L’empoisonneuse

Empoisonneuse_3Me voilà de retour avec une autre bande-dessinée consacrée à Gesche Margarethe Gottfried, surnommée « L’Ange de Brême « . Je retrouve donc le scénariste Peer Meter, mais qui a choisi de s’associer à Barbara Yelin pour le dessin. J’avoue que j’étais incapable de résister à la couverture de la bande-dessinée, ce visage, ce regard. Auriez-vous pu résister  ?!

Dans un train qui les mène vers Hambourg, deux femmes font connaissance. Lorsque le contrôleur annonce que, suite à un incident technique, le train doit s’arrêter deux heures en gare de Brême, l’une d’elles faiblit. Aussitôt, sa nouvelle amie lui demande la raison. Celle-ci s’exécute. A l’époque, la jeune femme, écrivain, publie des carnets de voyage et a pour mission d’écrire sur Brême, cette ville du nord de l’Allemagne. Elle arrive par bateau en avril 1831 et découvre la ville plongée dans une atmosphère étrange, on construit sur la place de la cathédrale un étrange objet : un échafaud. En effet, la population s’apprête à assister à l’exécution en place publique d’une femme reconnue coupable d’une quinzaine d’assassinats. La jeune écrivain, intriguée, va enquêter sur l’histoire et rencontrer plusieurs protagonistes.

Peer Meter, originaire de Brême et passionné par les tueurs en série nous invite ici à découvrir l’étrange histoire de cette femme, Gesche Gottfried qui a empoisonné pas moins de 15 personnes entre 1813 et 1827, dont, encore plus étrange, ses propres parents, ses deux maris et ses enfants, et mis en danger la vie de bon nombre de proches (amis, médecin..) en leur donnant des doses de poison non mortelles. Celle-ci avoue et est condamnée à mort. Son exécution en place publique (décapitée) sera la dernière. Peer Meter a décidé de confier ici à la jeune écrivaine la tâche de redonner un visage humain à cette femme qui ne donnera aucune explication, sinon « une pulsion » morbide, une voix, qui parfois se taisait pendant plusieurs mois puis se rappelait à elle subitement. A l’époque, les marchés vendaient de petits sacs d’arsenic pour tuer les rats. Personne ne s’étonnera de voir revenir à maintes reprises la jeune femme. D’ailleurs, son surnom d’Ange de Brême venait de la pitié qu’elle provoquait en s’occupant ainsi de ses proches, tombés malades les uns après les autres. On plaignait cette femme miséricordieuse.  Peer Meter montre ici la ferveur de la population qui voulait la voir exécutée, leur envie de vengeance est nauséabonde comme son avocat qui ne chercha ses aveux que pour publier un livre et gagner ainsi de l’argent. Le Pasteur, qui la rencontra à plusieurs reprises, ne put expliquer ses gestes et ne chercha qu’à la faire parler, au lieu de lui offrir le pardon.

Empoisonneuse_4

Le dessin au fusain et au crayon à papier est vraiment différent de celui d’Isabel Kreitz (pour le Boucher de Hanovre). S’il est également dans les tons gris – le choix de Barbara Yelin, m’a quelque peu décontenancé. Puis, je me suis habituée et j’ai même aimé ce trait si singulier.  J’ai beaucoup aimé cette lecture. Décidément, Peer Meyer sait bien s’entourer et Casterman ne cesse de me surprendre en mieux à chaque lecture ♥

Editions Casterman, 208 pages, 2010.

 

6 thoughts on “L’empoisonneuse

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