Neverhome

novembre 24, 2015
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NeverhomeJ’avais repéré ce livre dans les 600 et quelques sorties de la rentrée littéraire. J’ai attendu que la frénésie retombe et je l’ai acheté. Je n’ai jamais lu d’œuvres de Laird Hunt. Mais l’histoire me tentait énormément.

Constance vit dans une ferme de l’Indiana avec son époux Bartholomew, son amour d’enfance. Lorsque la Guerre de Sécession éclate, Constance décide de prendre l’habit des soldats de l’Union pour aller se battre dans les rangs de nordistes, en lieu et place de son mari, qu’elle juge trop faible pour aller au combat.

La jeune femme prend le nom d’Ash Thomson et ment sur ses origines. Elle cache sous un bandeau sa poitrine et se rase le visage. Son caractère et sa force physique impressionnent ses compagnons d’arme. Très vite, elle se fait distinguer par ses talents de tireur et de combattante. Le Colonel la remarque. Mais c’est en allant porter aide à une civile blessée qu’Ash devient célèbre, elle est dorénavant Gallant Ash dont on chante les louanges dans les tranchées.

La Ballade de Gallant Ash ne sera pourtant pas de tout repos. Très vite la violence de la guerre la rattrape. Les camarades tombent les uns après les autres. Leurs corps sont déchiquetés ou laissés à pourrir à même le sol. Les soldats avancent, sans nourriture, sans soins. Lorsque que Constance se blesse et qu’on l’amène au seul hôpital de plein air, c’est une boucherie à ciel ouvert. On y ampute les soldats comme on coupe le bois. Sans anesthésie. La faucheuse ne cesse son travail.  La guerre nous apparait : violente, cruelle, absurde – Constance relit les lettres de Bartholomew, seul réconfort dans cette horreur.

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Le chaos est là – Constance est emprisonnée avec d’autres camarades. Elle réussit à s’enfuir, mais a perdu son bataillon. Arrêtée pour désertion, elle pourrit en prison où elle est régulièrement battue. Affamée, torturée, elle est finalement libérée. La jeune femme dont les illusions commencent à occulter la raison, décide de retourner chez elle, retrouver son amour. Mais le pays est en guerre, dévasté.  Pourtant elle se met en marche.

Le roman de Laird Hunt est magistral. Il vous livre ici sa vision de ce que la guerre peut faire aux hommes. Sa férocité, son travail de déshumanisation. Un monde plongé dans le chaos où les combattants et les civils perdent pied et son prêts à tout, même au pire.

Constance n’en mène pas large, entre les illusions, les cauchemars et la réalité – elle est perdue, confuse. Désenchantée. Elle frôle la mort et lorsqu’elle est sauvée par une autre femme, c’est pour retomber dans un nouveau piège. Sa seule lueur d’espoir est sa ferme qui l’attend en Indiana, et son Bartholomew. Mais la route sera longue et imprévisible. Tout le talent de Laird Hunt s’exprime : la guerre ne s’arrête pas avec les combats. Elle vous poursuit, tel un virus qui s’installe dans votre chair qui ne cesse de se manifester et de vous dévorer de l’intérieur.

Gallant Ash est un personnage ambivalent mais passionnant. Une femme plus forte physiquement que son époux, qui bat ses camarades au concours de bras de fer. Une femme faite d’acier trempé mais qui peu à peu va basculer de l’autre côté. Les fantômes ne sont jamais loin.

Laird Hunt, dans ses remerciements, cite le travail de photographe de Sally Mann, dont je vous livre ici deux œuvres et  la chanson de la poétesse Lorna Hunt, sorrow, sorrow » que je vous invite à écouter.

♥♥♥♥

[highlight color= »color here »] Actes Sud -trad. Anne-Laure Tissut, 261 pages [/highlight]

 

18 commentaires
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18 commentaires

Genevieve novembre 24, 2015 - 4:20

J’aime tellement ce genre de personnage! Moi, les femmes qui ne se laissent pas imposer des carcans ou des cadres j’aime ça. Je ne lis pas beaucoup de romans mettant des femmes en scène parce que leurs préoccupations me parlent rarement. Mais là c’est totalement autre chose. Je vais le lire c’est sûr!

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Electra novembre 24, 2015 - 7:41

Tu vas donc beaucoup aimer Gallant Ash ! Car elle impressionne, par son tempérament et par son amour pour son Bartholomew 😉
Bonne lecture !

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Kathel novembre 24, 2015 - 8:36

C’était une superbe lecture, voilà un livre que je vais avoir plaisir à garder !

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Electra novembre 24, 2015 - 10:09

oui moi aussi ! J’ai peu acheté à la rentrée (j’hésitais entre trop de livres) mais je ne regrette pas cet achat !

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Eva novembre 24, 2015 - 10:12

que ton billet donne envie! tout me plait : la Guerre de Sécession, cette femme forte déguisée en homme… vendu !:)

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Electra novembre 24, 2015 - 3:42

Ah oui, je pense qu’il te plaira !

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quaidesproses novembre 24, 2015 - 12:05

Très bel article. Le livre en lui même je ne suis pas certaine qu’il soit « fait » pour moi, même si j’aime, à première vue, beaucoup le personnage. Mais surtout, parlons de ces photos ? Merci de nous les avoir publié, elles sont… je ne sais pas, incroyables ! La première surtout…

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Electra novembre 24, 2015 - 3:43

Oui, une photographe de talent ! Moi aussi, je suis restée scotchée ! et j’aime bien que l’auteur nous livre ainsi ses inspirations !
Son livre de photos sur la famille (souvent des familles pauvres du Sud des USA) est aussi impressionnant. Je l’ai commandé au Père Noël 🙂

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quaidesproses novembre 25, 2015 - 2:03

Ah ! J’espère que le père Noël te l’apportera 😉
Tu penses que tu nous feras un article nous le montrant ?

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Electra novembre 26, 2015 - 7:21

Oui si je le reçois, pas de souci ! 🙂

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Jerome novembre 24, 2015 - 1:58

J’avais adoré son premier roman, très particulier mais d’une grande force. Celui-ci est sur mes étagères depuis peu et je compte bien m’y plonger très bientôt.

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Electra novembre 24, 2015 - 3:44

Il vient d’obtenir le Prix du meilleur roman américain si je ne me trompe. J’aime bien l’angle qu’il prend pour raconter ses histoires.

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keisha novembre 24, 2015 - 3:37

J’ai bien envie, mais… ce n’est pas trop terrible comme histoire?

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Electra novembre 24, 2015 - 3:45

Grâce à toi, je rigole toute seule devant mon écran – eh bien, disons que la Guerre de Sécession ne fut pas une partie de plaisir donc non ce n’est pas très drôle, mais le roman possède un souffle et un lyrisme, Gallant Ash est une héroïne d’une tragédie moderne (ah tu m’inspires…) mais non pas de scènes drôles ma chère !

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Marie-Claude novembre 25, 2015 - 2:55

Magnifique billet, une fois de plus.
J’avais repéré ce titre. Tu connais ma grande affection pour ce genre d’histoire.
Plus d’hésitation. Tu viens d’enfoncer le clou! Merci!
J’ignore pourquoi, j’avais l’impression qu’il était plus volumineux. Mais ce n’est pas pour me déplaire par les temps qui courent.

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Electra novembre 25, 2015 - 9:18

Merci ! le tien sur Boyden est superbe !
Oui, moi aussi j’ai cru qu’il serait plus volumineux mais non et il est parfait, pas de longueurs.
J’abandonne ma lecture en cours, je n’ai pas accroché !

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luocine novembre 25, 2015 - 11:57

zut de zut encore une tentation, bien agréable mais un peu terrible aussi ! je ne crois pas que je vais résister longtemps

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Electra novembre 25, 2015 - 7:37

Désolée ! Je parle peu des livres de la rentrée littéraire mais celui-ci 😉

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