Terreur apache

Un bon western à mon programme de lecture hivernal, indispensable non ? J’ai donc choisi de lire le roman de W.R Burnett, connu pour avoir écrit de nombreux romans et scénarios (dont celui de Scarface). Terreur Apache fut adapté au cinéma à deux reprises, l’une meilleure que l’autre. Je vous laisse lire la postface à ce sujet. Revenons à l’histoire : Walter Grein est un des plus célèbres éclaireurs de l’Ouest. Inspiré d’Al Sieber, l’homme travaille pour le gouvernement afin de pister les renégats, ces Indiens qui quittent leurs réserves et menacent le fragile équilibre.

Walter se repose au Nouveau-Mexique, auprès de la jolie Bella lorsqu’il est appelé en urgence, le chef apache Toriano s’est enfuit de la réserve avec une dizaine d’hommes et il sème la terreur chez les fermiers des environs. Walter Grein accepte la mission, il sait que la paix est fragile – qu’à tout instant Toriano peut donner envie aux autres Apaches de faire de même.  Washington s’inquiète – à cette époque charnière, en 1886, l’Ouest sauvage a presque disparu et sur la côte Est, on pense avoir réglé « l’affaire indienne » en leur octroyant des réserves. De plus, certaines voix se sont élevées pour leur réserver un traitement plus juste. Le colonel Weybright reçoit donc Grein en compagnie de Busby, un agent envoyé directement de Washington D.C qui a en charge le Bureau des Affaires Indiennes. Il souhaite que Grein retrouve Toriano et l’invite à regagner pacifiquement la réserve. Grein lui rit au nez : il sait que l’Apache refusera. Ce sont, leur dit-il, des hommes foncièrement libres qui se moqueront de lui et riront de cette proposition.

Les Apaches aussi ont un code. Le voici : le plus fort c’est celui qui tue le plus de monde. Après lui vient le plus grand voleur et en troisième le plus grand menteur. Vous me suivez ? Comment voulez-vous qu’un homme comme Busby puissent traiter avec des gens pareils. Son indulgence ? Ils en rient. Ils la voient comme une faiblesse. Ils ne comprennent qu’une seule chose : la force.

Le colonel lui propose alors de mener sa mission de manière secrète, les médias ne doivent pas être au courant afin de ne pas attirer la foudre du gouvernement fédéral. Grein accepte après avoir été fortement troublé par l’épouse du Colonel, la très jolie Amelia qui ne voit en lui qu’une brute assoiffée de sang. Mais à chaque rencontre, l’attirance physique est de plus en plus forte. Pourtant Grein doit partir.

Terreur apacheIl monte une mission avec son meilleur ami, le fêtard Reb Mckinnon, buveur notoire mais excellent tireur. Il engage Dutchy, surnommé « Celui-qui-marche-dans-la-montagne ». Dutchy est un autre pisteur. L’homme a réellement existé, son nom indien était Coyote Jaune mais les hommes blancs l’appelaient Dutchy. Il est âgé et semble ne jamais dormir. Il a pour charge de surveiller les chevaux. Deux autres hommes, dont un Indien, élevé par des Blancs, se joignent à la petite troupe. Celle-ci s’engage dans le désert où la chaleur monte jusqu’à cinquante degrés en plein jour et où les Apaches peuvent survivre en se nourrissant de cactées et petits animaux sauvages. L’aventure peut commencer ! Et quelle aventure ..

Je n’en dirais pas plus. Un western, c’est la promesse de grands espaces, d’échanges de tirs, de grandes gueules et de types taciturnes, de solitude et de liberté. W.R Burnett tient sa promesse. En s’inspirant de personnages réels, il raconte la fin de cette époque, où les derniers hommes libres préféraient le désert à ces réserves où ils étaient parqués comme des bêtes. Victorio, Coshise ou Nachez ont inspiré W.R Burnett pour écrire le rôle de Toriano, ce guerrier sanguinaire. Geronimo, le plus célèbre des guerriers Apaches, n’était, en réalité, pas un chef de guerre mais un homme médecine. Ce fut les médias qui colportèrent cette erreur et firent de Geronimo une célébrité.

Pour le style, c’est du classique. Les propos de Grein peuvent parfois énerver, ils surnomment les Apaches de chiens, de bêtes sans sentiments, de vermine à exterminer. Il faut reconnaître que les Apaches étaient de féroces guerriers. Ils ont ainsi mené de nombreuses batailles contre les Pueblos et les Navajos. Ces hommes, dont le véritable nom est N’De ne connaissaient ni compassion, ni pitié. Ils tuaient sans vergogne. Ce sont les Zuni qui leur donnèrent leur nom « Apache », qui signifie en vrai ennemi.  Mais en face de la nation blanche civilisée, ils apparaissent, alors qu’ils se promènent souvent nus, juste vêtus d’un pagne, comme des « sauvages ». Doit-on rappeler à l’auteur et aux lecteurs, que ces Blancs civilisés, se sont fait, en Europe et en Amérique, la guerre pendant des Siècles et des Siècles ? La mémoire est décidément courte.

Mais W.R Burnett sait aussi reconnaître leur force, leur détermination et leur talent. Ainsi, lorsqu’une jeune Apache attaque Grein brusquement dans sa chambre, il reconnaît qu’ils étaient à armes égales et il lui montre du respect et jamais de condescendance.

Une lecture agréable mais qui j’avoue, ce billet étant rédigé quelque temps après, ne m’a pas marqué fortement si ce n’est pour les détails apportés au mode de vie de ces hommes et femmes dans un climat peu accueillant, ce désert oppressant qui vous accompagne tout au long de votre lecture. J’adore toujours le genre et je compte lire encore plein de western !

♥♥♥♥♥

Editions Babel, Adobe Walls, trad. Fabienne Duvigneau, 299 pages

Crédit Photo  : Geronimo et Nachez

 

14 thoughts on “Terreur apache

    1. Pareil ! Je lui ai mis 2 petits cœurs seulement ! J’ai bien aimé la description du mode de vie des Apaches et la situation dans cette région à cette époque mais en écrivant ce billet, je ne me souvenais pas de grand chose !

  1. J’avais beaucoup aimé …
    Pour ce qui est des propos de Grein, ils peuvent énerver, sans doute, mais c’est aussi très certainement comme ça qu’un personnage comme lui parlait des apaches à l’époque. Mettre dans as bouche des mots plus corrects aurait été une belle incohérence historique.

    1. Oui, je ne dis pas le contraire mais bon, le type bossait avec des éclaireurs Apaches donc il savait aussi que parfois, ses mots dépassaient ses pensées, en même temps son boulot était de les traquer et de les tuer…
      Pour l’incohérence historique, pas sûr .. à la même époque, certains tenaient tout autre propos à propos des Indiens, ce qui avait amené, en partie, à faire évoluer l’opinion américaine.

    1. Oh non, j’aime toujours autant être en compagnie des Indiens ! Mais oui, ici on retrouve le western avec tous ses clichés, du bon et du mauvais, mais je continue d’adorer le genre !

  2. Actes sud / Babel, alors. Bon, à voir. Un peu daté?
    Je lisais chez clara tes démêlés avec la sncf, moi c’est pareil je peux y aller, quitte à faire 40 km en voiture avant, mais après, le retour, c’est 2 à 3 fois le nombre de km, en prenant le TGV. faut pas pousser! !
    Je vais commencer à voir ça pour le festival america, j’ai plus envie de faire un effort que pour le salon de Paris en mars.

    1. J’ai abandonné le salon de Paris, pas de retour sur Nantes de dispo ! excellent ! pourtant l’aller n’était qu’à 20 euros …
      J’adorerais aller au festival America (j’y ai pensé dès le départ) mais ma nourrice risque d’être absente (pour garder mon chien et mes chats). Le truc c’est que quand elle s’absente, je dois garder ses mimis donc là .. bref, je panique un peu, mais on va bien trouver une solution !

    1. Oui, disons qu’ici on retrouve les western « hollwoodiens », Burnett était d’ailleurs scénariste à Hollywood et ses western ont été adaptés (avec plus ou moins de succès à Hollywood). Donc, on est loin de Lonesome Dove ici c’est le vieux scénario : méchants indiens / gentils blancs à la John Wayne 😉

  3. Houlala, je découvre ton blog après ta visite sur le mien, il va falloir que j’épluche tout ça, je sens que ma liste de livres à lire va s’allonger rapidement !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>