Blonde platine

Blonde PlatineC’est en allant à la BM rendre des livres que j’ai croisé le chemin d’Adrian Tomine, dessinateur américain, auteur de ces quatre histoires, réunies sous le titre original de Summer Blonde, datant de 2002.  C’est le dessin qui m’a attiré, j’ai feuilleté quelques pages et emporté l’ouvrage.

J’avoue avoir été quelque peu déçue et décontenancée par ces histoires. Bien qu’intéressantes au départ, elles finissent pour moi .. en eau de boudin ! Surtout la première, Alter ego, qui avait tout de promettant –  Martin Courtney, auteur d’un premier roman à succès cogite depuis plusieurs années sur le second, sans jamais trouver l’inspiration lorsqu’il reçoit par hasard une carte postale où une mystérieuse Samantha le salue. Le jeune homme, au physique plutôt ingrat était amoureux transi d’une certaine Samantha au lycée qui lui avait inspiré l’un des personnages de son roman. A nouveau obsédé par la jeune femme, Martin retourne à Sacramento où il fait la connaissance de sa soeur, elle-même lycéenne. Son meilleur ami et sa petite amie voient peu à peu Martin s’éloigner d’eux et replonger dans le passé … et.. rien ! Une fin sans queue ni tête.

Il ne s’agit pas d’une fable – je n’attends aucune morale mais ici c’est plutôt l’absence de fin. On tourne la page pour lire la suite mais non, nous voilà projeté dans la deuxième histoire (image de couverture), Blonde Platine, qui donne son nom au recueil. Changement de décor, ici le personnage principal, Neil est un jeune homme incapable d’avoir une vie sociale et de rencontrer des femmes – la seule qu’il fréquente est sa psychologue. Il est très attiré par une jeune femme qui travaille dans une papèterie où il va régulièrement acheter des cartes postales bredouillant quelques mots devant elle. Son quotidien est bouleversé lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans son immeuble, Carlos, est un musicien plutôt sexy, extraverti et sûr de lui – son Nemesis. Tout va basculer lorsque ce dernier va commencer à fréquenter la jeune femme dont Neil était secrètement amoureux.

Celle-ci est en couple avec un autre type plus sérieux – Neil, jaloux, va alors provoquer toute une série d’évènements. Que dire ? Rien de très gai non plus ici. La fille, aux moeurs plutôt légères, est comme dans la première histoire, responsable du malheur d’un homme. En écrivant ces mots, je réalise que dans chaque histoire – les femmes sont manichéennes et rendent les hommes malheureux. Je comprends mieux ma déception à l’issue de ma lecture !

Escapade hawaienne

Escapade hawaïenne met en scène Hillary Chan, une jeune femme d’origine asiatique (comme l’auteur) qui vit mal dans sa peau. Virée d’un emploi de démarcheuse téléphonique, Hillary vit en colocation avec un garçon (qui l’a planté au bout de trois nuits) et doit supporter sa petite amie qu’elle déteste. Hillary a quelques kilos en trop et vit mal sa solitude. Ses parents, à l’autre bout du continent, continuent de lui reprocher une vie dissolue. L’image ici des parents d’origine asiatique (ici Taïwan) qui exige toujours l’impossible de leurs enfants. Mais Hillary a viré aigre – jalouse des autres femmes, elle s’isole et se met à enregistrer les débats nocturnes de son colocataire. Sa mère lui annonce le décès de sa grand-mère en lui disant qu’elle n’était pas une bonne petite-fille. Déprimée, elle s’amuse à appeler une cabine téléphonique, située en bas de chez elle et à insulter quiconque décroche – à 26 ans… Mais un jour c’est un jeune homme qui lui plaît qui décroche. J’ignore totalement pourquoi mais ce jeune homme la trouve intéressante et tous les deux entament une relation or Hillary exige sa présence à l’enterrement de sa grand-mère alors qu’elle le connaît à peine. Le jour J arrive….

Encore une fin en eau de boudin. La dernière histoire, Alerte à la bombe – raconte comment deux garçons, Scotty et Alex, pas du tout populaires, deviennent amis au lycée mais sont rapidement les têtes à claque de quelques lycéens. Très vite la rumeur enfle qu’ils sont gays, surtout Scotty. Alex en souffre et doit travailler sur un projet avec une fille très populaire, Cammie, qui passe ses soirées, du haut de seize ans, à boire jusqu’à perdre la mémoire et à coucher avec tous les garçons. Que dire ? Adrian Tomine décrit bien la vie au lycée, les brimades, le bizutage, la haine et la pression que subissent certains élèves. Mais aussi les ravages de l’alcool (quoique la fille n’éprouve jamais de remords). Mais je connais déjà tout ça. La fin est très étrange, comme dans toutes les histoires.

blonde platine 3

Adrian Tomine possède cependant un joli coup de crayon, et le dessin est épuré comme j’aime. Les personnages sont souvent bien décrits, avec profondeur – mais je n’arrive pas à savoir où il veut aller. J’ai eu le sentiment qu’il parlait de lui, de ses années lycées, de la pression familiale mais au final j’en ressors déçue.

♥♥♥♥♥

Blonde platine, Adrian Tomine – Seuil 

10 thoughts on “Blonde platine

  1. Quel dommage. En voyant le dessin et la couverture, j’étais tout de suite tentée. Puis, en lisant ton billet, et toute cette eau de boudin… Je passe mon tour. Et sans regret!!!

    1. Oui je te comprends ! Moi aussi le dessin m’attirait – quatre histoires et puis .. je n’ai pas compris la manière de « finir » une nouvelle – on peut laisser le champ ouvert mais pas de cette manière.

    1. Tu peux le tester – il a eu de très bonnes critiques. Je ne comprends pas trop « la chute » même si le dessin est par contre très intéressant et quelques histoires aussi !

  2. Les dessins ont l’air top, et les thèmes abordés également, mais si les fins partent en eau de boudin, ce n’est clairement pas pour moi, je déteste ça !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>