Papillon blanc

octobre 28, 2014

J’étais curieuse de découvrir l’œuvre du romancier Walter Mosley, j’aime les polars et il était logique que je m’intéresse à l’un des rares auteurs noirs mettant en scène un détective privé du nom d‘Easy Rawlins dans le quartier chaud de Los Angeles, Watts, dans les années 50. Papillon Blanc est en fait le troisième volet consacré à ce héros peu recommandable, Ezechiel (Easy) Rawlins. Vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, il a réussi à amasser un bon paquet d’argent mais il s’en cache et vit modestement à Watts avec son épouse et ses deux enfants, lorsque la police (blanche) de Los Angeles vient le chercher à la suite de plusieurs meurtres de jeunes femmes, atrocement mutilées.


Ici le lecteur est transposé dans l’Amérique blanche et ségrégationniste des années 50, après guerre – si nous ne sommes pas dans le Sud, le racisme est néanmoins prégnant et les deux mondes cohabitent difficilement. L’assassinat rapproché de trois femmes noires de petites mœurs n’intéresse pas la police, jusqu’à ce que la 4ème victime soit une jeune femme blanche de bonne famille. Easy Rawlins accepte à contrecœur d’apporter son aide. En effet, il est le seul à pouvoir enquêter dans la banlieue noire, auprès de ses amis (tous ex taulards ou escrocs) et de ses ennemis afin de mettre la main sur ce tueur en série. Mais son enquête ne va se dérouler comme prévue, car la corruption règne et à l’époque, pots de vin et flics ripoux sont monnaie courante.

Parallèlement, Easy Rawlins doit règler des problèmes personnels, son mariage battant de l’aile (sa femme se doutant qu’il lui cache plein de choses),  tout en subissant des pressions de la part d’hommes d’affaire (louches) miroitant ses propriétés le long d’une autoroute. De plus, il doit gérer son fils adoptif, un petit mexicain, Jésus, qui ne parle pas. Bref, Easy flirte toujours avec les embrouilles. 

Que dire ? Sinon que j’ai lu le livre en moins d’une journée. Il est court, c’est vrai (296 pages) mais surtout il se lit avec facilité. Le héros a pris les traits dans ma tête de Denzel Washington, car je me suis souvenue qu’il avait interprété ce personnage dans l’adaptation cinématographique de Devil in a blue dress (le premier roman mettant en scène le détective privé) en 1995.  

J’ai bien aimé ce roman car le Los Angeles des années 50 était un Los Angeles totalement différent, et puis le lecteur est transposé dans la vie d’un homme noir qui doit sans cesse composer avec le racisme ambiant, ce qui apporte une vision bien plus intéressante de cette période. Sachez néanmoins que le héros est loin d’être parfait, il ment, boit plus que de raison et a des mauvaises fréquentations mais il aime son fils adoptif et la fin m’a beaucoup touchée.

J’avais vu dans la boutique de livres d’occasion un autre de ses romans, je pense que je vais aller me le procurer. 

En 2014, Walter Mosley a publié une nouvelle histoire mettant en scène son personnage fétiche, la treizième à vrai dire mais seules 8 ont été traduites et publiées en France par Albin Michel puis le Seuil.

L’écrivain américain est prolixe, il a déjà publié une vingtaine d’ouvrages dont des essais et de la science fiction. Ses ouvrages sont traduits en plus de 21 langues. Bill Clinton lui a fait accéder à la notoriété en le désignant comme un de ses auteurs de polars préférés en 1992.

A découvrir ! 


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