Le temps de la sorcière

mai 16, 2016
Le temps de la sorcière

En octobre dernier, j’avais découvert le personnage d’Einar, journaliste à Akureyi en Islande au Journal du Soir dans Le dresseur d’insectes. Le personnage m’avait bien plu. Aussi s’agissant du deuxième volet, j’ai eu envie de lire le tout premier,  publié chez Points, Le temps de la sorcière, signé Árni Þórarinsson  (Arni Thorarinsson en vf).

Le temps de la sorcièreDepuis le romancier a publié trois ou quatre aventures d’Einar, je prends mon temps et autant reprendre les choses dans le bon ordre ! Einar est donc muté de la capitale à cette petite ville du Nord-Ouest. A cette mutation non souhaitée, s’ajoute son voeu d’abstinence : il ne boit plus une goutte d’alcool. On lui demande d’aller suivre la campagne électorale, autre raison de bouder pour ce grincheur né. Si ce n’est l’étrange disparition d’un étudiant, Skarphedinn, qui tenait le premier rôle dans une pièce très attendue, Loftur Le Sorcier. A cette disparition mystérieuse s’ajoute le suicide d’une autre étudiante qu’Einar avait interviewé pour son journal… et l’accident mortel de rafting qui va coûter la vie à la patronne d’une entreprise locale de bonbons.. Einar va alors découvrir que même loin de la capitale, la société est toute aussi gangrénée par la corruption ou la drogue.

Lorsqu’on retrouve le corps du jeune étudiant, et que le suicide est écarté, Einar refuse de lâcher l’affaire au grand dam de son chef qui lui demande de couvrir les élections mais Einar a le nez fin, il sait que derrière cette mort se cache quelque chose de plus grave. J’ai retrouvé un Einar fidèle au second volet, les personnages secondaires toujours aussi attachants (sa collègue Joa, sa fille Gunnsa, sa perruche Snaelda) – avec une mention spéciale pour le chien de son chef Asbjörn, Snulli !

Comme à son habitude, le romancier islandais en profite pour régler son compte à la société contemporaine : les promesses de gros investisseurs qui s’évanouissent au premier obstacle, la tension liée à l’arrivée massive de travailleurs étrangers qui donnent lieu à des bagarres de rues, la drogue omniprésente .. Ici les petites villes sont à leur tour touchées par les mêmes problèmes que ceux de la capitale. L’autre point fort intéressant est la description d’une jeunesse, soit rattrapée par l’alcool, la drogue ou la dépression, soit assoiffée de gloire et de puissance. Ainsi le personnage de la victime ne vous laissera pas indifférent.

Le rythme est toujours aussi plaisant, l’humour décapant et je n’avais pas deviné qui était le meurtrier – un très bon point ! Et puis ça change que ce ne soit pas un policier mais un journaliste qui mène l’enquête – on voit ainsi tous les travers de son métier, les pressions de son éditeur, la course au scoop…

Arni Thorarinsson affichait déjà dans son premier roman son goût pour la musique, ici place aux Rolling Stones et à leur Sympathy for the Devil.  Vous l’aurez compris, je compte bien lire les prochaines aventures d’Einar !

Please allow me to introduce myself
S’il vous plait permettez-moi de me présenter
I’m a man of wealth and taste
Je suis un homme de goût et fortuné
I’ve been around for a long long year
Je suis là depuis de longues longues années
Stolen many man’s soul and faith
Et j’ai volé à beaucoup d’hommes leur âme et leur foi

♥♥♥♥♥

[highlight color= »color here »]Arni Thorarinsson, Editions Points, trad.EricBoury, 425 pages [/highlight]

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12 commentaires

keisha mai 16, 2016 - 9:10

J’ai fouiné, oui j’ai lu L’ange du matin, avec un poil de longueurs dedans, me souvenais-je…

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Electra mai 16, 2016 - 1:10

Pour le moment, il n’y en a pas ! Je ne sais pas combien il a écrit d’épisodes .. J’en suis au deuxième 😉

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Marie-Claude mai 16, 2016 - 2:30

Il faudrait bien que je m’y mette! Une nouvelle «série» islandaise, ce n’est pas de refus.
Et j’ai bien envie de découvrir Snulli!
La photo donne froid dans le dos!

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Electra mai 16, 2016 - 5:22

Ici il est journaliste, et c’est de nos jours – ancré dans la réalité (la crise économique) donc c’est une vision de l’Islande plus « moderne » mais on y retrouve bien la prégnance des croyances, la culture du « prénom ». Mais je m’arrête là côté islandais !

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Eva mai 16, 2016 - 3:14

j’adore les Indridason mais je n’ai jamais sauté le pas avec d’autres auteurs islandais! je note ! ( et cette photo : brrrrrr)

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Electra mai 16, 2016 - 5:23

Ah la photo oui elle fait peur ! Oui, ici on est loin du rythme lent d’Indridason mais j’aime la culture islandaise, leur si petit nombre, l’utilisation du prénom – même dans une société moderne qu’Einar nous décrit, tout cela est encore très présent.

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Jerome mai 17, 2016 - 12:45

Je ne suis pas assez fan de polar, même islandais, pour franchir le pas.

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Electra mai 17, 2016 - 4:02

C’est un genre à part effectivement ! même sous le regard d’un journaliste ? car ici c’est plus porté sur le regard sur une société qu’un crime .. mais bon tu as suffisamment de lecture !

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Hélène mai 18, 2016 - 9:34

Je ne suis pas fan de cet auteur, découvert avec cet pus je crois…

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Electra mai 18, 2016 - 10:50

« pus » ? trop mimi ! J’ai commencé par le second où sa fille vient lui rendre visite et j’avais bien aimé. Mais il faut que j’arrête les séries …

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Océane mai 22, 2016 - 4:47

Dis donc elle m’a fait peur ta photo ^^
Bon, pour ma part, j’ai une série avec un flic belge à finir, donc je note ce nouvel enquêteur du Nord pour plus tard !

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Electra mai 22, 2016 - 5:12

Oh, désolée ! Apparemment, elle a fait réagir pas mal de lecteurs !
Pour les séries, je comprends – j’en suis deux, enfin trois (mais le héros est décédé) donc je commence cette quatrième tranquillement.

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