Bad monkey

Drôle de couverture me direz-vous et pourtant ce petit singe est le héros du roman de Carl Hiassen, intitulé justement Bad Monkey.  Après avoir enchainé plusieurs lectures sérieuses, avec heureusement de jolies parenthèses (du côté de la BD ou des nouvelles de cher Fitzy), j’avais envie de légèreté et de retrouver un de mes auteurs chouchous, ce cher Carl. Avec lui, je ne suis jamais déçue : il vous embarque dans une histoire rocambolesque, toujours pimentée de personnages loufoques, d’un héros empêtré dans la mouise bien malgré lui et surtout de sa tendre Floride – où à travers ses histoires, le journaliste du Miami Herald dénonce la corruption, la destruction environnementale, les malversations..et personne n’en réchappe !

bad monkeyCette fois-ci, il nous entraine dans les Keys, ces îles magnifiques, que j’ai eues la chance de découvrir (un de mes plus beaux souvenirs) où un vacancier New-Yorkais a payé cher pour aller faire de la chasse au gros en mer – mais ce n’est pas un espadon qu’il rapporte à sa dulcinée, c’est un bras. Un riche homme d’affaires est porté disparu depuis la veille. Le lien est rapide. L’homme s’est noyé. De son côté, le héros de cette histoire, Andrew Yancy, un flic qui vient d’être déchu de ses fonctions et relégué aux inspections sanitaires découvre rapidement l’envers du décor : ses restaurants préférés sont envahis de cafards, de vermine, tout est infesté. L’inspecteur est anéanti et fulmine de ne plus profiter des soirées sur sa terrasse en compagnie de daims sauvages venus le saluer puisque son nouveau voisin fait construire une villa dont la hauteur dépasse toute réglementation légale.

C’est alors que la fille de la victime supposée de la noyade vient le trouver. Elle est persuadée que c’est sa belle-mère, une femme vénale et infidèle, qui a organisé son assassinat. Il n’a pas le droit d’enquêter mais lorsqu’il rencontre l’épouse de la victime, pour lui remettre ce fameux bras, ses impressions se confirment : elle n’a rien de la veuve éplorée. Elle s’envole tous les week-end sur une des îles de l’Archipel voisin des Bahamas à bord du coucou d’un autre millionnaire américain, son amant, Yancy en est certain.

keys-bridge

Les Bahamas où toute une partie de l’histoire a également lieu avec à nouveau des personnages plus timbrés les uns que les autres et le fameux Briggs – ce petit singe qui a, parait-il participé au tournage de Pirates des Caraïbes avant d’être viré pour cruauté et désobéissance…..Sans oublier la célèbre Dragon Queen, une énorme femme sorcière vaudou qui jette des mauvais sorts en échange de faveurs sexuelles… Je sais, mon histoire devient compliquée ! Mais sachez qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Pour ma part, je l’ai lu en anglais et les échanges dans les Bahamas se font en version locale, dans un anglais très approximatif, qu’il est préférable de prononcer à voix haute pour traduire. Les personnages sont, vous l’aurez compris, tous plus ou moins dingues et vont forcément finir par se rencontrer.

It was Neville Stafford calling from Lizard Cay.

« Are you okay » Yancy asked thickly.

« Yah, mon. How soon you come? »

« Why ? What happened? »

Neville said , « Wot happen is Chrissofer gone ».

« What do you mean « gone » ? Define ‘gone' ».

« I try’n call loss night ». Yancy said « This is un-fucking believable ». Except it wasn’t.

« Tink you should come, mon ».

Les romans de Carl Hiassen ont toujours un côté feel-good :  il offre à ses lecteurs une fin sympa où les méchants en prennent plein pour leurs grades et où ceux qui ne respectent pas l’environnement finissent toujours par le payer. Ici, Yancy ne manque pas d’idées saugrenues pour stopper la construction de cette horrible maison (un nid de guêpes, des chiens sauvages…), je me suis bien amusée à voir l’entrepreneur tenter de vendre son projet à ces touristes milliardaires qui viennent se faire construire des villas hors de prix, se fichant totalement des règles environnementales. L’auteur s’en prend également aux contrôles sanitaires peu scrupuleux en échange de quelques billets verts. Bref, personne n’est parfait dans le monde de Hiassen. Mais qu’est-ce qu’on se sent bien en sa compagnie et qu’est-ce qu’on rigole !

Si un jour vous rêvez de coins paradisiaques et d’emprunter la plus belle route sur la mer, foncez ! Je l’ai empruntée et quel souvenir ! Aussi, je me permets de vous glisser une petite photo… ça vaut bien la peine de se battre pour cette nature magnifique, non ? Et pour ceux qui préfèrent le lire en français, il vient de sortir en Poche sous le titre Mauvais coucheur. Donc aucune excuse !

♥♥♥♥

Bad Monkey, Carl Hiassen, Editions London, 315 pages

 

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