La quête de Wynne

août 27, 2015
La quête de Wynne

Pas facile d’écrire ce billet, j’ai peur de ne pas réussir à transmettre mes émotions après ma lecture – de ne pas réussir à lui rendre l’hommage qu’il mérite ! Cependant, il me parait important de planter dés le départ le décor car cette lecture peut rebuter certains. Si vous n’aimez pas l’armée, et plus particulièrement l’armée américaine, la guerre en Afghanistan, passez votre chemin mais ça serait quand même une terrible erreur ! Mais si vous aimez les western, les chevaux, l’amitié et si vous avez envie de partir dans les montagnes afghanes suivre pas à pas Elijah et son choix ultime vers la liberté, alors foncez !

Le synopsis résume parfaitement l’histoire (sans vendre la fin) :

De son grand-père, Russell a hérité son habileté hors norme à dresser les chevaux et son sens du devoir. Envoyé sur le front irakien, il se précipite au secours d’un cheval pris au cœur d’un échange de tirs. Bientôt, les images de ce sauvetage héroïque font le tour du monde, parvenant jusqu’au capitaine Wynne. Ce charismatique et étrange leader d’une unité affectée à une zone montagneuse de l’Afghanistan œuvre au transfert du jeune homme : Russell devra dresser pour lui une quinzaine de chevaux sauvages qui permettront à ses hommes d’accomplir une mystérieuse mission sur ce terrain hostile. Mais cette expédition secrète les mènera bientôt au-delà de toutes limites.

IMG_0201L’éditeur nous annonce qu’il se lit d’une traite : j’ai du arrêter ma lecture une fois mais pas deux ! J’ai avalé les 306 pages. J’ai retrouvé ici ce que j’aime dans les films de guerre ou les séries comme The Pacific ou Band of Brothers – lorsque des hommes, d’horizons différents vont lutter côte à côte et défendre les leurs. Des hommes pour qui la faiblesse est l’ennemie de l’homme mais qui vont développer des sentiments très forts envers leurs compatriotes, leurs copains de mauvaise fortune. Des bêtes de muscle qui vont alors verser une larme. Et puis cette folie qu’est la guerre, l’adrénaline du combat – ici parfaitement décrite. Jamais encensée mais détaillée et puis il y a toujours la voix de la raison, celle de Wheels – cette voix qui, comme celle de son grand-père guidera Russell vers son destin.

Je me suis vraiment attachée aux personnages, en particulier à cet Elijah Russell et à son pote, Wheels avec qui il a fait ses classes. A cet homme, au destin peu commun, qui d’un coup de folie va aller sauver ce cheval au milieu d’un échange de tirs en Irak puis va partir en Afghanistan dresser une quinzaine de chevaux pour une unité spéciale, des hommes mystérieux, barbus et peu bavards dont le charismatique capitaine Wynne va ensorceler notre homme. Russell est profondément humain et faillible, et même s’il reste un militaire entrainé au combat et qui sait appuyer sur la gâchette, il sait quelle est la limite entre le combat et la barbarie. Il doute, craint pour sa vie et celle des autres et puis rêve encore d’une autre vie..

Aaron Gwyn, qui signe ici son troisième roman (le premier publié en France) possède ce don très spécial de vous embarquer au coeur de cette unité, dans les montagnes rocheuses de l’Afghanistan, de vous faire entendre le souffle du cheval, ses pas lorsqu’il trotte, de vous faire sentir la terre mouillée, l’odeur de sueur, le goût séché des larmes. Un écrivain qui décrit admirablement bien les levers de soleil sur ces montagnes depuis si longtemps théâtres de combats sans fin. Des montagnes qui recèlent des trésors. Et ces chevaux ! Lorsque Russell s’occupe d’eux, on a l’impression d’être dans son ranch au Texas. Moi qui aime les ranchs, le Montana et les chevaux, j’ai, je l’avoue, pris mon pied ! C’est un dresseur hors pair, un homme qui murmure à l’oreille des chevaux me direz-vous mais oui et c’est magnifique. Et puis cette rencontre entre ces hommes des forces spéciales, bêtes de muscles, entrainés pour le combat et ce sublime animal – un moment unique. Mais Gwyn sait de quoi il parle, il a grandi, comme Elijah, dans un ranch en Oklahoma.

Cinq chevaux se tenaient au bord de l’enclos, la tête par-dessus la barrière ; (…) Deux rouans, deux paint horses et un arabe magnifique dont la robe luisait dans la faible lumière de l’aube. Une couche de brouillard d’un mètre environ stagnait près du sol, et Russell fendit cette brume lumineuse qui montait jusqu’à sa taille, s’écartait sur son passage et tourbillonnait derrière lui. Les chevaux l’observaient. Un des paints leva le nez pour humer l’air. Russell vit les naseaux comme du cuir se dilater légèrement puis se contracter, et l’animal fit entendre un petit hennissement qui montait des profondeurs de sa poitrine.

Alors, me voilà entrainée à leurs côtés dans une mission secrète, dont je ne dévoilerai rien – à suivre leur avancée, leurs bonnes et mauvaises fortunes, à suivre Russell,  ses prises de risque, ses questionnements et puis le combat inévitable .. Gwyn signe ici un incroyable roman, un mélange d’aventure et de western dans les terres arides de l’Afghanistan, au bout du monde, en compagnie de têtes brûlées lancés dans une quête ultime, celle de leur liberté. Et quelle fin ! Magistrale.

Nous défions, mes frères, nous défions*.

Je dois remercier ma bonne fée qui m’a gentiment envoyé le livre. Il ne sort, je crois, en librairie que le 3 septembre prochain mais impossible pour moi d’attendre si longtemps pour en parler. J’avoue que je suis étonnée que son autre roman et son recueil de nouvelles n’aient pas encore été publiés en France mais j’imagine que Gallmeister va s’attaquer à ce problème. Un énorme coup de coeur !

♥♥♥♥♥

[highlight color= »color here »]Wynne’s war, Editions Gallmeister, traduction François Happe, 306 pages [/highlight]

*en français dans le texte
18 commentaires
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18 commentaires

Kathel août 27, 2015 - 9:27

Tu es convaincante, et puis c’est chez Gallmeister, mais je crains les scènes de guerre trop dures. C’est supportable ou je passe mon chemin ?

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Electra août 27, 2015 - 12:51

C’est supportable, à part une scène difficile mais sinon oui, ça ne vire jamais dans le gore, ou le détail bien sanglant ! Il décrit tout mais plus sur les émotions ressenties par les personnages 😉

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Léa Touch Book août 27, 2015 - 11:38

Il a l’air tellement bien, je le veux ! (comme tous les Gallmeister en fait xD)
Très belle chronique 😉

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Electra août 27, 2015 - 12:52

Tu en as déjà pas mal, non ?! 😉
Mais oui, il te le faut aussi !

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Jerome août 27, 2015 - 1:15

Il m’attend celui-là, comme beaucoup trop d’autres. Mais après t’avoir lu, j’ai très envie d’en faire une priorité !

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Electra août 27, 2015 - 1:48

Je pense que tu feras bien d’en faire une priorité !

J’ai pensé à toi ce matin, je suis repartie de la bibli avec 3 BD 😉

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keisha août 27, 2015 - 1:49

T’as une bonne fée? Moi je n’ose pas demander aux bonnes fées de chez Gallmeister ^_^
Bon, ton billet est super, mais je vais attendre les biblis, là je viens de me lancer dans un gros truc (chapitre 1 ‘sous le ciel immense, dans le Montana’) je te mets au défi de trouver titre et auteur! ^_^

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Electra août 27, 2015 - 3:32

Oui ! Une bonne fée, je n’ose pas la solliciter mais elle a pensé à moi <3
J'avoue que j'ai eu de la chance car une autre fée s'est penchée sur mon berceau (j'en avais parlé dans un de mes craquages de slip) et le billet ne va pas tarder. En fait, j'ai beaucoup de chance !
Sauf pour le Varenne, ah impossible de mettre la main dessus ! Là, j'aurais bien besoin d'une fée 😉

Ok, pour ton livre .. Jared Diamond, Effondrement ? Un essai, ça t'irait bien !

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keisha août 27, 2015 - 5:57

Oh mais tu es trop forte! Il s’agit bien de ce livre, j’avais adoré Le monde jusqu’à hier (pas sur mon blog, pfff) et je viens juste de lire dans Effondrement le chapitre sur le Montana , version problèmes au Montana. Très très intéressant. Ensuite vient l’ile de Paques, etc. Tu l’as lu ce pavé?
Pourquoi ne peux tu pas obtenir le Varenne? (j’ai raté un épisode, là)

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Electra août 28, 2015 - 1:31

Mais comment peux-tu ne pas avoir toutes tes lectures sur ton blog 😉
Non, pas lu mais lu articles dessus (l’Ile de Pâques m’a toujours intéressée ..et le Montana)
et c’est ton genre de lecture ! Tu peux passer si facilement d’un genre à l’autre, c’est incroyable !

J’ai cherché dans deux libraires, l’une n’avait aucun de la maison d’éditions et l’autre avait un autre auteur, mais pas Battues de Varenne … On y trouve Fakirs ou 3000 chevaux vapeur mais son dernier titre, non … snif !

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keisha août 28, 2015 - 2:48

Je suis allée me renseigner sur ce Battues, ouh ça m’a l’air bien!
Figure toi que je lis des bouquins (souvent des trucs que j’aime)(parfois que je n’aime pas) et dont je ne parle pas sur le blog, pour diverses raisons. Par exemple j’ai adoré la série chez Genette, les Bardadrac, Codicille, Apostille et Epilogue souvent jubilatoires.
Jared D est génial, il écrit lisiblement, c’est passionnant (enfin, euh, ces sujets me passionnent) et pourtant c’est quand même un type fort, qui enseigne à l’université. j’ai une grande admiration pour les auteurs pointus dans leur domaine ET sachant se mettre au niveau du lecteur normal. Parce qu’il y en a, purée, s’il faut le dictionnaire, c’est non.
C’est bien mon problème, tout ou presque m’intéresse, quand je pense que j’ai acheté récemment un Harlequin (oups oui) intitulé Cow boys du Montana. Abandon page 100, quand même, je n’en pouvais plus.

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Electra août 28, 2015 - 7:34

Mdr pour le Harlequin !! En attendant tu nous éduques beaucoup !

Marie-Claude août 27, 2015 - 5:09

Comme je l’attends impatiemment, ce roman, j’ai lu ton billet en diagonal! Le peu que j’ai lu me donne d’autant plus le goût. J’y reviendrai.

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Electra août 27, 2015 - 5:18

Oui ! Je fais pareil avec tes billets quand j’ai le livre entre mes mains 😉

J’ai hâte de savoir ce qui n’a pas « marché » pour toi dans tes deux lectures !

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chinouk septembre 1, 2015 - 7:00

bon ! gros dilemme pour moi ! tu vends très bien ce livre, l’histoire me tente, mais la guerre et l’Afghanistan sont deux choses qui me rebute 🙁

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Electra septembre 1, 2015 - 8:28

Ici on suit vraiment un petit groupe d’hommes, dont le meilleur ami d’Elijah qui joue « la voix de la conscience » et remet en cause cette guerre, ainsi pas besoin d’être va-t-en-guerre pour apprécier le livre. Le livre commence d’ailleurs en Irak et raconte comment plein de jeunes se sont engagés au lendemain du 11 sept. sans avoir la « vocation ». Ici il raconte la remise en cause d’un militaire sur son métier et sur sa vie en général 😉

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zarline février 5, 2016 - 11:16

Je viens de le finir et même si j’ai beaucoup aimé, je m’attendais à encore mieux d’où une petite déception. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’éléments excellents mais qu’ils n’étaient pas à fond exploités. Où alors je suis trop pinailleuse 😉

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Electra février 5, 2016 - 11:30

Ah ! Moi j’avais beaucoup aimé, j’ai trouvé cette histoire vraiment à part (les chevaux, le butin…) une autre vision de l’armée américaine et de la guerre en général mais je te comprends, moi aussi je suis assez exigeante !

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