Do not say we have nothing ∴ Madeleine Thien

C’est en regardant la chaîne de Jennifer que j’ai découvert ce roman. Jennifer l’a lu l’an dernier et depuis ne cessait de reparler de ce roman qui l’avait beaucoup marqué. J’ai fini par craquer et je l’ai commandé même si le lieu sort de ma zone de confort ! Me voilà embarquée à Vancouver, au Canada en 1991.

Marie, dix ans, vit avec sa mère, lorsqu’elles accueillent une jeune femme, Ai-Ming, qui a fui la Chine après les évènements de la place Tiananmen. Peu à peu, les deux jeunes filles apprennent à se connaître et Marie découvre que Mai-Ling connaît bien l’histoire de sa famille. Marie et sa mère vivent dans le deuil depuis le suicide du père de Marie à Hong Kong il y a quelques mois. Son père avait quitté brutalement le domicile conjugal et avait tenté de rejoindre la Chine alors que lui-même était un réfugié politique et n’avait plus la nationalité chinoise. Pour quelle raison ? Et pourquoi a-t-il choisi de mettre fin à ses jours en se jetant de la chambre de son hôtel ?

Marie et sa mère ont récupéré ses affaires dont un vieux carnet à la calligraphie ancienne qui fait partie d’une série racontant les aventures de deux amants en Chine qui doivent fuir pour vivre ensemble. Ce carnet a été écrit à la main par le père de Marie. Mai-Ling en connaît l’histoire.

Madeleine Thien s’est lancé un pari assez fou : raconter non seulement l’histoire de la Chine depuis la fin de la première guerre mondiale, mais aussi l’ascension de Mao Tsé-Toung, les purges et les émeutes de Tiananmen à travers plusieurs personnages : la famille de Marie et celle de Ai-Ming.

La famille d’Ai-Ming aura traversé le 20ème Siècle et connu tous les remous de l’Histoire, que ce soit l’invasion japonaise de la seconde guerre mondiale, la prise de pouvoir par les communistes, les purges, la famille, les camps de travail, les émeutes. L’auteur livre un portrait unique et puissant de ce peuple qui acceptera, sans se soulever, de vivre sous cette dictature pendant près de 50 ans (de 1949 aux émeutes de 1989).

Et Thien réussit un autre pari fou : nous raconter cette épopée en dressant le portrait de jeunes musiciens très attachants : le très timide et exceptionnel compositeur Sparrow, sa nièce Zhuli, une petite fille prodige du violon et son ami du conservatoire, énigmatique et très doué pianiste Kai. On apprend assez vite qu’Ai-Ming est la fille de Sparrow et Marie celle de Kai.

L’auteur nous dévoile leurs secrets : l’amour inconditionnel de la musique classique et des auteurs européens mais très rapidement la propagande communiste va condamner ces musiciens au silence et fermer le conservatoire. Pendant ces décennies de révolution culturelle à la gloire de Mao, ils vont devoir lutter ensemble et résister pour continuer à exercer leur passion. Mais le régime totalitaire mettra fin abruptement à leur carrière. Forcés d’imaginer une vie sans instrument et sans musique, Kai et Sparrow tenteront de se reconstruire, tandis que Zhuli, déjà séparée de ses parents, envoyés dans des camps de travail (anciens propriétaires terriens, ils ont été chassés et condamnés pendant une purge), devra trouver une raison de continuer à vivre.

Leurs combats influenceront les vies de leur progéniture, Marie et Ai-Ming. Le roman s’étire ainsi jusqu’à l’âge adulte de Marie et son désir de retourner sur les terres de ses ancêtres et ceux de son père.

Que dire ? J’avoue que j’ai eu un peu peur au début du roman, l’auteure consacrant une grande part des premiers chapitres aux héros de ces carnets mystérieux, (la calligraphie est un art reconnu en Chine) recopiés par un jeune homme pour déclarer sa flamme à une jolie chanteuse et qui racontent également l’histoire de la Chine, sa culture, ses mythes. Mais fort heureusement, l’auteure s’attache ensuite à raconter l’adolescence de Sparrow et de Kai, puis celle de Zhuli, leurs années de conservatoire, leur amour inconditionnel de la musique. J’ai admiré la passion de ces jeunes gens pris soudainement dans le tumulte de la révolution culturelle.

Un aveu à vous faire : je connais mal l’histoire de la Chine et surtout j’ignorais à quel point le régime de Mao avait été violent, totalitaire et terrorisant pour la population. Des familles entières étaient envoyées dans des camps de travail pour ne plus jamais revenir. Puis dans les années 60 et 70, le gouvernement décidait où vous alliez travailler et séparait souvent les couples en les envoyant travailler dans des villes différentes. Enfin, une partie de la population ne cessait d’espionner ces voisins et de les dénoncer, et de les harceler pour une robe jugée « capitaliste’ ou une coiffure (la natte longue) jugée trop « bourgeoise ».

Je me suis très vite attachée aux personnages, à leurs rêves, leurs espoirs – j’ai adoré Sparrow et Zhuli et je ne voulais plus les quitter. Madeleine Thien écrit merveilleusement bien, elle réussit à recréer l’intimité de ces familles, leur sagesse et leur complexité. Son pari est une réussite avec en prime une méditation sur la Chine d’aujourd’hui et les aspirations des nouvelles générations.

J’ai également adoré ainsi toutes les traductions d’idéogrammes, l’explication de l’homonymie si présente dans la langue chinoise.

Une plongée dans la Chine qui m’a, vous l’aurez compris, totalement envoutée. J’ai repoussé de quelques jours la lecture des dernières pages, n’ayant pas envie de quitter ces personnages.

Et pour la petite histoire, le titre du livre est extrait de la version chinoise de l’Internationale. J’ai vraiment hâte qu’il soit traduit en français !

Il y a quelques jours, on rendait hommage aux étudiants ayant osé, avec les ouvriers, défier le pouvoir en place en 1989. Beaucoup ont été arrêtés, torturés et d’autres sont morts. Une pensée pour eux.

♥♥♥♥♥

Éditions Granta Books, 2017, 480 pages

Ce que nous avons perdu dans le feu ∴ Mariana Enriquez

Un hors programme de lecture que ce recueil de nouvelles argentin, Las cosas que perdimos en el fuego. La petite histoire ? Je suis donc le vlog de Mercedes et elle présente ce recueil qui, paraît-il, fait sensation chez les booktubers : Things we lost in the fireFérue de nouvelles, je mène ma petite enquête, trouve la traduction française de ce recueil argentin et bonne surprise, le déniche à la BM !

Il y a certains livres qui me font cet effet-là, et c’est généralement bon signe : je ne résiste pas et je me jette dessus dès mon retour à la maison. Et je l’ai dévoré, deux petits jours plus tard, j’avais avalé les 12 nouvelles et compris pourquoi ce recueil fait autant de bruit 🙂

J’ai récemment lu un auteur mexicain, j’ai déjà lu des auteurs chiliens ou péruviens. Ici, il s’agit de mon premier livre argentin. Buenos Aires. Réalisme magique. Cela vous parle ? Moi pas tellement mais ça m’a donné l’eau à la bouche.

Mariana Enriquez ressemble à une gamine, mais une gamine qui aime jouer avec le feu. Ici, elle joue avec l’art du fantastique mais sans jamais y plonger, pareil pour l’horreur, on s’en approche, on se brûle les ailes mais on en réchappe. Notez que l’odeur du brûlé vous suivra longtemps. Moi, j’ai juste passé une nuit agitée. Des rêves bizarres.

Je n’ai pas envie de résumer les nouvelles, l’éditeur le fait très bien, aussi je recopie la présentation, et si après ça, vous êtes toujours là, tant mieux !

Un enfant de junkie disparaît du jour au lendemain dans un ancien quartier cossu de Buenos Aires, livré désormais à la drogue et à la violence. Des jeunes femmes se promettent dans le sang de ne jamais avoir d’amants et sont obsédées par la silhouette fugace d’une adolescente disparue. Adela, amputée d’un bras, aime se faire peur en regardant des films d’horreur jusqu’à en devenir prisonnière. Alors qu’il vient de devenir père, Pablo est hanté par la figure du Petiso Orejudo, un enfant serial killer. Un voyage confiné en voiture dans l’humidité du Nord se termine sur un malentendu. Marcela, elle, se mutile en pleine salle de classe, au grand désarroi de ses camarades. Vera, un crâne repêché dans la rue, se meut en double dénué de chair d’une femme au bord de la crise de nerfs. Paula, ancienne assistante sociale, se bat avec ses démons et ses hallucinations. Marco, lui, se cache derrière sa porte, mutique, espérant échapper à l’existence, dehors. Sous l’eau noire, des secrets bien gardés par la police sont prêts à ressurgir. Et des femmes, désespérées, s’enflamment pour protester contre la violence.

Je ne suis pourtant pas fan de ce genre, mais il y a aussi du noir  dans ses nouvelles. Elle exprime avec grande habilité le passé de l’Argentine – ses morts, ses fantômes comme dans La Maison d’Adela ou dans l’Enfant Sale – la grandeur disparue d’un pays, qui ne se manifeste plus qu’à travers ses anciennes demeures coloniales, désormais à l’abandon. Vestiges d’un passé que l’on veut oublier.

Et des enfants – l’auteure n’épargne ici personne – les enfants ne sont pas des anges blonds, ils peuvent être de véritables assassins comme Petiso ou s’amuser à effrayer leurs congénères comme Adela. Nous sommes à la fois les héros et les méchants, les gentils et les assassins. En repensant à chaque histoire, j’admire la construction narrative de chaque nouvelle. J’avais beau essayer de me deviner, impossible de savoir où elle nous embarque. Vers du fantastique, oui mais à petite dose et savamment dosé (Toile d’araignée en le meilleur exemple) ou vers l’horreur, mais encore tout est maîtrisé.

Je ne suis pas fan des thrillers « psychologiques », avoir peur n’est pas ce que je recherche principalement dans un roman, mais là j’ai frissonné plusieurs fois tout en ayant toujours envie de tourner la page. Il y aussi des soupapes comme l’humour et des touches de nostalgie, comme certains des personnages enfants ou adultes qui se remémorent leur enfance.

On y trouve de tout et c’est fou, dingue et en même temps passionnant. Ces nouvelles sont comme un kaléidoscope de la société argentine : la magie noire, l’Histoire, la dictature, la violence, les fantômes. J’étais dans la demeure coloniale du premier personnage, je fuyais comme elle la chaleur écrasante et moite de Buenos Aires et ne sortais que la nuit.

Le talent de l’auteur est de partir du concret, une histoire réelle, des personnages normaux, ordinaires qui nous ressemblent puis elle glisse subrepticement vers le fantastique ou l’horreur. On a l’impression que derrière ce portrait réaliste se cache un autre univers, comme si on traversait le miroir et on se retrouvait dans une autre version de l’Argentine actuelle. Une réalité déformée. Sans le savoir, les personnages s’en approchent ou s’en éloignent. Et lorsqu’ils ont le malheur de s’y frotter, le mal est fait.

Certains passages sont particulièrement difficiles, mais impossible de s’en détourner ! J’ai été vraiment happée par ces histoires, comme si on m’avait jeté un sort.

J’ai adoré toutes les histoires, comme lorsqu’une gamine dont le père est brutalement licencié, décide de se venger et embarque un autre gosse avec elle dans une vendetta nocturne, elle veut cacher des saucissons chorizos dans les matelas des chambres d’hôtel mais rien ne se passe comme prévu. La nouvelle autour de ce patio est aussi effrayante mais fonctionne admirablement : une jeune femme croit voir un enfant esclave, enchainé venir chez elle chercher de l’aide, et puis cette femme qui ne supporte plus ce mari manipulateur, violent et qui va en passant la nuit dans un auberge, être soudainement libérée.

Il y a de la magie noire, du macabre, mais également une vision très réaliste de la violence de ce pays, comme dans la première nouvelle, face à ces enfants des rues.

Une impressionnante maîtrise narrative et un résultat magnifique. Je veux dorénavant tout découvrir de son œuvre !

Mariana Enriquez est née à Buenos Aires et a fait des études de journalisme à l’université de La Plata. Désormais elle  dirige Radar, le supplément culturel du journal Página/12. Elle a publié trois romans – dont le premier à 22 ans – et un autre recueil de nouvelles dont certaines ont été publiées dans les revues Granta et McSweeney’s.

 

L’enfant sale ♥♥♥♥♥
L’hôtel ♥♥♥♥♥
Les années intoxiquées ♥♥♥♥♥
La maison d’Adela ♥♥♥♥♥
« Pablito clavó un clavito » – une évocation du Petiso Oreiudo ♥♥♥♥
Toile d’araignée ♥♥♥♥♥
Fin des classes ♥♥♥♥♥
Pas de chair sur nous ♥♥♥♥♥
Le patio du voisin ♥♥♥♥♥
Vert rouge orangé ♥♥♥♥
Ce que nous avons perdu dans le feu ♥♥♥♥♥

 

 Éditions Sous-Sol, coll.Feuil Fiction, Las cosas que perdimos en el fuego, trad. Anne Plantagenet, 240 pages

Ils me font de l’œil ….

La rentrée littéraire pointe déjà la bout de son nez avec un nombre de livres effrayant. Je vais, pour ma part, essayer d’être un peu plus raisonnable et vous présenter les livres que je suis pratiquement certaine de lire.

◊  Les livres que j’achèterais les yeux fermés pour leurs auteurs 

Je triche, il s’agit ici de The Underground Railroad que j’ai déjà lu en anglais à sa sortie et qui sort enfin en version française, chez Albin Michel le 24 Août prochain. Je l’ai tellement aimé que j’ai bien failli faire une vidéo pour en parler ! Je vous invite à aller lire mon billet si vous doutez encore de votre achat !

Joyce Maynard, évidemment, car ce récit tient une place particulière dans mon cœur puisque la romancière m’avait annoncé sa prochaine publication lors de sa venue à Nantes et m’avait raconté son histoire personnelle.

Enfin, retour dans le Sud avec Ron Rash  et l’intrigue m’a totalement envoutée :

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle. 1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

Ces romans seront publiés les :   le 17 août pour Ron Rash,le 24 août pour Colson Whitehead et le 7 septembre pour Joyce Maynard.

◊  Les découvertes qui me tentent fortement  ◊

  • Claire Vaye Watkins est l’auteur d’un recueil de nouvelles (Nevada, Calmann-Lévy, 2012) qui lui a valu de nombreuses récompenses littéraires. Saluée par la National Book Foundation comme l’un des cinq jeunes auteurs de moins de trente-cinq ans les plus talentueux et par le magazine Granta comme l’un des meilleurs jeunes écrivains de la décennie, son premier roman Les sables de l’Amargosa a fait sensation sur la scène littéraire américaine. Publié chez Albin Michel le août  prochain.
  • Dans ce court récit, Piedad Bonnett raconte à la première personne le suicide de son fils Daniel, vingt-huit ans, qui s’est jeté du toit de son immeuble à New York. Huit ans plus tôt, on l’avait diagnostiqué schizophrène. Dans un milieu bourgeois, corseté par des conventions en tout genre, il n’est pas de bon ton de parler crûment de la mort et de la folie ; c’est pourtant ce que fait l’auteur, dans une langue sobre et sans effets de manche, avec une sincérité bouleversante. Un roman qui me tente énormément.  Publié chez Métailié le 7 septembre prochain.

« Un livre incandescent, courageux jusqu’à la violence, extraordinaire. Piedad Bonnett écrit depuis l’abîme et éclaire l’obscurité avec un texte pénétrant et indispensable. » Rosa Montero

« La vie, la mort et la littérature se mêlent comme sur une scène de théâtre dans ce témoignage extraordinaire où convergent la vérité la plus intime et le talent créatif. » Mario Vargas Llosa

  • Callan Wink a déjà été publié dans le recueil de nouvelles 20+1 Stories l’an dernier.J’avais adoré sa nouvelle aussi la publication de son recueil me tente énormément. Publié chez Albin Michel le 20 septembre prochain.
  • Troublant et poétique, best-seller dès sa parution aux États-Unis, le premier roman d’Emily Fridlund a été acclamé par la critique. Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Tentant, non ? Publié chez Gallmeister le 17 août prochain.
  • Après La Montagne en sucre, vaste fresque d’inspiration autobiographique, Wallace Stegner redonne vie à son alter ego de papier, Bruce Mason, dans un roman profond et poétique jusqu’à présent inédit en français. Ambassadeur à la retraite installé à San Francisco, Bruce Mason n’a plus grand chose en commun avec le garçon frêle et révolté parti quarante-cinq ans auparavant de Salt Lake City avec la ferme intention de tirer un trait définitif sur son histoire familiale mouvementée. Mais le voici de retour dans la ville de sa jeunesse pour organiser l’enterrement de sa tante. Au fil de ses déambulations dans les rues familières, ses souvenirs l’entraînent dans un voyage sinueux au cœur de son passé qui l’oblige à renouer avec celui qu’il a été. Publié chez Gallmeister le 7 septembre prochain.
  • Premier roman du dramaturge anglais Barney Norris, Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières, raconte comment,  autour d’un banal et tragique accident de la route, cinq vies vont entrer en collision. Cinq personnages, comme les cinq rivières qui jadis se rencontrèrent à l’endroit où se dresse aujourd’hui la ville. Cinq destins, chacun à sa manière infléchi par le drame. Cinq vies minuscules, qui tour à tour prennent corps et voix pour se hisser au-delà de l’ordinaire et toucher au miraculeux. Le sujet a attisé ma curiosité. Publié aux éditions Seuil le 17 août prochain.

« Barney Norris : retenez ce nom. À trente ans seulement, il signe un premier roman remarquable. » The Times

◊    Polars, thrillers … pour ne pas fermer les yeux trop vite !  ◊

En pleine forêt de Géorgie du Sud, au milieu de nulle part, Maya échappe in extremis à une sauvage tentative d’assassinat. Dix-huit ans à peine, victime d’un vaste trafic de prostituées régi par le redoutable Mexico, elle avait eu le malheur de devenir la favorite du maire et de découvrir ainsi les sombres projets des hauts responsables de la ville. Son destin semblait scellé mais c’était sans compter sur Leonard Moye,  un type solitaire et quelque peu excentrique, qui ne tolère personne sur ses terres et prend la jeune femme sous sa protection. Une troublante amitié naît alors entre ces deux êtres rongés par la colère.

Publié chez Gallmeister le 17 août prochain.

2020 – Le monde entre dans l’âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s’annoncent, il faut faire provision de lumière – neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales.

Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l’Écosse. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s’aimer dans une lumière de miracle.

Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde. Un roman assez éloigné de mes goûts mais je fais confiance à une certaine C. qui m’a dit qu’il fallait absolument le découvrir 😉

Publié aux éditions Métailié le 17 août prochain.

◊ Ils me font de l’œil mais ils attendront leur tour ◊

Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d’âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’Université de Chicago, passe à côté du fait divers. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère, qui l’a abandonné. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes.
Des émeutes de Chicago en 1968 au New York post-11-Septembre en passant par la Norvège des années quarante et le Midwest des années soixante, Nathan Hill s’empare de l’Amérique d’aujourd’hui et de ses démons et compose avec beaucoup d’humour une fresque aussi ambitieuse que captivante.

Publié chez Gallimard le 17 août prochain. 

Après quarante ans d’exil, Maureen retourne à Cork, en Irlande, pour retrouver son fils, Jimmy, qu’elle a été forcée d’abandonner. Elle tue un inconnu par accident et déclenche une série d’événements, qui, comme des dominos, vont secouer toute la ville et révéler différents personnages en marge de la société.

Comme Ryan, 15 ans,  qui deale et donnerait tout pour ne pas ressembler à son père alcoolique ; sa petite-amie Karine, magnifique et issue d’une classe aisée, avec laquelle il vit un amour pur et passionné jusqu’à ce que la réalité les rattrape ; Tony, dont l’obsession qu’il voue à sa voisine menace de les détruire, lui et sa famille ; Georgie, une prostituée qui feint une conversion religieuse aux répercussions désastreuses.
Un livre puissant dont la force réside dans son amoralité.

Publié aux éditions Joëlle Losfeld le 24 août prochain.