Le noyé dans la glace

avril 27, 2016
Le noyé dans la glace

Ce roman policier n’était pas dans mon programme de lecture printanier mais une collègue venait de finir de le lire, et me l’a « vendu ». Ayant un long week-end devant moi, et des difficultés à plonger dans mon roman actuel (chose faite heureusement), j’ai accepté. Je ne connaissais pas l’auteur norvégien, Kjell Ola Dahl, mais j’étais curieuse de découvrir une enquête menée par une policière norvégienne à Oslo à la veille de Noël.

le noyé dans la glaceL’histoire commence par la découverte d’un cadavre dans le bassin portuaire qui jouxte l’Hôtel de Ville. On pense naturellement à une nuit arrosée et à une chute accidentelle dans l’eau. Mais l’autopsie va révéler que la victime n’avait pas une seule goutte d’alcool dans le sang. L’inspecteur de police Lena Stigersand décide d’approfondir ses recherches. Elle découvre rapidement que la victime, Sveinung Adeler travaillait pour le gouvernement et devait rendre un rapport sensible au fonds pétrolier norvégien (rappel : la Norvège est le pays le plus riche de la planète), et étudier les investissements d’une compagnie exploitant des phosphates au coeur du Sahara occidental. Au même moment, un de ses collègues, Gunnarstranda est appelé sur le quai du métro après qu’une femme se soit jetée sur les rails à l’arrivée du métro. SDF, toxico, l’inspecteur pourrait conclure à un suicide mais le témoignage d’une personnage puis la vidéo du quai l’oriente différemment : la victime fuyait un homme qui la poursuivit dans les tunnels du métro.

Peu à peu, les deux enquêtes prennent des voies inattendues, et rapidement les inspecteurs voient apparaitre des suspects hauts placés, comme ce membre du Parlement et bientôt ce sont les services secrets qui viennent essayer de leur mettre des bâtons dans les roues. S’il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège, elle-même pourrait bien se noyer sous une épaisse chape de glace.

Je l’ai lu rapidement, un page-turner, l’action est là, parfois palpitante, Lena est la cible d’un mystérieux tueur. Le rythme est intense. L’histoire prend un tournant différent lorsque l’héroïne se découvre une petite boule sous le sein gauche. L’auteur apporte alors la profondeur au roman, qui en manquait beaucoup. L’ensemble est en effet plutôt décousu, voir fouillis. J’ai eu du mal à suivre au départ. Si dorénavant, les auteurs ont tendance à consacrer une grande part d’un chapitre à un personnage, lui, en change à chaque paragraphe. Les flics se succèdent et parfois on se mélange un peu les pinceaux.

Autre chose troublante : tout le monde se tutoie. Malheureusement aucune note de bas de page ne l’explique, aussi on départ on est tenté de croire que les personnages se sont déjà croisés, mais lorsqu’il s’agit des membres du Parlement, j’ai compris que ce n’était pas le cas. En faisant quelques recherches, j’ai découvert que le vouvoiement était rare mais que les Norvégiens s’exprimaient avec déférence : à l’écrit les pronoms sont écrits avec une majuscule, et en bokmål, ils ont bien la possibilité d’utiliser la deuxième personne du pluriel.  Car il existe deux langues officielles, le nynorsk et le bokmål. Je vous laisse aller découvrir ces subtilités sur un site approprié. J’aurais aimé que la traduction soit donc plus travaillée dans ce sens, en étant prévenue par exemple.

J’ai aimé l’atmosphère particulière d’Oslo, une ville portuaire, la neige, et le froid. Les sous-vêtements en laine, les traditions culinaires à l’approche de Noël et en apprendre plus sur la commission d’éthique qui doit décider où investir les fonds liés à la richesse pétrolière de ce petit pays. J’ai trouvé cependant l’enquête trop embrouillée et les motivations des coupables assez confuses.

Mais le style de l’auteur ne m’a pas emporté, je l’ai trouvé très scolaire, très loin d’autres auteurs scandinaves… jusqu’au dernier chapitre ! Et là, surprise, le style est magnifique. Ce court chapitre m’a presque fait douter qu’il s’agit du même auteur ! Il est magnifique et j’aurais vraiment aimé que tout le roman possède la même qualité et profondeur.

♥♥♥♥♥

[highlight color= »color here »]Editions Gallimard, série Noire, Isbederen, trad. Hélène Hervieu, 384 pages[/highlight]

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7 commentaires

keisha avril 27, 2016 - 8:20

Bizarre, ce chapitre mieux écrit! (j’ai connu ça avec un roman où l’auteur se met au niveau lecteur même ado j’ai pensé, je me suis ennuyée un peu (et les remerciements étaient génialement écrits!)

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Electra avril 27, 2016 - 9:33

Oui ! J’ai trouvé le style très simple tout au long du roman, puis tout à coup, comme s’il était inspiré par ce dernier chapitre (très beau de surcroît) son style s’améliorait 🙂

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Marie-Claude avril 27, 2016 - 2:50

Étonnant, ce changement de ton au dernier chapitre… Pas très tentée, cette fois. La mode des polars nordiques s’essoufflerait-elle, surfant sur une vague qui n’en finit plus? Pour ma part, je me suis un peu lassée des découvertes (trop de déceptions) et je m’en tiens à mes 4-5 chouchous.

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Electra avril 27, 2016 - 3:37

Je l’ai pris par hasard mais je lui préfère largement mon Islandais ! Je dois continuer avec Arni et ça va me suffire ! Je n’aime Camilla L.
Oui, à croire que le dernier chapitre a été écrit par quelqu’un d’autre 😉

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Marie-Claude avril 27, 2016 - 11:23

Notre Islandais est difficile à battre! Il faut tout de même que tu jettes un oeil, un de ces quatre, sur le Conrad de Karin Fossum (mais pas sur le dernier, paru au Seuil. Moyen…). Je suis autant attachée à Conrad qu’à Erlendur Wallander. Ce qui n’est pas peu dire!
Et pour Camilla, je sais que tu ne l’aimes pas. Et je te comprends! Mon «histoire d’amour» avec ses polars n’aura duré que deux tomes. Ma meilleure amie, elle, les dévore! Elle n’en manque pas un. C’est ben pour dire, hein?! Elle aime aussi Katherine Pancol et Alexandre Jardin. Tu comprends que ce n’est pas par nos goûts littéraires que nous nous rejoignons!

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Océane avril 28, 2016 - 3:10

Pour une fois je passe mon tour 🙂

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Electra avril 28, 2016 - 5:40

pas de souci ! Il s’oublie vite

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