Il pleuvait des oiseaux ∴ Jocelyne Saucier

Il me tardait de découvrir ce roman, offert par Marie-Claude, sachant que les critiques étaient plus que favorables. Une certaine appréhension comme il m’arrive parfois en abordant un livre si connu. La peur d’être déçue. Je crois qu’entendre tant de bien d’un livre (ou d’un film) peut finalement porter préjudice à l’oeuvre. Mais j’ai fermé les écoutilles et je me suis laissée entrainer dans l’Ontario, ses grandes forêts et ses grands feux. Des paysages que j’adore.

Et me voilà, assise, à tenter de rédiger un billet honnête – je crois qu’une anecdote va pouvoir résumer ma lecture. La semaine où je lisais ce livre, j’ai regardé une booktubeuse anglaise (Mercy) expliquer qu’elle savait s’il aimait un livre, tout simplement parce que les personnages lui manquaient, mais surtout qu’elle ne leur souhaitait que du bien – elle s’inquiétait de leur sort et avait hâte de les retrouver.

De mon côté ? Je ne me suis pas inquiétée une seconde du sort de ces personnages, je posais le livre et je l’oubliais. Il m’a fallu presqu’une semaine pour un livre de moins de 180 pages ! Et pourtant, j’étais confidente au départ : l’intrigue, les lieux, la grande histoire, ces hommes au fond des bois – tout me plaisait ! J’ai adoré les passages où l’auteur raconte ces grands incendies en Ontario qui ont tué des centaines de personnes, détruit des villes et hanté les mémoires pendant des décennies.

J’ai aimé partir à la rencontre de ces trois hommes, installés au fond des bois.

J’ai aimé découvrir Tom et Charlie, leur amitié et la perte brutale de leur ami Boychuck. Leur rapport à la vie, à la civilisation et à la mort. Mais cela n’a pas suffit à ce que je m’attache à ces personnages, en particulier celui de Marie-Desneige. 82 ans dont 66 ans, internée dans un asile. Pourquoi ? Sans doute parce que j’ai lu deux autres romans dont les personnages étaient également des femmes internées jeunes et oubliées de tous. Et ils étaient mille fois mieux traités. Ici, tout est miraculeux – elle sort, tombe amoureuse et semble ne souffrir d’aucune séquelle. Je n’ai pas cru à ce personnage, ni à la fin d’ailleurs. J’ai trouvé la fin particulièrement cruelle pour tout dire. Je ne l’ai pas trouvée belle. Je m’étais attachée à Tom et Charlie. J’ai trouvé leurs actes profondément égoïstes et à l’opposé de leur mode de vie depuis près de quarante ans. Oh la fin est forte et intelligemment pensée, je ne l’ai pas aimée, c’est tout.

En rédigeant cette chronique, je réalise que j’aurais préféré que le livre se consacre sur ces trois hommes, Boychuck, si mystérieux mais aussi Tom et Charlie, leurs parcours – ce qui les avaient mené à partir vivre au fonds des bois. Leur acclimatation, les années qui passent, la maladie, la solitude – leur mode de survie. Tout cet aspect-là était passionnant mais pas assez développé. L’arrivée de ces deux femmes m’a paru, au final, inopportune.

Je retiens donc l’histoire de ces grands feux, de ce monde qui disparaît sous les flammes, de ces jeunes femmes qui se sauvent en fabricant un radeau de fortune. De Tom et de Charlie.  Je garde ces images en tête.  Je sais que beaucoup d’entre vous ont adoré ce livre, dont le titre est très fort, aussi j’aimerais vous entendre.

♥♥♥♥♥

Editions XYZ, 2011, 181 pages