L’heure des loups

août 16, 2013

J’avais, je crois, mentionné la difficulté pour moi de terminer la lecture d’un livre. J’ai finalement réussi à avoir la bête ! Ce fut épique. J’ai emprunté L’heure des loups de Shane Stevens avant mon départ en vacances, ayant l’assurance d’avoir jusqu’au 20 août pour le lire. A mon retour, j’ai commencé à le transporter avec moi, dans un sac particulier, la bête de 524 pages pesant pas moins de x grammes. Et ne rentrant pas dans mon sac à main estival (sac à main de petite taille)


J’aime les romans, encore plus lorsqu’ils y mêlent l’histoire, celle avec un grand H. Et spécialement celle du XXème Siècle. Aussi, il était difficile de résister à un roman, situé en 1975, mêlant anciens officiers SS, dont Dieter Bock, l’ennemi juré de César Dreyfus, inspecteur français juif figure du Quai des Orfèvres, les services secrets français, israéliens, ouest et est allemands. 

J’ai compris, un peu tardivement, que ce livre exigeait de la concentration, de la patience, du dévouement.
 

Ma lecture « estivale » ne convenait pas. Autre point négatif (avant les bons points), c’est sa construction, et je me pose la question de la traduction. Je lis rarement des livres écrits par des auteurs anglophones en français. Et là, je dois avouer que la traduction m’a légèrement embêtée. Avec le recul, je pense aussi que le style de l’auteur me pose aussi un souci. Ses phrases sont parfois comme « hachées » et j’avais du mal à jongler entre tous les personnages.

Voilà, mais je dois aussi contrebalancer ces impressions mitigées par la minutie avec laquelle l’auteur américain a travaillé son roman, ses personnages, l’histoire, la vie à Paris en 1975. Tout y est. Et moi qui suis passionnée par la 2ème guerre mondiale et la période après-guerre, j’y ai trouvé mon bonheur. Et tout ce qui tourne autour de l’espionnage, j’ai été surprise de découvre qu’un nombre incalculables de SS avaient ensuite fait carrière dans l’espionnage, aussi bien pour les deux Allemagne que pour la France. Pour les amoureux de Paris (une pensée pour Lorent Deutsch), tout y est – Stevens décrit avec minutie les bâtiments, leur histoire. J’ai cru deviné chez l’auteur de l’amour pour l’Europe, son histoire, pour la France, Paris, la Révolution, les grands hommes.

Les attentats des JO de Münich

Autre bémol pour moi, cet ouvrage qui se veut aussi un roman d’action voit son intrigue polluée avec avec les nombreuses interrogations du personnage principal (l’inspecteur Dreyfus). Et le caractère même du personnage principal me pose encore question, si l’auteur voulait faire de lui un personnage complexe, il a pour moi malheureusement plus flirté avec la caricature. Hanté par la mort brutale de ses parents dans un camp de concentration, l’inspecteur Dreyfus (de la même famille qu’Albert Dreyfus) transforme sa chasse à l’homme en vengeance personnelle.


Comme je le disais précédemment, je cherchais sans doute une lecture légère et je me suis trompée dans mon choix. Je ne regrette pas, car si j’ai mis de côté ce livre pendant une semaine (au profit de l’Idiot de Dostoievski, un de mes livres chouchous), j’ai été heureuse hier de le retrouver et de lire les 150 dernières pages d’une traite. Et je me dois d’être honnête, mon ras-le-bol de transporter ce pavé dans les transports en commun aura eu raison de mes hésitations : j’ai enfin acheté une liseuse (article à venir). 

Et puis, chose troublante, l’auteur américain a écrit ce roman en 1985, en a écrit deux autres sous un pseudonyme en 1986 et 1987 puis s’est volatilisé. L’heure des loups était son sixième et dernier roman publié sous son nom (en anglais : the Anvil chorus). Adoubé par Stephen King pour un autre de ses romans By reason of insanity (Au-delà du mal), l’auteur a disparu de la surface de la terre. 
Si vous aimez l’espionnage, et l’histoire européenne, vous ne pourrez qu’être comblé par ce roman. Si vous cherchez une lecture « facile », passez votre chemin ! 

Mon avis : 3/5

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