Ils me font de l’oeil…

décembre 11, 2017
Ils me font de l’oeil…

La rentrée littéraire pointe déjà le bout de son nez ! Est-ce moi ou l’année est-elle passée déjà trop vite ? J’ai toujours une pile à lire énorme, mais je ne peux pas m’empêcher de lorgner sur les sorties.

◊  Les livres que j’achèterais les yeux fermés pour leurs auteurs  

LaRose – Louise Erdrich – Albin Michel

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d’un gris acier, recouvre les champs nus d’un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c’est la chasse au cerf qui annonce l’entrée dans l’automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d’honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s’effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans. Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L’auteur continue d’y explorer le poids du passé, de l’héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d’observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences. Louise Erdrich – j’ai toujours un de ses livres sous le bras, dont un commencé, qui m’attend pour les fêtes.

◊  Les découvertes qui me tentent fortement  ◊

Né un mardi – Elnathan John – Métailié

Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal mais, comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d’Allah. Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il doit s’enfuir.  Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d’un imam salafiste. Le gamin naïf mais curieux découvre l’étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent. Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
On brandit des machettes, on assiste à des matchs de lutte, on prend toutes sortes de transports, on marche, on court, on aime, on est Dantala de bout en bout, passionnément. Un formidable roman d’apprentissage, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

« Un roman perspicace, d’une extraordinaire densité. » The Guardian
« Elnathan John est un écrivain à surveiller de près. » New York Times

Face au vent – Jim Lynch – Gallmeister

Dans la famille Johannssen, la voile est une question d’ADN. Installés au cœur de la baie de Seattle, le grand-père dessine les voiliers, le père les construit, la mère, admiratrice d’Einstein, calcule leur trajectoire. Si les deux frères, Bernard et Josh, ont hérité de cette passion, c’est la jeune et charismatique Ruby qui sait le mieux jouer avec les éléments. Seule sur un bateau, elle fait corps avec le vent. Mais lorsqu’un jour elle décide d’abandonner cette carrière toute tracée, la famille explose. Bien des années plus tard, les parents se sont éloignés, Bernard a pris la fuite sur les océans, Ruby travaille dans l’humanitaire en Afrique. Quant à Josh, il cherche inlassablement son idéal féminin sur un chantier naval à Olympia. Douze ans après la rupture, une ultime course sera l’occasion de retrouvailles risquées pour cette famille attachante et dysfonctionnelle.Oscillant sans cesse entre rires et larmes, le roman de Jim Lynch donne une furieuse envie de prendre le large.
« Une histoire de famille brillamment construite… Une lecture exaltante « . THE WASHINGTON TIMES

De l’autre côté de la montagne – Kevin Canty – Albin Michel

Idaho, début des années 1970. À Silverton, petite bourgade paisible où vit une communauté soudée, la majeure partie des emplois provient de la mine de charbon. La vie y suit son cours, jusqu’au jour où un terrible incendie se déclare dans la mine et fait de nombreuses victimes. Tous les habitants ou presque perdent un être cher dans cette tragédie; une onde de choc et de chagrin saisit toutes les familles. À la manière de Russell Banks dans De beaux lendemains, Kevin Canty, en décrivant le destin de plusieurs personnages, dont Jordan, une jeune veuve mère de jumeaux, et David, un étudiant qui cherche à repartir de zéro en s’installant dans une autre ville, parvient à saisir la force intérieure des hommes et des femmes quand il s’agit de faire face au drame et à l’inacceptable. Inspiré de faits réels, De l’autre côté des montagnes nous entraîne dans le passé de ces petites villes où les habitants n’ont comme seule échappatoire à la dureté de leur existence que les soirées à boire entre copains. Mais à travers le parcours et le chagrin des personnages qui peuplent cette histoire, celle-ci acquiert une véritable dimension universelle.

Il n’en revient que trois – Gudbergur Bergsson – Métailié

Une ferme perdue en Islande, à des kilomètres du premier village, entre un champ de lave, des montagnes et des rivages désolés. Le ciel est vide et les visiteurs sont rares. Mais l’écho de la Deuxième Guerre mondiale ne va pas tarder à atteindre ses habitants. Soudain soldats, déserteurs, espions débarquent, mais aussi radio, route, bordels et dollars. Puis viendront les touristes. L’ordre ancien vacille et ne se relèvera jamais. Les personnages de Bergsson sont tout d’une pièce, rugueux et âpres comme la terre qui les a vus naître. Il y a ceux qui partent, ceux qui restent, ceux qui reviennent. Faut-il s’arracher à ce morceau de terre où rien ne pousse ? Ou guetter le renard en ignorant les secousses de l’histoire ?
Un texte sec et fort qui décrit le basculement brutal de l’Islande dans la modernité, les bégaiements de l’histoire, la force magnétique de certains paysages, qui sont comme des gardiens de la tradition familiale : nul n’y échappe.

« Une histoire du peuple islandais du XXe siècle : le livre le plus fort et le plus remarquable de Gudbergur Bergsson. » Fréttabladid.

 

◊    Des nouvelles ! Mon genre préféré  ◊

Ces morts heureux et héroïques – Luke Mogelson – Gallmeister

Un vétéran cherche à reconquérir sa femme et part la retrouver chez ses parents, là où elle s’est réfugiée après qu’il l’a frappée. Une mère célibataire fait de longs trajets pour aller voir son fils en prison – il a tué un homme d’un coup de poing lors d’une permission. Un infirmier de retour de mission élit domicile dans un réduit de l’arsenal de la garde nationale de New York, incapable de rentrer chez lui. Un journaliste raconte sa vie en Afghanistan, entre ironie et désespoir, avant qu’une bombe ne fasse sauter le café dans lequel il se trouve. En dix histoires subtilement liées les unes aux autres, Luke Mogelson dépeint les conséquences de la guerre sur les combattants et les civils, et la manière dont la violence subie ou infligée à l’autre bout du monde se répercute jusqu’aux États-Unis.

« Mogelson capture la beauté déconcertante qui suit la dévastation  » . SAN FRANSISCO CHRONICLE
« Les hommes et les femmes de Ces morts heureux et héroïques sont le parfait exemple de ce qui fait un livre obsédant et inoubliable« . THE PARIS REVIEW

Certains souvenirs – Judith Hermann – Albin Michel

Peintre des sensations et des sentiments, Judith Hermann renoue, après un premier roman, avec l’art de la nouvelle qui l’a révélée. Elle l’affine et s’impose comme l’une de ses plus grandes voix, dans ce recueil où l’on retrouve toute la finesse et la mélancolie de l’auteur de Maison d’été, plus tard, mais surtout son talent pour capter, en peu de mots, le mystère et la subtilité des choses.

Quelle proximité avons-nous avec les gens que nous aimons ?

Que se passe-t-il lors d’une rencontre ? Qu’en reste-t-il ? En dix-sept récits, Judith Hermann explore ces moments décisifs, ces instants où toute une vie se transforme : un regard qui fait naître une soudaine intimité ; un être qui croise notre route, nous accompagne, nous rend heureux et pourtant nous échappe.

Avec précision et légèreté, Judith Hermann trouve les mots pour exprimer l’insaisissable.

Dans la grande violence de la joie – Chanelle Benz – Seuil

Les tribulations d’un frère et d’une sœur braqueurs de banque promis à la potence dans l’ouest américain. Une bande d’enfants tentant d’aider leur voisine à retrouver son amour de jeunesse, quitte à pervertir les règles du conte de fées. Une fille de diplomate plongée dans les eaux troubles et dangereuses des services secrets. Une esclave poète traversant le Sud ségrégationniste et récitant ses sonnets devant la bonne société. Un archéologue découvrant son propre passé dans les décombres d’une secte millénariste. Violence, trahison, vengeance et filiation – tels sont les fils rouges de ce recueil qui revisite avec panache le panorama des lettres d’Amérique. En dix nouvelles étourdissantes de variété, Dans la grande violence de la joie tord le cou à la langue et se joue de toutes les frontières pour créer un univers chatoyant, peuplé d’héroïnes puissantes et tarantinesques en diable. Iconoclaste, poétique, polymorphe, l’écriture de Chanelle Benz est un enchantement sans cesse renouvelé, qui met en scène les pouvoirs de l’imagination et démontre avec éclat que la fiction peut demeurer une grande aventure.

◊    Polars, thrillers … pour ne pas fermer les yeux trop vite !  ◊

Une proie trop facile – YishaÏ Sarid – Actes Sud/ Babel Noir

Appelé à effectuer sa période de réserve dans l’armée, un avocat d’une trentaine d’années se voit confier une curieuse mission : une jeune soldate religieuse pratiquante a déposé une plainte pour viol contre un brillant officier aux états de service irréprochables. L’avocat commence à enquêter, aidé d’un collègue de bureau. Il quitte Tel-Aviv, son bruit et ses gratte-ciels, pour rendre visite aux parents de la soldate, dans une petite ville pauvre du Sud d’Israël. Il se rend ensuite dans l’unité de l’officier, un bunker basé à la frontière du Liban.
À mesure qu’il avance dans son enquête, la réalité se dérobe sous le masque des apparences. Qui est cet officier pur et dur, patriote, militariste, perfectionniste ? Et qui est cette adolescente d’une ville du Sud, qui se veut religieuse et intouchable ?

À travers ces deux figures ambiguës, Yishaï Sarid dresse le portrait nuancé et complexe d’un Israël brutal et insaisissable. ….. et je le veux ! 

 

◊    Ils me tentent aussi mais ils ne sont pas prioritaires…  ◊

Les loyautés – Delphine de Vigan – JC Lattès

«  J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.»Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo  : serait-il en danger dans sa famille  ?
Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils. Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.  J’avais bien aimé « D’après une histoire vraie », même si je lui préfère « Rien ne s’oppose à la nuit » – j’ai lu un long extrait de ce dernier roman dans le magazine Lire et je pense que je vais aimer !

La dernière nuit à Tremore Beach – Mikel Santiago – Actes Sud/ Babel Noir 

C’est en Irlande, dans un hameau reculé du comté de Donegal, que le célèbre compositeur Peter Harper est venu trouver refuge dans une maison isolée sur la plage. Pour s’accommoder d’un divorce orageux et renouer avec la musique.
Lors d’une nuit de tempête, au retour d’un dîner chez des amis, il est frappé par un éclair d’une rare violence. S’ensuit une migraine chronique qu’aucun traitement ne parvient à apaiser, suivie par de récur­rents cauchemars sanglants où apparaissent ses voisins et ses enfants qu’il attend pour les vacances. Ces rêves semblent l’avertir d’un danger imminent auquel personne n’est disposé à croire. Saisi d’une angoisse croissante lorsqu’il constate que jour après jour des pans entiers de ses visions nocturnes s’incarnent dans la vie réelle, il doit lutter seul contre la menace qui enserre désormais les siens.
Un rythme vertigineux, un suspense tramé au cor­deau : un début fracassant pour un auteur déjà sur­nommé le “Stephen King espagnol”. – Il me tente et me rebute en même temps ; je pense qu’il n’est pas fait pour moi, plus pour Marie-Claude, je me trompe ?!

 

Et vous, des repérages pour cette nouvelle rentrée ?

21 commentaires
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21 commentaires

keisha décembre 11, 2017 - 8:46

Je viens de chez hop sous la couette, et j’ai vu des trucs très très tentants, dis donc!

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Electra décembre 11, 2017 - 10:06

On en a 3 en commun et je les ai vus hier et j’ai commenté. Je maintiens mes choix 😉

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Quaidesproses décembre 11, 2017 - 9:29

Comme toi, la rentrée littéraire de janvier me plait pas mal (plus que celle de septembre en tout cas), je note dans ta sélection le Judith Hermann. Mais s’agit-il de petites nouvelles?

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Electra décembre 11, 2017 - 10:08

oui, une bonne rentrée – pour les nouvelles, j’ignore si elles sont longues ou courtes mais il y en a 17 ce qui effectivement est pas mal. Elle a obtenu beaucoup de prix dans son pays pour ses recueils.

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chinouk décembre 11, 2017 - 12:27

Bon ça va, t’es sympas toi 🙂 rien de plus sur ma liste que je n’ai pas déjà ajouter après être passé Madame Couette 🙂 juste le Jim Lunch: Face au vent et le totem du même auteur.

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Electra décembre 11, 2017 - 12:28

Bien ! Il le faut ! On a pas tous les mêmes goûts. Donc tu peux picorer ci et là !

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Marie-Claude décembre 11, 2017 - 1:51

Je suis infiniment soulagée! Ouf! Trois en communs, plus un Métailié qui m’intéresse. Ça demeure plus que raisonnable.
Pour « La dernière nuit à Tremore Beach », il est de fait plus pour moi que pour toi, mais les côté onirique risque de m’agacée. Les rêves et moi, surtout littéraires…
Pour Judith Hermann, j’avais débuté son roman « Au début de l’amour », plus ou moins convaincue. Je vais donc attendre ton avis sur son recueil.
Bref, ce sera la saison idéale pour faire baisser notre pal.

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Electra décembre 11, 2017 - 1:57

Oui, l’an dernier, j’avais une vingtaine dans ma liste, beaucoup trop ! Là c’est plus ciblé, et de tous les genres 😉
Oui, la « dernière nuit.. » te correspond nettement plus ! J’ai loupé le côté onirique or je sais que tu aimes bien le plancher des vaches, comme moi 😉 Je pense que je vais passer mon chemin. 10 c’est le nombre parfait et raisonnable !

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Marie-Claude décembre 11, 2017 - 11:35

Le hic, c’est qu’il y a deux futures parutions québécoises que tu voudras assurément! Ça montera donc à 12!

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Electra décembre 12, 2017 - 7:05

Coquine !!

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Titezef décembre 12, 2017 - 8:08

Je note Les gaillmaster et Les métayer. Ils me tentent bien. Merci pour ce « défrichage littéraire »

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Electra décembre 12, 2017 - 8:58

De rien ! Cette année, je n’ai pas creusé trop loin – il existe tant de maisons d’édition – j’ai choisi plus en fonction des titres et Gallmeister et Métailié ont en effet une jolie sélection !

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gambadou décembre 12, 2017 - 9:34

J’espère que tu as un bon budget 😉

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Electra décembre 12, 2017 - 10:36

Non, je ne l’ai pas ! Je vais devoir faire un choix .. dur dur ! Mais j’ai un ou deux anges qui veillent sur moi et le Père Noël peut encore se manifester, sait-on jamais !

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Jerome décembre 13, 2017 - 12:25

Va pour les Albin Michel et le recueil de nouvelles de Galleimster. Concernant les autres, je ne vais pas me précipiter vu tout ce qu’il me reste encore de la dernière rentrée…

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Electra décembre 13, 2017 - 12:27

Ah bon ? Mais il fallait pas avoir les yeux trop grands cool on sera deux pour le recueil !

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EVA décembre 13, 2017 - 8:37

je veux le Yishai Sarid!!

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Electra décembre 13, 2017 - 9:24

Moi aussi !!! Je l’ai dit avant toi

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Virginie décembre 15, 2017 - 7:34

Va y avoir du bon en ce début 2018 ! Plein d’envies comme les tiennes, j’ai hâte !

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Electra décembre 15, 2017 - 1:08

Oui ! Super !

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Ma lettre au Père Noël – Tombée du ciel décembre 22, 2017 - 12:02

[…] le plus amusant, c’est donc qu’aucun de mes repérages de la rentrée prochaine (cf. mon billet) n’y figure ! C’est tout moi, me direz-vous. La plupart viennent de mes […]

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