Le complexe d’Eden Bellwether

février 17, 2015
Le complexe d’Eden Bellwether
Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée du campus, Oscar, [20 ans, aide-soignant dans une maison de retraite], est attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant de la chapelle de King’s College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique…
En lisant la présentation de l’éditeur, le mystère demeure. Aussi avais-je hâte de me lancer dans la lecture de ce roman. J’avais beaucoup entendu parler du premier roman signé Benjamin Wood, jeune auteur britannique.  Et c’est via mon inscription au challenge Prix des Lecteurs Nantais que le livre est arrivé dans ma boîte aux lettres.

Ce livre a reçu le prix du meilleur roman décerné par la FNAC en 2014 et j’avais lu ci et là des critiques enthousiastes. Il m’est difficile aujourd’hui d’écrire un billet qui explique « le pourquoi du comment » : ou comment exprimer mon fort désappointement. Sans doute en détaillant les points positifs et les poins faibles ? 

Les points positifs 

–  Un décor sublime : Cambridge.
– Une idée de départ très prometteuse avec des thèmes multiples : jeunesse / vieillesse, richesse / pauvreté, libre arbitre /  manipulation, etc.
– Une question passionnante : peut-on vraiment aider à guérir des personnes souffrantes (mais de maladie grave) à travers la musique et l’hypnose ? 
– Un monde encore inconnu pour moi : celui de la musique baroque 
– Un peu de psychologie (personnalité narcissique, manipulation, folie, dépression).
– Un très joli mot : petrichor

– Un personnage principal intéressant, Oscar. 
– Un livre assez bon page-turner.

Au final, Benjamin Wood m’a offert une centaine de pages assez prenantes, d’abord à travers la relation d’Oscar et de M.Paulsen et son coupe de foudre pour Iggy. J’avoue, j’ai avalé des dizaines de pages (au milieu du livre), et j’en étais ravie. Comme la partie du livre où Oscar découvre les écrits et articles de l’ami de M.Paulsen. Le livre est donc prometteur.

Les points faibles

– Imaginez-donc : un campus, un petit groupe élitiste d’étudiants en musicologie, un couple frère-soeur extrêmement proche, un jeune homme issu du monde prolétaire qui pénètre ce cercle …
Ça ne sent pas le déjà vu ? Ou enfin ici, une forte impression de « déjà lu » ? Pour moi, si. Énormément, j’ai même failli abandonner la lecture de ce livre … vous y êtes ? Oui, j’ai tout de suite fait le lien avec Le maître des Illusions de Donna Tartt et j’avais beau lire et lire, tout me revenait. Une sensation de copier-coller qui m’a, j’avoue, vraiment rebuté. J’ai reposé le livre. (Fort heureusement, l’histoire d’Oscar prend une tournure différente au bout d’une soixantaine de pages).

– L’histoire est très prometteuse : un jeune homme surdoué en musique mais profondément narcissique et prétentieux croit posséder un don via la musique et l’hypnose pour guérir les gens. Souffrant de troubles plus sévères, il perd bientôt pied et plonge dans la folie…. et la deuxième partie du livre s’effondre. Comme un château de cartes. Une promesse non tenue pour le lecteur. 

– Les thèmes abordés, passionnants sont abandonnés ou non exploités par le romancier. 
– Une fin escamotée. Tronquée. Surfaite.
Les personnages :

  • Oscar, le personnage principal, défend bien son boulot d’aide-soignant face à ces gosses de riches, étudiants huppés et privilégiés mais il finira par les imiter. Une nouvelle fois, on compare les pauvres et les riches et ici les riches sont décrit de manière caricaturale ainsi Iggy et Eddie sont gâtés et trop protégés. Yin et Marcus sont à peine esquissés. Les parents forcément absents, etc.
  • Eden Bellewether est tout simplement insupportable. Je n’ai éprouvé aucune empathie, ni sympathie envers lui. Difficile dans ce cas de lui trouver un quelconque intérêt (même à travers sa maladie). Son personnage est une accumulation de poncifs et sa fin est trop prévisible.

   » -Tss. Ca leur est bien égal ce que je fais. Ils s’en battent l’œil. ll se remit debout en se cramponnant au lavabo, « Mais ça ne fait rien. Je vais construire mon orgue à moi. Et alors je pourrai tout faire, et tout le monde écoutera. »

Au final, je retiens qu’une partie du livre m’a vraiment plu, comme le postulat de départ mas que tout est malheureusement retombé à plat. Néanmoins, je trouve l’auteur plutôt doué et intéressant.

Editions Zulma, traduction Renaud Morin, 494 pages
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6 commentaires

OhOcéane février 18, 2015 - 7:05

Je trouve aussi que 'auteur est très prometteur, je pense avoir été moins déçue que toi, peut-être que je suis plus sensible à l'ambiance ? autant que je mette ça au clair dans un billet 🙂

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Electra février 18, 2015 - 9:36

Oui, j'attends de te lire. Comme je le disais, je trouvais l'histoire aussi prometteuse, mais pour moi tout est retombé à la fin. Même si j'ai dévoré une partie du livre et si je pense que cet auteur va encore nous surprendre à l'avenir 😉

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Hélène février 18, 2015 - 7:29

J'ai adoré, mais je n'ai pas lu le Donna Tartt, ceci explique peut-être cela 😉

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Electra février 18, 2015 - 7:31

Tant mieux pour toi ! J'ai beaucoup une bonne partie du livre et le style aussi.
Pour le Donna Tartt, ce n'est pas mon préféré mais cette ressemblance concerne le début du livre après c'est une toute autre histoire. Même si on retrouve toujours le principe d'un personnage "extérieur" à un cercle fermé d'érudits 😉

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quaidesproses mars 23, 2015 - 9:10

Malgré une chronique assez mitigée; je suis assez curieuse… certains thèmes abordés m’intéressent beaucoup.

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Electra mars 23, 2015 - 12:47

Fonce alors ! Ce livre a reçu beaucoup d'excellentes critiques – surtout si tu n'as pas lu le Donna Tartt avant, ce qui m'a vraiment gâché le plaisir.

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