La madone de Notre-Dame

septembre 21, 2016
La madone de Notre-Dame

6ème lecture dans le cadre du challenge Polars de Points – me voici à Notre-Dame de Paris. Je ne connais pas l’auteur et j’ignorais quelles critiques avaient reçu ce livre avant sa sortie. Alexis Ragougneau a donc choisi l’un des lieux les plus emblématiques de la capitale pour situer son intrigue

Gargouille Notre-Dame de Paris - 1Au lendemain de la procession annuelle de l’Assomption, on découvre très tôt le matin, morte en position de prière, une très belle jeune femme, vêtue d’une robe blanche très courte. La fille a été étranglée et on a fait couler la cire d’un cierge sur ses parties intimes. L’enquête est confiée à la jeune procureure Claire Kauffmann et au commandant de police, Landard, un beauf groguenard notoire. La veille, lors de la procession, un jeune homme blond s’en était pris à la même jeune femme qui s’approchait trop près de la Vierge Marie en la frappant avec un crucifix. L’enquête semble donc désigner tout naturellement son agresseur mais le prête Kern, qui officie pendant l’été à la cathédrale, ne croit pas en sa culpabilité et va décider de mener sa propre enquête.

Que dire ? J’ai enchainé les 105 premières pages en m’ennuyant ferme (sur un total de 229 pages). Je trouvais les personnages cousus de fils blancs, assez caricaturaux (le flic avec ses blagues salasses, la procureur jeune et trop classique, le gosse illuminé pervers, etc.) et tout était prévisible.  Et puis bizarrement l’intrigue a changé de rythme, le prêtre Kern a entamé son enquête et j’ai enfin été prise au jeu !  J’ai été rassurée car, franchement, je pensais même parfois à abandonner ma lecture …

Si le roman ne manque pas d’écueils, dont ceux que je vous ai cités précédemment, et si la prose est assez simple, reste que la deuxième partie est donc nettement plus intéressante : l’homme d’église se mue en inspecteur et va partir à la rencontre du monde réel qu’il ne fréquente que trop peu. Ainsi devine-t-il rapidement les activités auxquelles la jeune femme participaient et va mettre ici sa foi et vertu en jeu afin de découvrir la vérité – soutenu dans sa quête par la procureure qui va se mordre les doigts d’avoir fait confiance en son commandant de police.

La madone de notre DameLa lectrice que je suis a ainsi appris beaucoup de choses sur le petit monde eucharistique, qui  n’aime ni la publicité, ni l’attention – mais aussi sur les autres employés (à la maintenance, au ménage) qui gèrent ce lieu qui reçoit près de 50 000 visiteurs par jour. Il y aussi tous ceux qui fréquentent la cathédrale quotidiennement, des illuminés de Dieu qui vouent un culte à la Vierge Marie ou y viennent prier assidument. Il y a le clochard polonais qui a trouvé un soutien en la personne du prêtre Kern. La révélation du roman que ce petit homme affaibli par une grave maladie des os et qui a consacré sa vie à Dieu.

Sa maladie a provoqué chez lui un retard de croissance et lui fait subir régulièrement des crises très violentes où il peut perdre connaissance et où chaque geste est douloureux. L’homme cache sa détresse, excepté à un détenu de longue durée à qui il rend visite régulièrement. Car le prêtre cache une histoire personnelle douloureuse et la perte d’un frère ainé qui le hante toujours. L’enquête sur la mort de la jeune femme va le pousser à sortir de son exil ecclésiastique et à plonger dans le monde sulfureux de la nuit.

L’autre point positif pour moi : ce n’est pas un thriller mystique ou un roman ésotérique où le Diable et Dieu s’affrontent.  Genres auxquels je suis totalement imperméables.

En lisant après ma lecture, les critiques des médias – j’ai quand même été étonnée de la ferveur de certains journalistes, comme celui de l’Express, qui le compare à Vargas et parle de « grand spectacle ». Je me répète : j’ai trouvé les cent premières pages bavardes et l’intrigue très prévisible. Fort heureusement, la seconde partie sauve l’ensemble. Peut-on le dire ainsi, mais je pense que ce qui plaît autant dans ce polar, c’est la découverte de cet univers religieux et de tous ceux qui gravitent autour de ce lieu mythique.

Je lis sur Babélio qu’une suite est prévue, le prêtre Kern sera de retour. J’ai bien aimé le personnage et je ne dis pas, que si le romancier étoffe plus ses personnages, quitte encore plus les sentiers battus en terme de polar, je n’y retournerai pas !

♥♥♥♥♥♥

[highlight color= »color here »] Éditions Points, Policier, 229 pages [/highlight]

8 commentaires
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8 commentaires

keisha septembre 21, 2016 - 7:59

Mouais… Actuellement pas de de polars pour moi, donc…

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Electra septembre 21, 2016 - 9:42

Il a des qualités mais j’avoue que j’enchaine les lectures décevantes ou alors je ne suis pas faite pour les polars français

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Hélène septembre 21, 2016 - 8:23

Bon. AU moins c’est clair !

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Electra septembre 21, 2016 - 9:42

oui 🙂

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Jerome septembre 21, 2016 - 1:21

Le second est sorti et il a pour titre « Évangile pour un gueux ». Je le sais parce qu’il est arrivé un peu par hasard sur ma pal^^

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Electra septembre 21, 2016 - 3:35

tu as lu le premier ? je ne me souviens pas l’avoir vu par chez toi …
si tu ne l’as pas lu, tu vas pouvoir faire connaissance avec Wonder woman 😉

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virginie septembre 21, 2016 - 9:54

Pas super fan de cet auteur (j’ai lu 2 polars avec ces personnages que je trouve effectivement très caricaturaux), et étonnée aussi de l’enthousiasme démesuré !

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Electra septembre 21, 2016 - 10:31

Tu me rassures. J’ai l’impression de passer à côté.

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