Le sabot du Diable

août 1, 2013

Troisième roman de Kem Nunn, Le Sabot du Diable prouve une nouvelle fois le talent du romancier californien et son obsession pour le surf et les légendes. Ici, le lecteur est entrainé à la recherche de la vague mythique, le dernier spot secret caché en Californie, de surcroît en territoire indien et donc farouchement protégé. 

Kem Nunn aime ses personnages, la plupart ont connu la gloire jadis (comme dans la Reine de Pomona ou Tijuana Straits) et tentent aujourd’hui de trouver un sens à leur vie. Jake Fletcher n’y échappe pas, photographe vedette de surfers (les meilleurs photos se font à même sur une planche de surf), le photographe dorénavant drogué aux petites pillules se voit offrir un contrat en or : rejoindre une star mythique du surf, Drew Harmon, dans une réserve indienne au nord de la Californie pour immortaliser la star surfant la plus belle vague.
Évidemment, rien ne va se passer comme prévu. Les surfers et le photographe vont très vite se mettre à dos les habitants de la réserve, et leur voyage initiatique va prendre la tournure d’une chasse à l’homme. Mais la vague ultime est là, et c’est toujours avec un lyrisme éblouissant que l’auteur pousse ses personnages à accomplir l’impossible, au péril de leurs propres vies. Kem Nunn aime les personnages déjantés, ces types dont  l’obsession (pour le surf, la drogue, la gloire) guide chacun de leurs pas. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces surfers qui ne vivent que pour la vague ultime, prêts à affronter des renégats indiens pour connaître cette ultime sensation. Tous courent après le rêve américain, mais aussi après, comme je l’ai déjà écrit, une forme de rédemption. Un dernier acte. Une sortie digne.
Décidément, Kem Nunn confirme qu’il est l’un de mes auteurs préférés, il incarne pour moi le romancier américain sous son meilleur jour, l’Amérique profonde, comme Bruce Springsteen l’est dans le domaine musical ou Johnny Cash. Un spécialiste du roman qu’il est difficile de cataloguer. Ici on le classe en « policier » alors qu’il n’y a pratiquement jamais d’enquête. Son style lyrique mais aussi profondément réaliste pourra plaire à ceux qui aiment les romanciers américains férus de nature (Jim Harrisson). Le lecteur s’attache facilement à ses personnages (mon préféré étant celui de Tijuana Straits, Sam Fahey et ici le jeune surfer qui a trouvé la foi).
J’avoue que le surf me fascine toujours, comment un homme peut communier avec la nature dans ce qu’elle offre de plus magique. C’est électrisant et fascinant. 
Je pique l’idée à d’autres blogs lecture, voici une citation : 

Parce que les surfeurs aimaient les histoires. Les grosses vagues et les hors-la-loi. Les excentriques qui avaient réussi, d’une manière quelconque, à vaincre le système, à rester au contact de la vie, alors que d’autres s’installaient à l’intérieur des terres et payaient des impôts.

Vous pouvez aussi lire mes billets sur Surf City et Tijuana Straits . Et j’ai aussi écrit dans un billet quelques lignes sur La Reine de Pomona (lu il y a longtemps). 

Mon verdict (complètement subjectif) :

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