Une femme simple et ordinaire

En premier lieu … la couverture …. Euh …  Moi qui trimballe mes lectures partout, j’ai souffert de ce choix particulier pour le premier roman signé de Robert Goolrick quand même ! Fort heureusement, il s’agit d’un emprunt et je me fais un plaisir de le rapporter à la BM la semaine prochaine. Quand je pense aux couvertures des autres romans de l’écrivain américain, Féroces par exemple, je me pose des questions…

une femme simple honneteWisconsin, Automne 1907. Sur un quai de gare, Ralph Truitt, magnat local craint et respecté, attend un train en retard alors que se lève le blizzard. Ce train renferme son dernier espoir, une promesse de bonheur et d’harmonie retrouvée. Truitt a fait passer plusieurs mois auparavant une annonce dans un journal de Chicago, disant qu’il était à la recherche d’une femme fiable, ayant renoncé aux illusions romantiques, mais sachant apprécier le confort d’un foyer.

Dans le train, Catherine Land s’apprête à le rencontrer. Elle a lui a répondu qu’elle était cette femme simple et honnête qu’il appelait de ses vœux. Pour mieux l’en convaincre, elle se débarrasse de ses derniers atouts de courtisane et se déguise en cette épouse modèle qu’elle compte bien incarner à la perfection, le temps de parvenir à ses fins.

Que les choses soient claires : je ne suis pas très fan des histoires d’amuuuur sauf si elles sont signé Austen ou Brontë (oui quand même…), je les préfère d’ailleurs au cinéma (il faudrait que je cherche les livres car les films sont souvent adaptés d’œuvres littéraires) et évidemment encore moins de « chick lit » .. donc oui, la couverture et la présentation de l’éditeur m’ont quelque peu perturbées. Puis j’ai lu ça :

Washington Post :  « Une femme simple et honnête n’est pas juste brûlant, il est incendiaire« 

Kirkus Review : « Une sublime ballade meurtrière« 

Nettement plus alléchant, non ?  Je l’emporte donc, ayant acheté Féroces et Arrive un vagabond quelques jours auparavant, je décide de m’attaquer au premier roman de l’auteur américain. Et que dire ? Je ne sais pas si je dois crier à la trahison ou condamner la traductrice ? Car j’ai eu rapidement l’impression de plonger dans un roman écrit par les scénaristes ….des Feux de l’amour :-0

Le roman oscille entre une œuvre dramatique, qui m’a rappelé parfois Autant en emporte le vent (très beau film) où les sentiments sont exacerbés, les passions dévorantes, les ruptures violentes .. pour sombrer rapidement dans les voies impénétrables des soap opéra (romans-savons en québécois !). Suis-je claire ?

De plus, j’ignore si ce fait vient de la traductrice : mais on assiste à des répétitions de description de caractère ou de sentiments à plusieurs endroits du roman. Cela vient-il de la traduction ? Ainsi le style narratif nous propose d’entrer dans la conscience des deux protagonistes : Truitt, un homme détruit par une mère bigote et violente, puis par une épouse volage et Catherine, une courtisane à l’enfance malheureuse. Goolrick commence plutôt bien, même si j’avoue, je reste toujours insensible – dans tous les romans – aux histoires de bondieuserie (l’enfant martyrisé par sa mère pieuse et qui hurle au diable en voyant son fils). A titre de comparaison, Matt Lennox traite nettement mieux du thème de la religion omniprésente dans son roman, Rédemption, que Goolrick qui va même faire apparaitre un ange gardien…

Bref, nos deux protagonistes sont deux petites choses fragiles, ayant énormément souffert et qui ont choisi la force, le retrait ou le mensonge pour résister au monde extérieur. J’avoue me lasser un peu de ces histoires mélodramatiques ….. Et Goolrick se complait à l’intérieur de leurs larmoiements. Une certaine lassitude s’est emparée de moi et j’ai donc décidé de finir ce livre en toute urgence. Mais j’arrête l’assassinat : sachez que l’histoire est quand même prenante, que Catherine cache un secret et que j’ai quand même été surprise et que j’ai eu envie de connaître la fin de l’histoire, même si  celle-ci m’a encore parue un peu trop facile. Mais si vous aimez les happy ending, foncez !

Il y a trop de plaisirs dont il ne saurait se passer. Il est la création pure et simple de sa mère. Raffiné à l’excès. Immoral en tout. Un ravissant rien. Truitt ne l’aimera pas. Il ne le supportera pas plus de cinq minutes sous son toit. Ils n’ont rien à se dire, ils ne parlent pas la même langue (p.191)

La première partie du roman qui s’attache à la rencontre de Catherine et de Ralph est pourtant intéressante. Les mariages de cette sorte étaient très pratiqués à l’époque (nous sommes en 1907) et j’étais plutôt optimiste, puis Truitt envoie Catherine à Saint-Louis à la recherche de son fils, qu’il eu avec sa première épouse, Emilia, et qui s’est enfui à l’âge de 13 ans. Il le recherche depuis douze ans à travers tout le pays.  Ma question (simple) : pourquoi envoie-t-il sa nouvelle épouse dont le fils ignore tout de son existence et n’y va-t-il pas lui-même ? Et ce personnage, Tony Moretti est encore larmoyant et caricatural. Ou est-ce moi qui passe totalement à côté du roman ?

Pour ceux qui aiment quand même les histoires d’amour, un peu bavantes, enfin grandiloquentes, accourez car ici il y a tout : mensonge, trahison, trahison, tragédie et empoisonnement ! Et là j’ai complètement lâché l’histoire, le type sait qu’on l’empoisonne à l’arsenic et l’accepte car …..

Et du sexe, oh il y a du sexe – le pauvre Truitt est resté seul pendant vingt ans alors croyez-moi qu’il ne peut pas regarder sa jeune épouse sans vouloir lui sauter dessus à chaque instant ! Mais celle-ci pense à un autre qu’elle va retrouver. Bref, je suis méchante mais rassurez-moi : c’est différent dans ses autres romans, hein ?!

Parce que j’ai là, j’ai eu comme une grosse frayeur. En tout cas, je pense que tous ces ingrédients ont été piqués par les producteurs des Feux de l’Amour et ils ont eu raison !

Sinon, pour rendre quand même à César ce qui lui appartient : la description des paysages rudes du Wisconsin et la montée en puissance industrielle du pays (et les premiers pas vers l’ère moderne avec les voitures, les trains ou les premiers sanitaires..) sont très bien développées. Et en revenant à mon premier paragraphe, la couverture a sans doute été réalisée par une personne qui a eu le même sentiment que moi à la fin sa lecture 😉

♥♥♥♥

Une femme simple et ordinaire, Editions Anne Carrière, traduction Marie de Prémonville, 411 pages

 

22 thoughts on “Une femme simple et ordinaire

  1. Tu sais que je les aime ces romans d’amour !! Mais, celui-ci ne sera pas fait pour moi.
    J’ai encore une fois adoré lire ta chronique, et le passage des feux de l’amour m’a fait beaucoup rire !
    Je crois en avoir marre de ces personnages en perpétuelle souffrance… m’enfin, ce n’est peut-être qu’une passade, dont know !

    1. Ah je me disais que toi, justement, tu serais peut-être intéressée mais j’ai réussi à te faire peur ! C’est vrai que le côté larmoyant m’a fatigué !

    1. Oh ! Tant mieux pour toi si tu en gardes un bon souvenir – je crois que ce roman est à mille lieux des autres qu’il a a écrit (enfin j’espère) 😉

  2. J’ai sous le coude mon avis sur Arrive un vagabond, le premier Robert Goolrick que j’ai lu tout récemment… Je te laisse attendre ce billet sans te donner une idée de sa tonalité… surprise !

    1. Merci kathel ! J’espère que ça sera une bonne surprise ! Car j’ai les deux livres chez moi …
      Celui-ci est de retour à la bibliothèque pour une lectrice, j’espère, avec un regard plus complaisant 😉

  3. C’est la première fois que je ris à ce point en lisant un de tes billets! C’est aussi la première fois que je dégotte chez toi un bouquin tout indiqué pour ma mère! Pas besoin de préciser que nous avons des goûts opposés…
    Heureusement pour toi que ces deux autres romans ont une autre saveur. Il s’est fait les dents sur celui-ci, apparemment! Quoi qu’à bien y penser, il y a tout de même, chez Goolrick, un petit côté complaisant qui finit par agacer. J’ai hâte de te lire sur « Féroces »…

    1. Tu me rassures parce que je m’étonnais après avoir lu les quatrième de couverture des deux autres que ce soit le même auteur !!!!

      De rien pour le fou rire ! Pour ta maman ?? A mon tour d’être morte de rire ! Bon oui, c’est vrai qu’il y a du romantisme zélé, un beau gosse.. plein de sentiments !

      Disons que je suis étonnée d’avoir fini le livre parce que là, c’est à mille lieux de ma « zone de confort » comme dirait Jérôme !

    1. merci ! je crois que j’ai mal choisi mon premier roman de Goolrick ! Tes billets et Marie-Claude me rassurent ! Ma prochaine lecture de l’auteur américain sera « Féroces » 😉

  4. J’ai adoré « Arrive un vagabond » mais ça reste pour l’instant le seul titre de l’auteur dans lequel je me suis lancé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas envie d’enchaîner avec son premier roman 😉

    1. Oui ! Quoique je serais curieuse de connaître ton avis, apparemment c’est un best-seller 😉
      Je vais lire « Féroces » et « Arrive un vagabond » , qui je le souhaite, me réconcilieront avec cet auteur.

    1. Merci- de rien ! il a été un best-seller aux USA – je me demande si la traduction ne lui a pas porté préjudice ? Mais bon il peut plaire aux personnes très romantiques !!

  5. On dirait la couverture d’un Harlequin!!
    J’avais lu ‘Arrive un vagabond’ et même si j’avais été emportée par le récit, je l’avais trouvé quand même un peu dégoulinant de romanesque…je ne suis pas vraiment tentée par d’autres titres du même auteur…

  6. Comme je n’ai jamais lu l’auteur, je ne peux pas te dire s’il a écrit mieux! Ce qui est sûr c’est que tu me fais fuir avec celui-ci! Les romans d’amour quand il s’agit d’Austen ou Brontë, moi aussi j’aime. Comme quoi il n’y a pas de mauvais genre quand il y a de bons écrivains.

    1. Oh non, il y a fort heureusement de très bons romans d’amour ! Mais malheureusement ce type d’histoire ne me va pas du tout ! ça relève plus des romans d’Harlequin donc j’étais surprise par les très bonnes critiques !

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