Le long silence : une vie à la pêche ∴ Thomas McGuane

septembre 4, 2017
Le long silence : une vie à la pêche ∴ Thomas McGuane

Les amoureux de nature writing et de la pêche à la mouche connaissent sûrement ce recueil autobiographique de Thomas McGuane. L’auteur américain nous livre trente-trois récits qui nous emmène dans des parties de pêches à travers le monde.  De la pêche au tarpon en Floride, à celle du saumon en Islande, en passant par celle du bonefish au Mexique, ou en Argentine et jusqu’en Russie pour finir à la pêche à la truite au Montana, McGuane livre ici sa vision du monde.

Car, comme John Gierachdont j’ai partagé récemment par ici son traité sur le zen et la pêche – ces expéditions sont aussi une expérience philosophique. Le pêcheur se doit d’être attentif à ce qui l’entoure, ainsi il s’ouvre au monde, à la nature et observe avec attention le monde vivant, que ce soit le monde animal ou biologique. L’homme retrouve sa place d’être humain sur cette Terre car la pêche permet d’éveiller de plus grandes réverbérations en nous-mêmes.

Cette réflexion peut s’appliquer à la chasse, à l’observation des oiseaux ou toute autre activité qui requiert cette attention, ce silence. C’est en se taisant que le monde extérieur s’ouvre à lui.

Se tenir sur un rocher au milieu des déferlantes qui se forment au large, accélèrent et roulent vers vous est, au bout d’un moment, semblable à ce qu’ on éprouve en observant un feu. C’est hypnotique.

Thomas McGuane a donné ainsi ses lettres de philosophie à une activité longtemps décriée, la pêche.

A travers ses souvenirs d’enfance, l’auteur nous rappelle l’importance de notre attachement à la nature. Thomas McGuane est un écrivain et son talent s’en ressent lorsqu’il évoque ses réflexions philosophiques ou lorsqu’il s’amuse à faire le portrait de personnages rencontrés au cours de ses longues pérégrinations.

Je dois cependant avouer que j’ai trouvé le nombre de récits trop important (33) avec comme écueil un sentiment de déjà vu au cours de ma lecture. Je conseille de garder ce livre à sa table de chevet, et de le lire par petites touches.

Je suis bouleversé par la perfection des choses : le profil splendide de chacune des truites, la beauté angélique miniature des éphémères, et les eaux soyeuses et sauvages de le Big Hole River. Car c’est pour de telles choses que nous sommes déposés sur ce tas de boue en rotation.

L’autre point faible du roman, c’est que si vous n’êtes pas pêcheur, le vocabulaire technique et les détails sur l’exercice de la pêche rendent certains passages très compliqués et j’avoue avoir délibérément accélérer ma lecture à certains moments ! Les termes utilisés sont souvent anglais ou désignent des poissons qui me sont totalement inconnus.

Mais les amoureux de la pêche y trouveront, à l’inverse, une mine de renseignements techniques.

Reste que ce recueil est une véritable déclaration d’amour à la nature et au silence, qui se traduit inéluctablement par une certaine solitude du pêcheur, mais comme McGuane le précise si bien, la solitude n’est pas la même chose que l’isolement. Ce sont des moments que s’accordent le pêcheur , où loin du monde, il le redécouvre.

En tapant ses mots, j’ai encore en image ces pêcheurs croisés en Gaspésie l’an dernier, près d’un pont couvert. Leur calme imposait le respect !

♥♥♥

[highlight color= »color here »]Editions Gallmeister, trad. Anatole Pons, 2016, 366 pages [/highlight]

20 commentaires
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20 commentaires

Marie-Claude septembre 4, 2017 - 2:42

Sais-tu, je vais me rabattre sur la vue de pêcheurs gaspésiens!
En passant, c’était en Gaspésie, non en Gaspasie!

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Electra septembre 4, 2017 - 7:09

Tu te souviens d’eux ? avec le joli pont couvert à côté « _ »
Corrigé ! j’étais à côté de mes pompes dis-donc …

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Marie-Claude septembre 4, 2017 - 5:35

Et comment! Je serais restée plus longtemps si on avait pris le temps…

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Electra septembre 4, 2017 - 5:39

Oui moi aussi ! Magnifique

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keisha septembre 4, 2017 - 7:32

Bah, les pêcheurs je les vois quand je cours (le long d’un canal). Deux mondes qui se croisent. ^_^

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Electra septembre 4, 2017 - 7:33

Oui ! Deux mondes de silencieux

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athalie septembre 4, 2017 - 9:26

Alors là … même par petites touches, trente deux récits de pêche, j’admire ta persévérance !

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Electra septembre 4, 2017 - 9:42

J’ai pris tout mon temps, je devais le lire en LC avec Hélène il y a déjà plusieurs mois. J’ai lu au fil de l’eau et je le conseille sinon on a une impression de répétition 😉

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Hélène septembre 4, 2017 - 10:51

Je me souviens d’une lecture laborieuse, je l’avoue… http://www.lecturissime.com/search/long%20silence/

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Electra septembre 4, 2017 - 12:33

Oui ! À petite dose

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Jerome septembre 4, 2017 - 12:15

Je ne suis pas assez spécialiste de la pêche pour succomber à ce titre.

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Electra septembre 4, 2017 - 12:34

Tu es spécialiste mais dans d’autres domaines

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chinouk septembre 4, 2017 - 1:21

Pas sûr de le lire celui-là. Non en fait je passerai mon chemin, je me pencherai plutôt sur le traité zen… Par contre il va vraiment falloir que je me décide à sortir un McGuane de ma PàL !!

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Electra septembre 4, 2017 - 3:05

Pareil, il me faut un roman ou des nouvelles de McGuane, enfin j’ai de quoi faire à la maison, mais comme toi, je traine ….

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Laeti septembre 4, 2017 - 1:51

Pour une fois, un Gallmeister qui ne me fait pas de l’œil! Et c’est rare 🙂

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Electra septembre 4, 2017 - 3:06

Oui, je connais aussi ce phénomène – enfin très rarement ! On peut les compter sur les doigts de la main, sinon hors sujet, mais suite à l’adaptation ciné de Sofia Coppola, Rivages ressort le livre éponyme Les Proies…

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Sonia septembre 5, 2017 - 6:59

Il ne sera pas pour moi celui-ci 🙂 j’ai presque envie de dire « tant mieux » en ces temps de sollicitation intense…

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Electra septembre 5, 2017 - 9:06

Je te comprends ! Pareil chez moi

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Edwige Mingh septembre 6, 2017 - 2:54

Au sujet du film de Sofia Coppola, je me souviens d’avoir vu au moins deux fois l’original avec Clint Eastwood et j’avais bien aimé … Le bouquin de McGuane ne sera pas ma priorité, c’est rare pour un Gallmeister !

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Electra septembre 6, 2017 - 2:57

Jamais vu ce film avec Clint. Je ne lis pas tous les Gallmeister mais c’est chose rare j’avoue !

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