Miscellanées

  1. Nouvelles couvertures de la collection Totem 

J’adore la collection Totem de Gallmeister – sans doute parce que mes deux premiers achats ont été les deux tomes de Lonesome Dove, devenu un de mes cinq romans préférés de tous les temps. J’aime leur format, plus facile à transporter et la couleur blanche. Mais en allant faire un tour sur leur site, toujours à l’affût de nouvelles sorties, j’ai repéré que les couvertures vont prendre de la couleur ! Et impossible pour moi de résister au réflexe de les enregistrer (aussi parce qu’ils me font de l’oeil tout court, je sens que la rentrée de janvier 2017 va être aussi bien chargée). J’en profite pour vous les montrer aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?  Elles vous plaisent aussi ou pas ?

J’ai déjà deux, non trois de ces polars dans une autre collection Gallmeister, mais là .. et je vois le nouveau Glenn Swarthout et je le veux ! et je les veux tous – voilà c’est dit 🙂

2. Sélection du Prix des lecteurs 2017

La sélection est géniale cette année – évidemment un des mes coups de  y est déjà ! Le roman de Richard Wagamese « Les étoiles s’éteignent à l’aube » acheté et dévoré au Québec cet été et miracle j’avais depuis longtemps repéré « Une vie entière » de Robert Seethaler, « Un bon garçon » de Paul McVeigh, « 86, année blanche » de Lucile Bordes et enfin « Désorientale » de Négar Djavari qui circule pas mal …

Un de ces livres arrive demain 😉 10 livres et 7 mois pour tout lire – rythme bien plus sympa ! J’en ai profité pour lire la présentation de chaque roman, et je suis tout aussi intriguée par « Giboulées de soleil « , un roman tchèque et par « Dulmaa » un roman qui se passe en Mongolie 😉

 

2. Soirée Escapade Polar inspirés du Vieux-Sud

Ma BM a décidé de consacrer l’année scolaire au thème « Escale Mississippi » que ce soit côté livres, mais aussi films ou musique. Et hier soir se tenait un premier rendez-vous avec la présentation d’une sélection et coup de coeur polars, inspirés du Vieux-Sud, par deux membres de l’association Fondu au Noir.

Malgré le froid et la pluie (oui la totale, mais grand soleil aujourd’hui), je tenais à y assister ! Certains livres sélectionnés et présentés sont déjà dans ma PàL : Les Maraudeurs de Tom Cooper – qui sera de passage à Nantes à la librairie Les Biens-Aimés samedi prochain (je pense y aller même si je l’ai déjà croisé à Vincennes) et la Ville des Morts de Sara Gran (mon billet ici – très mitigé). Evidemment il a été question de William Faulkner, de James Lee Burke avec le premier opus des enquêtes de Dave Robicheaux, de James Sallis et de Thomas H.Cook mais ils ont aussi abordé deux autres romans qui m’ont furieusement  fait envie :

  • Dernière récolte d’Attica Locke – sur une ancienne plantation transformée en musée « vivant » avec de faux esclaves, des immigrés mexicains pour entretenir entre autres les récoltes de canne à sucre, le corps d’une femme est retrouvée égorgée dans un des champs. La responsable du domaine, Caren, décide de mener l’enquête. La romancière texane a déjà publié un précédent roman et travaille désormais comme scénariste (série télévisée Empire) à Los Angeles.  Folio, 480 pages, 2016.
  • Après le déluge de Joy Castro – premier roman salué par Dennis Lehane (bon signe!) : jeune journaliste ambitieuse, Nola rêve du prix Pulitzer mais est confinée aux pages Loisirs d’un quotidien de La Nouvelle-Orléans. Jusqu’au jour où on lui confie un reportage sur les délinquants sexuels libérés au moment de l’ouragan Katrina et qui, depuis, sont toujours dans la nature. Nola décide de rencontrer ces hommes pour connaître leur quotidien et comprendre leur vie. Au même moment des femmes disparaissent en plein jour dans les rues de La Nouvelle-Orléans… Suite au succès du premier volet, la romancière serait en train de bosser sur le deuxième ..  Folio, 480 pages, 2016.

 

Puis ils nous ont donné une liste de polars dans le thème du Mississippi dont certains que j’ai déjà dans ma PàL et j’en ai noté d’autres. Certains lus – d’autres encore à découvrir. La liste est sans fin. Le prochain rendez-vous est fixé au 6 décembre – soirée consacrée à la musique du Sud dans les romans – et ceux comme moi qui lisent les romanciers qui choisissent le Sud pour y situer leurs romans savent à quel point la musique joue un rôle prépondérant 😉

Challenge Gallmeister

Et je succombe également ! Bon vous connaissez tous mon ♥ pour cette maison d’éditions qui fête ses dix ans cette année. Si je suis revenue à la lecture, c’est grâce à Gallmeister. J’ai lu, dévoré, avalé Lonesome Dove de Larry McMurtry et hop j’étais happée ! Western, Nature Writing, Roman Noir, tout y passe !

Depuis, j’ai découvert d’autres auteurs fabuleux, comme Bruce Machart  dont j’ai adoré le roman et son recueil de nouvelles (qui m’a fait pleurer), Craig Johnson et son shérif Longmire, David Vann et son roman choc Sukkwan Island. Ma plongée dans l’Ouest sauvage avec Pete Fromm dans son sublime Indian Creek. L’Ouest mythique avec les nouvelles de Dorothy M.Johnson et le très singulier Glendon Swarthout (Le tireur, Homesman).

Depuis, la maison s’est agrandi et a conquis de nombreux fans, comme toutes celles inscrit à ce challenge.  Elle a aussi élargi ses offres ainsi j’étais ravie de rencontrer Benjamin Whitmer à Nantes, un des rares auteurs de romans noirs et de découvrir le mythique Trevanian mais également en beaucoup plus léger avec le roman d’Eve Babitz, Jours tranquilles, brèves rencontres qui a fait mon été. Depuis, je me suis embarquée avec des soldats en Irak ou en Afghanistan, dans Fin de Mission, un recueil de nouvelles signé Phil Klay et la sublime Quête de Wynn et ses chevaux dans les montagnes afghanes.

La liste est très longue, et j’ai toujours pas mal de livres à lire et évidemment, la maison Gallmeister me fait envie à chaque rentrée littéraire. Leur site vous permettra de découvrir tous leurs et leurs collections. Ils éditent eux-même en Totem (version Poche) leurs propres romans donc accessibles à des prix raisonnables.

Voici ici, une liste de mes chroniques si ça vous tente …

Indian Creek de Pete Fromm
Contrées indiennes de Dorothy M.Johnson
La quête de Wynne d’Aaron Gwyn
Little Bird de Craig Johnson
Le sillage de l’oubli et Des hommes en devenir de Bruce Machart
Les douze tribus d’Hattie de Ayana Mathis
Jours tranquilles et brèves rencontres d’Eve Babitz
Le saloon des mots doux  et Lonesome Dove de Larry McMurtry
Frank Sinatra dans un mixeur de Matthew McBride
The Homesman et le Tireur de Glendon Swarthout
Fin de mission de Phil Klay

Pour ma part, je compte lire 12 Gallmeister cette année, nombreux sont déjà dans ma PàL … Certains récents, d’autres anciens, un par mois je trouve ça raisonnable (sur une moyenne de 8) et puis je n’ai jamais été déçue !

Et je remercie Léa d’avoir organisé ce challenge.

Le saloon des derniers mots doux

Le saloon des deniers mots doux n’est autre que le dernier roman de Larry McMurtry – plus connu pour Lonesome Dove, La Dernière Séance ou Tendres Passions. Né en 1936 au Texas, Larry McMurtry signe ici une roman totalement décalé, à la fois un western qui chante ici les dernières heures du Far West avec Wyatt Earp (photo du beau gosse en une), Doc Holliday et Buffalo Bill et une comédie drôle et subversive où chaque héros en prend pour son grade.

Fin du 19ème Siècle – Long Grass. Presque dans le Kansas mais pas tout à fait (ni  au Nouveau-Mexique, au Texas, ni en Arizona.. au lecteur de dénicher l’endroit!).  Wyatt Earp et Doc Holliday ont bien changé. Les célèbres gâchettes voient le temps filer, Doc est embarrassé d’une toux incessante (la tuberculose) et Wyatt passe son temps à s’engueuler avec sa femme, Jessie. Cette dernière travaille au Saloon des derniers mots doux, tenu par Warren, l’un des cinq frères Earp (Virgil, Morgan et Newton complètent la fratrie). Les deux héros ont bien vieilli et ne savent plus se servir d’une arme. Cette petite ville voit alors débarquer un éleveur célèbre, Charlie Goodnight, avec son épouse Marie, dite Molly et un Lord anglais, accompagné d’une femme noire amazone, San Saba et de sa demoiselle de compagnie, Flo, la créole. Les deux hommes ont décidé de faire affaire et de posséder le plus grand troupeau au monde de bovins. Tout ce petit monde ne cesse de se croiser. Ajoutez-y un autre éleveur filou, Clanton et vous voilà en bonne compagnie.

Doc Holliday Mais la terre des Badies (Badlands) est inhospitalière et rien ne se passe comme prévu. Nellie Courtright, une des premières femmes journalistes a croisé le chemin de tous ces hommes et vient ici les retrouver une nouvelle fois pour narrer ce nouveau projet. Elle retrouve en chemin un ancien amoureux, Buffalo Bill (de son vrai nom Bill Cody). Désormais, cet ancien tueur d’Indiens se donne en spectacle et propose à Earp et Holliday (photo) d’en faire de même. Les deux hommes s’entrainent au tir mais sont incapables de viser juste (même sur des bouteilles à quelques mètres d’eux) et le soir de la première, ils offrent un spectacle ridicule à des spectateurs déçus. Les deux hommes se livrent à un duel avec des balles à blanc. Renvoyés, ils partent rejoindre alors les frères Earp, Virgil et Morgan, nouveau shérif et shérif adjoint d’une petite ville au nom prédestinée, Tombstone.

L’Ouest mythique se meurt, les derniers Indiens « sauvages », des Kiowas tuent leurs dernières victimes de manière atroce avant d’être pendus. Les femmes sont de grandes gueules, demandent les hommes en mariage, trompent leurs maris ou dressent les chevaux. Les temps changent. Le train prend le pas sur le cheval, San Francisco, Chicago et d’autres villes attirent les nouveaux venus et l’Ouest mythique disparait sous une tempête de sable.

McMurtry m’a quelque peu perturbé avec son dernier roman- celui-ci ressemble à un chant du cygne. McMurtry disant ses adieux au western une fois pour toutes. Roman quelque peu déjanté, où les héros ont tous très mal vieilli, parfois drôle et même très drôle (gros fou rire avant Tombstone) – il m’a laissé un goût doux-amer lorsque j’ai eu fini de le lire. Comme si je disais au revoir une nouvelle fois à un genre que j’aime tant, le western.  Si Glen Swarthout proposait une fin plus lyrique et plus sérieuse à sa fine gâchette de l’Ouest dans le Tireur, McMurtry choisit ici une fin plus amusante mais toute aussi émouvante avec ce dernier combat à Tombstone – entré depuis longtemps dans la légende. Ici, il démonte le mythe de l’Ouest – Doc Holliday ou Earp ne portaient presque jamais d’armes et passaient leurs journées à boire ou à embêter les femmes.

Ces dernières sont des enquiquineuses – un peu comme Jim Harrison qui vieillit, McMurtry leur laisse enfin la parole. Elles rendent fous les hommes, souvent prêts à se ridiculiser pour elles mais leur offrent un point d’ancrage dans ces Badlands. Warren Earp suit ses frères avec sa pancarte sous le bras au nom atypique et très émouvant – le Saloon des derniers mots doux, cherchant toujours l’endroit parfait où l’accrocher. Mais comme le Far West, son bar ne cesse d’être repoussé plus loin pour finir au fond d’un jardin, au milieu d’objets rouillés au bord du Pacifique.

OK Corral Tombstone 1882
OK Corral, Tombstone – 1882

L’architecture du roman ressemble en beaucoup de points à celle de Doerr : des chapitres très courts (deux ou trois pages maximum), où l’on passe d’un personnage à l’autre. Et ils sont nombreux, une petite dizaine – j’ai été quelque peu décontenancée au départ puis je suis entrée dans l’histoire, et le rythme m’a finalement très bien convenu. Le livre se divise en deux volumes : Long Grass et Tombstone.  McMurtry réussit toujours à nous faire aimer ses personnages, pourtant bourrés de défauts. J’ai eu un coup de coeur pour ce roman, un peu trop court à mon goût !

Le romancier américain n’a perdu ni de sa prose, ni se de son talent de conteur – comme Harrison, il a vieilli et il offre un regard plus désabusé mais toujours aussi amoureux sur la vie. Un regard plein de tendresse sur l’Ouest sauvage en passe de devenir un « décor de carton-pâte ». Je vous laisse avec ses propres mots qu’il offre concernant ce roman :

Le Saloon des derniers mots doux est une ballade en prose dont les personnages flottent dans le temps : leur légende et leur vie réelle correspondant rarement. En écrivant cet ouvrage, j’avais en tête le grand réalisateur John Ford : il est connu pour avoir déclaré qu’à choisir entre la légende et la réalité, mieux vaut écrire la légende. C’est donc ce que j’ai fait. 

Le livre sort en librairie le 1er octobre prochain.

♥♥♥♥

Le Saloon des derniers mots doux, Gallmeister, trad.Laura Derajinski, 212 pages