Parmi les miens ∴ Charlotte Pons

août 23, 2017
Parmi les miens ∴ Charlotte Pons

Premier billet lié au Prix Roman de la FNAC (mais dans les faits ttroisième lecture),  j’avoue que j’hésitais un peu à me lancer mais la quatrième de couverture (ici fournie) m’avait déjà donné envie. Il s’agit d’un premier roman signé Charlotte Pons et mon premier coup de cœur de cette sélection !

Pourtant l’histoire est dramatique, mais le roman est si bien écrit et l’histoire si touchante que je l’ai dévoré d’une traite, un dimanche après-midi. Manon a 37 ans, jeune maman d’un petit Tom, âgé de 8 mois, elle cache à son entourage son incapacité à aimer son enfant, une forme de dépression post-natale. Elle l’aime son fils, l’a désiré mais n’arrive pas à communiquer avec lui et son travail lui manque.

C’est alors que sa sa petite sœur, Adèle, l’appelle en urgence : leur mère, Elsa, 63 ans, a eu un grave accident de voiture. A l’arrivée à l’hôpital, les médecins sont très pessimistes – son cerveau est en état d’activité minimale. Plongée dans le coma, elle est proche de la mort cérébrale. Manon y retrouve sa famille : son père, un médecin peu expressif, sa sœur Adèle dont elle fut proche par le passé mais qu’elle ne voit pratiquement plus et son frère Gabriel (35 ans), qu’elle aime énormément mais qui souffre d’une maladie mentale.

Contrairement aux autres, Manon a peu d’espoir – elle ne peut s’empêcher de souhaiter la mort de sa mère. Celle-ci avait exprimé à plusieurs fois son souhait de ne pas être maintenue en vie, branchée à des machines. Mais Adèle et Gabriel l’accusent de vouloir « tuer » leur mère et les relations se dégradent rapidement au sein de la fratrie. A tel point que Gabriel et Manon en viennent aux mains. Le père doit intervenir et organiser des jours de visites afin qu’ils ne se croisent pas. Manon en profite pour s’installer chez son père, et laisser son mari gérer leur fils de huit mois. Le temps passe et l’état de leur mère se dégrade. Au point que l’hôpital ne veut plus d’elle. Contre toute attente, le père de Manon décide de la ramener à la maison.

Manon doit jongler entre sa vie personnelle, sa vie professionnelle qu’elle a mis entre parenthèses, son frère et sa sœur dont les rapports sont très tendus et ce père qu’elle aime mais qui reste une énigme. Dans la famille, on ne se dit jamais « je t’aime », on ne se touche pas. Jamais d’embrassades. Et qui est Elsa ? Cette mère dont finalement Manon ignore tout. Manon se confronte à cette femme qui ne l’a jamais aimée. Elle a toujours protégé Gabriel, bipolaire. Lors d’une crise, Gabriel a failli tuer sa sœur ainée à l’âge de 15 ans. Sujet tabou dans la famille.

Sa mère Elsa était norvégienne mais elle n’a rien transmis de ses origines, ni sa langue, ni sa culture. Enfant, Manon verra toutes ses questions restées sans réponse alors lorsqu’en voyant les papiers pour la prise en charge de sa mère, elle lit « de père inconnu » – les questions remontent à la surface ? Que fuyait Elsa ?

Un roman qui se lit comme une déclaration d’amour, d’un enfant à sa mère, à ses parents mais aussi d’une sœur envers son frère et sa sœur. Une famille loin d’être unie, où les silences sont nombreux mais qui, malgré les épreuves, saura enfin se regrouper pour faire front.

Un témoignage émouvant sur la perte de ses repères que sont nos parents. Un très beau texte que j’ai dévoré d’une traite. Un premier roman très maîtrisé. Une très belle surprise !

Le roman paraît en toute bonne librairie aujourd’hui.

♥♥♥♥

[highlight color= »color here »] Éditions Flammarion, 2017, 130 pages [/highlight]

17 commentaires
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17 commentaires

keisha août 23, 2017 - 8:48

Bien bien, sans urgence. J’ai actuellement assez à faire avec ma propre famille. ^_^

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Electra août 23, 2017 - 9:29

Oh désolée alors ! Mais oui, un très joli roman, très émouvant et bien écrit !

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athalie août 23, 2017 - 9:44

Le sujet est assez tristounet, et je suis dans des envies moins réalistes en ce moment, une grosse envie de grandes histoires … alors, je vais laisser de côté pour le moment, pour une sortie en poche, du coup, j’ai carrément le temps !

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Electra août 23, 2017 - 10:24

Oui, le sujet n’est pas vraiment gai mais il fait chaud au coeur. Mais je suis comme toi, je suis sensible à ce genre de choses.

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Jerome août 23, 2017 - 12:16

Très, très plombant tout ça ! Bon je dis ça mais je suis dans une lecture qui donne dans le même registre donc je comprends tout à fait que l’on puisse tomber sous le charme de romans infiniment tristes.

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Electra août 23, 2017 - 1:20

Oui, le sujet est grave mais d’actualité et surtout l’auteur a très bien traité les sentiments humains (ne dénigrant personne) – et comme toi, je te rejoins : on peut tomber sous le charme de romans très très tristes !

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Sonia août 23, 2017 - 12:30

Le genre de romans que j’aime, donc: des histoires de femmes, de la transmission, du secret… Je le note sur ma liste qui grandit chaque jour…!

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Electra août 23, 2017 - 1:19

Oui, il devrait te plaire et il est très beau en plus 😉
Pour la rentrée, oui le porte-monnaie va souffrir !

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Moka août 24, 2017 - 9:38

Il est sur ma PAL. Je repousse un peu sa lecture parmi toutes les lectures de rentrée mais j’aime l’idée de découvrir des premiers romans.

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Electra août 24, 2017 - 11:21

Bien ! Je pense que tu ne seras pas déçue. Un premier roman très prometteur 😉

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Marie-Claude août 24, 2017 - 3:56

Mon commentaire est disparu?

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Electra août 24, 2017 - 5:06

ben pas vu de commentaire de ta part !

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Marie-Claude août 25, 2017 - 6:44

Ben coudonc… Tout ça pour dire que Virginie l’a lu en Grèce. Elle me racontait au fur et à mesure!!! Elle m’a enlevé l’envie de le lire!

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Electra août 25, 2017 - 6:59

Nul car j’ai beaucoup aimé ! Il est très bien écrit et touchant. Et aborde des sujets d’actualité

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Virginie août 26, 2017 - 8:42

J’avais envie de le lire mais le côté un peu déprimant ne m’enchante pas ! Je me laisserai sans doute tenter quand même un de ces jours !

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Electra août 26, 2017 - 9:41

Oui Le sujet est grave mais ce n’est pas déprimant. Mais c’est vrai qu’il faut être d’humeur pour lire ce roman

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