pensez donc pas que votre mère avait de l’ambition pour vous ? En vous offrant une machine à écrire pour vos six ans ?

Non, elle ne l’a pas achetée. C’était la sienne et elle me l’a donnée. Ma mère est dans « le faire », elle a un rapport innocent avec le monde. Et puis, j’ai tout de suite écrit très mal. J’étais incapable de me relire. La machine, c’était lourd – dans tous les sens du terme.

Dans votre récit, vous présentez, pour vous et votre famille, la lecture comme un rempart contre le monde, une forme de protection. 

Mon père est très méfiant envers le monde. On n’a pas de second degré. Mon compagnon en joue beaucoup, il va me dire « tiens, j’ai jeté ton manteau par la fenêtre » et je vais y croire ! Il me fait tourner en bourrique. Avec les personnes, j’ai du mal à interpréter leurs propos, à lire en eux. A l’inverse dans les livres, tout y est structuré, pensé, réécrit. Je peux relire. Prendre mon temps. Et puis, on peut fermer un livre quand on le souhaite, on ne pas faire pareil avec une personne. Comme moi ce soir, dans cette salle, je vous saoule sans doute avec mes propos, et vous devez faire avec ! {rires}

J’adore les livres car ils sont une source d’information colossale. Encore plus qu’Internet. J’emprunte beaucoup de livres.

Dans votre récit, vous décrivez l’écriture comme une forme d’exutoire contre une folie, une obsession – vous vous décrivez comme déséquilibrée ..

Oh, je parle d’une rencontre particulière. Un week-end en amoureux offert dans un gîte. La propriétaire m’avoue qu’elle savait qui j’étais, et elle avait lu mes romans. Oh mon dieu, elle va sans doute se reconnaître. Enfin, elle m’a mitraillé de questions, pas mal de clichés sur les écrivains, comme l’angoisse de la page blanche, je suis restée muette et au bout d’un moment, elle a regardé mon ami et lui a dit à voix haute « elle n’est pas bien dans toute sa tête, hein ? ».

Je suis la première séduite par les légendes entourant les écrivains, j’en ai même fait le sujet de ma thèse. L’écriture doit forcément canaliser quelque chose. Mais l’écriture peut aussi rendre une personne trop autonome pour vivre heureuse.

Vous dressez de vous-même un portrait en négatif dans ce récit, dites-nous en plus. Finalement, vous ressemblez à Caroline N.Spacek, le personnage de Buvard

En premier lieu, personne n’est à l’abri de son propre narcissisme. Je suis comme tout le monde, orgueilleuse, parfois arrogante. C’est une biographie sélective.  Pour Buvard, oui il y a un peu de moi. J’avais vingt ans quand je l’ai rédigé, j’avais donc peu d’expériences. Alors oui, Caroline avait travaillé comme serveuse, comme moi tous les étés, et elle avait voyagé dans les mêmes pays que moi.

Dans votre récit, l’expression « trouver sa place  » revient à plusieurs reprises.

Oui, trouver sa place, moi vis-à-vis de moi, moi vis-à-vis des autres. Cela fait vingt-cinq ans que j’écris. Quelque chose de très assis. Pour moi, le livre est un vrai outil. 

Quelqu’un qui ne lit pas, c’est hyper grave ! Je sais que ça sonne hyper bourgeois de dire ça. Je sais que certains n’ont pas accès à la lecture, aux livres. Mais avec le temps, j’ai découvert que ceux qui lisent le moins, autour de moi, sont les plus diplômés, et qu’à l’inverse, les gens aux revenus plus simples, lisent plus. Je n’ai aucune confiance en ceux qui ne lisent pas.

Ce livre ? je l’ai écrit pour refermer le couvercle de mes trente ans. J’ai travaillé très dur pendant dix ans pour accomplir tout cela. Ma thèse est terminée. Je n’ai aucune idée de la suite. Je suis très surprise du retour de ce texte. Surtout sur le fait qu’il parle énormément « aux lecteurs « . J’étais stupéfaite. Ce livre, c’est pour moi un moyen de défendre la légitimité de la foi dans les livres, d’où le titre de l’ouvrage : « une activité respectable« .

J’aime la solitude que procure l’écriture et la lecture. La vie en collectif fait juste passer le temps plus vite. J’aime avoir une vie intérieure.

Parlez-nous de vos voyages à Paris, autour de la poésie ? Vous aviez seize ans à peine ? 

Le slam est arrivé à Paris, dans les bars de Pigalle à la fin des années 90. Le vrai slam, hien, pas celui de Grand Corps Malade.. A Nantes, cela se passait au Lieu Unique {un bar très connu}. C’était en 2002, j’avais quinze ans, j’écrivais, pas de la poésie cependant. A l’époque, je lisais tous les Inrocks de mon père, j’avais la bouche en coeur. Ces types, c’était des Misfits. Ils ont été des pygmalions et m’ont emmenée dans leurs bagages à Paris, les écouter déclamer de la poésie. Je suivais leurs conseils, lisais les livres qu’ils m’envoyaient, écoutais la musique qu’ils me conseillaient. Ils m’envoyaient de drôles de colis, ils écrivaient sur l’enveloppe à «  Julia La Brune, qui vit dans la rue qui finit avec le mot propriétaire « .  Mais bon moi, j’écoutais toujours mes K7 de Tina Turner. J’étais un peu leur Lolita, mais j’ai grandi et à dix-huit ans, j’ai pris mon envol.

Vous citez la thèse de Franck J. Sulloway sur les enfants rebelles dans votre récit ? 

Oui, il a étudié le positionnement des enfants dans les fratries. Selon lui, les ainés ont tendance à suivre leurs parents, ils sont conservateurs alors que les cadets sont des révolutionnaires. Dans le but d’attirer l’attention de leurs parents d’une autre manière. Le benjamin, qui subit le moins de pression, aura tendance à suivre à nouveau le modèle familial.

♠ Questions du public ♠

Pouvez-vous nous en dire plus sur la transition de la machine vers l’ordinateur ? Vous employez le mot « word » dans votre récit.

Je pense que j’ai ai eu un ordinateur à l’âge de quinze ans. Mais j’avais également eu une autre machine à écrire, plus légère et qui faisait moins de bruit. Car j’embêtais toute la famille à écrire sur la vielle machine. Je suis nulle en technologie. Je n’utilise l’ordinateur que pour écrire et aller sur Internet. Quand je vais à la FNAC et que le vendeur me demande pour quel usage, je réponds cela. Rien d’autre.

Jamais d’écrit à la main ? Vous disiez aimer les carnets des écrivains ? {ma question}

Hélas non ! J’écris toujours aussi mal. Je suis incapable de me relire. Enfin, je prends quand même des notes. Des mots. Mais pour écrire, j’utilise l’ordinateur. J’ai un document principal « fragments » sur lequel j’écris au kilomètre. J’ouvre un autre document, appelé « chute » où je regroupe tous ces fragments, je les réorganise. Je crée des chapitres.  Ce qui est dommage, c’est que l’ordinateur supprime les brouillons. Pas de trace. On a souvent dit que l’ordinateur allait tuer la création. C’est faux, même si je reconnais que le médium utilisé pour écrire a forcément un impact.

Je suis quelqu’un d’impatient, même à la machine à écrire !

C’est un métier solitaire, avez-vous pensé à l’enseignement comme moyen de rester plus en contact avec la société ?

{ En aparté : La jeune fille qui a posé la question a cité sa thèse sur les entretiens des grands auteurs publiés dans le magazine Paris Review.}

Non, jamais. J’ai un problème avec l’engagement. Je ne peux pas m’engager sur la durée, des horaires fixes chaque semaine. La thèse, c’est forcément un plan B au cas où je n’arriverais pas à publier mes romans. Pour l’instant, je peux me permettre de ne pas travailler car j’ai touché une grosse bourse d’écriture, mais je ne vis pas encore de mes livres.

Que ferais-je sinon ? J’ai toujours des idées, toujours autour des livres. Je lis beaucoup de livres, j’écris sur les livres, je théorise beaucoup autour des livres. Je voudrais être éditrice.  Mais sinon, je rêverais de faire comme Véronique Poulain, être la secrétaire particulière d’un type du CAC 40 car je suis très organisée. Il me demanderait de lui organiser des déplacements très compliqués. Elle a été la secrétaire de Guy Bedos. Je suis très jalouse !

Vous dites ne pas aimer le travail, mais l’écriture en est-un ? 

Oh oui, c’en est un. Mais c’est hyper bizarre. Informe. Depuis notre retour sur Nantes, mon compagnon et moi-même travaillons à la maison (il est conseiller en stratégie).  Le matin, je lis pendant deux ou trois heures. Impossible de savoir à l’heure exacte où je commence, et je suis celle que l’on peut donc interrompre constamment.  Or parfois, j’ai vraiment besoin de m’isoler pour écrire, ou pour réfléchir quand tout se met en place dans ma tête. Joyce Carol Oates dit qu’elle aime aller courir, car elle peut réfléchir à son roman. Moi je cours mais pas assez pour penser à autre chose qu’à l’effort physique 😉

Ma technique, c’est d’écrire plusieurs livres à la fois. Car écrire un roman, c’est un vrai casse-tête et parfois on se retrouve dans une impasse. Donc quand c’est le cas, je peux aller bosser sur un autre roman. Au final, ils avancent tous en même temps. Bon, mon éditrice risque de refuser de tous les publier en même temps !

J’ai récemment lu un livre où l’auteur parle du métier d’écrivain, je ne suis pas forcément d’accord avec ce qu’il dit sauf pour ce passage : « écrire en permanence, c’est se protéger de la peur de ne pas écrire « .  Et il a raison, je m’astreins tous les jours à écrire.

Le fait d’écrire tous les jours m’empêche de me laisser envahir par une multitude de questions comme :  « pourquoi je fais ça ? est-ce vraiment un métier ?  » Etc.

♣  ♣  ♣

Merci beaucoup Julia dont j’ai adoré la sincérité et la simplicité et je suis un peu chauvine, le fait qu’elle soit aussi Nantaise.

Et oui, beaucoup de lecteurs se reconnaissent particulièrement dans ce récit, car beaucoup, ont aussi songé à écrire pendant un temps. Ce fut mon cas, en tout cas. Une dédicace, l’achat de son second roman, Le dernier amour d’Attila Kiss, et je pousse la porte de la librairie Durance. Merci à eux pour cette rencontre.

Julia Kerninon a publié trois romans, dont Buvard que j’ai lu et qui m’avait laissé une forte impression (plus mitigée), Le dernier amour d’Attila Kiss qu’il me tarde de lire et enfin cette autobiographie, raison de sa présence ce soir-là à la librairie Durance.

Copyright photo en Une : Julien Alcacer

 

18 thoughts on “Rencontre avec Julia Kerninon

  1. oh cette rencontre avait l’air géniale!! en plus c’est super d’avoir eu l’occasion de la rencontrer juste après avoir lu son livre! il me tarde de découvrir cette auteure…

    1. Oui, j’ai eu beaucoup de chance et elle est vraiment attachante ! j’aime son franc-parler.
      Tu vas beaucoup aimer ce récit, j’en suis certaine !

  2. Je suis revenue sur ton blog (ce matin, pas le temps de tout lire), au fait tu enregistres?
    Merci beaucoup de ce compte rendu, j’en apprends beaucoup beaucoup sur l’auteur (et sur toi ^_^)
    J’espère la rencontrer en salon, on ne sait jamais…
    (oui j’ai lu buvard, quand même)

    1. je me suis demandée ce que tu voulais dire, non je n’enregistre pas, je prends des notes 😉
      de rien ! j’aime bien faire partager mes rencontres, Hélène l’avait fait aussi. Oui, elle devrait aller à Paris (elle en parlé mais je l’ai pas noté!)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>