Pixelmama

Dans mon rétroviseur

Déjà l’heure du troisième bilan trimestriel de l’année 2016 😉

Au total, j’ai lu 31 romans et 12 bande-dessinées au cours de l’été. Et quelle récolte !

11 énormes coups de coeur, mais contrairement au bilan précédent quelques déceptions et deux abandons (chose rare chez moi). Les déceptions sont principalement liées à des romans (sauf un) que je n’ai pas choisis. Je connais dorénavant nettement mieux mes goûts mais dans le cadre d’un challenge, on doit aussi accepter les règles du jeu 🙂

Mais le résultat est largement positif puisqu’une vingtaine de lectures ont été très satisfaisantes.  Lesquels retenir ? Forcément Dodgers qui m’aura marqué à un point auquel je ne m’attendais pas, pour Yaak Valley, Montana, mon instinct me disait qu’il serait un des succès de la rentrée ! Retrouver encore une fois Kent Haruf avec Souls at Night (Nos âmes la nuit) forcément beaucoup d’émotion. Enfin, des découvertes d’auteurs passionnantes comme Richard Wagemese et son sublime roman Les étoiles s’éteignent à l’aube, Emily Saint-John Mandell et Station Eleven (autre incontournable de la rentrée) et puis la découverte d’auteurs dont j’ai hâte de vous parler après avoir dévoré leurs romans.

Ainsi, Alex Taylor et son premier roman Le Verger de Marbre, une claque littéraire et Stan Jones qui m’a de nouveau embarqué en Alaska avec plaisir avec son polar L’homme qui tue les gens. Enfin, un policier grec adorable !

Leurs billets seront bientôt publiés avec ceux dont vous allez voir les couvertures dans ce bilan. Enfin, j’y glisse aussi la relecture du recueil de nouvelles Nine Stories de J.D Salinger – mon auteur préféré. Une lecture très spéciale puisque j’ai trouvé le livre (une très vielle édition) dans l’appartement que nous avons loué à Montréal cet été. Retrouver Seymour et sa famille, quelle émotion !

Salinger Montréal

Mais sachez que j’ai mis ♥ à 2 reprises,  à 3 reprises,   à 7 reprises,  ♥♥♥♥  à 5 reprises et   à 11 reprises !

Je partage ici mes plus gros coups de coeur (5 )  et quelques repêchés des 4 (♥) !

iMG THE ARCHIVISTS

Instagram pic et pic et colegram

La suite !  Il y a un an, je partageais avec vous 15 comptes Instagram consacrés aux livres que je suivais. Depuis, le nombre de mes abonnements a quadruplé. Les amoureux des livres n’hésitent plus à partager leur passion sur ce réseau et j’en suis ravie 🙂

Je vous présente ici 21 autres comptes dont je suis abonnée – j’aime leur diversité avec une passion commune : la lecture. Ils viennent du monde entier. Je ne les ai pas classés, il n’y a pas d’ordre – c’est juste en fonction du montage photo 😉

En cliquant sur la photo ou sur le nom, vous arriverez sur leurs comptes directement si vous souhaitez partir en promenade…..

Librairie_la_suite

Je suis tombée par hasard sur son compte – librairie & salon de thé – un pur bonheur (car elle propose aussi du café ! sinon c’était niet).  C’est en préparant ce billet que j’ai découvert où elle se cache : à Versailles.

Librairie_la_suite

Bookishmaug

Une gamine australienne de 16 ans et déjà passionnée de livres et de jazz ! N’est-ce pas une combinaison parfaite ?

Bookismaug

Literaryjourney

Prénommée Micol, cette américaine est passionnée de livres. Elle a d’ailleurs récemment rencontré une autre amoureuse des livres – elles se sont connues via les réseaux. Forcément, je pense immédiatement à Marie-Claude et moi !

LiteraryJourney

Pages & Paper

Un compte que j’ai découvert la semaine dernière – un gros coup de coeur pour cette passionnée de livres, propriétaire d’un chat, d’un chien (2 points communs) et .. d’un serpent ! J’adore la scénographie de ses photos.

Pages and Paper

Hop sous la couette

Je suis fière de pouvoir le dire : j’étais là quand elle a créé son compte Instagram ! et en l’espace de deux mois, elle a déjà tout d’une grande ! Le compte de ma copine pure laine <3

HopSousLaCouette

Readingdiary

Sarah de Chicago se cache derrière ce compte. Je suis naturellement souvent plus attirée par les comptes épurés mais j’adore la manière dont elle joue avec les couleurs et puis ainsi je repère plein de livres américains (et leurs couvertures).

Readingdiary

Deckledpages

Et hop ! Je vous le prouve : ici tout l’inverse, avec le compte très épuré de Danielle, 21 ans et un sens déjà aiguisé de la photographie. Australienne.  J’aime aussi la simplicité de son blog.

Deckledpages

La Rousse Bouquine

Solène, 21 ans et passionnée de livres – en découvrant son blog, j’ai trouvé son compte IG (ou l’inverse?). Comme pour Fanny, j’ai reconnu pas mal de livres en commun en allant me balader sur mon blog – ça fait toujours un drôle d’effet d’avoir l’impression de rentrer chez soi ! Puis avec le temps, on réalise que non – on n’a pas tout à fait les mêmes goûts et que c’est mieux ainsi !

larousse.bouquine

Pages versicolores

Fanny – pareil ! Une impression intense de déjà vu en découvrant son blog. Et depuis, on se quitte plus ! Je lui file plein d’envies et elle me rend la pareille 😉

pages_versicolores

Booknaticos10

Fernando – un homme et Mexicain de surcroit ! Il aime les livres et les librairies et voyage dans le monde entier. Bref, si vous voulez vous évader, suivez le sombrero !

Booknaticos10

Evalitteraire

J’ai l’impression de connaître déjà Eva – cela fait longtemps que je suis son blog et aujourd’hui son IG. J’aime beaucoup son ton univers, tu le sais ! Et on partage pas mal de goûts littéraires en commun. Résultat : Eva est responsable de l’allongement de ma PàL. Elle le sait ! Et le plus sur son blog : elle partage aussi ses visites d’expo sur Paris ou la région parisienne – je vis par procuration !

evalitteraire

Et si on bouquinait

C’est un couple qui se cache derrière ce compte – tous deux passionnés de livres et qui offre au passage de jolies photos en pleine nature. Détente immédiate assurée en leur compagnie.

et_si_on_bouquinait

Coffeeandbookss

J’ignore le nom de celle qui se cacher derrière ce compte IG, sinon qu’elle est Américaine, originaire de Sacramento en Californie. Elle m’a séduite rien que par son nom : café et livres ! Ne buvant pas de thé, elle ne pouvait que me plaire (sauf qu’elle aime les Latte, erreur pardonnée)

coffeeandbookss

Northernreader

Marte a 20 ans et est Norvégienne. Un compte aéré, aérien et voluptueux comme je les aime. Je ne parle pas sa langue et quel dommage car certains de ses livres me tentent énormément (elle lit aussi en anglais).

northernreader

Ivredelivres

Une personnalité sur IG (un nombre d’abonnés impressionnant) – je découvre aujourd’hui qu’elle a un blog (parfois je ne me rends pas compte) – elle lit un grand nombre de livres, des genres différents. Elle me donne des idées et me rassure sur ma santé mentale quand je vois tous ses achats de bouquins 🙂

ivre_de_livres

Abookisalwaysagoodidea

Un autre compte IG que je suis avec plaisir – je n’étais encore jamais allée sur son blog – quel dommage, elle y glisse de très jolies citations. Erreur réparée. Oh, son nom ne le dit pas mais elle est française, ou du moins francophone. Et sa particularité ? Elle ose le faire : elle stabylote ses passages préférés !

abookisalwaysagoodidea

Hajaread

Je suivais son blog qui a fermé, puis elle a réapparu sur un autre réseau et enfin la voici sur IG ! Si je ne me trompe pas, Hajar vit au Maroc, à Rabat et j’adore son enthousiasme et sa bibliothèque 🙂

Hajarread

Bondimanche_

Janet n’est pas française – elle est Canadienne et vit à Toronto. Elle lit beaucoup et des gros pavés, genre Ulysse ou David Foster Wallace. Oui, rien que ça. Et elle est très jolie en plus.

bondimanche

Halfdesertedstreets

Danielle aime les livres et vit dans le Queensland en Australie. Encore une Aussie ! Mais elle a bon goût et je ne lasse pas des couvertures de livres anglophones.

halfdestertedstreets

Cachou_1

J’ai longtemps été une fidèle du blog de Sophie  – elle publiait de longues chroniques sur les livres et les films (ces derniers portant souvent à débat) et puis un jour, un burn-out ? Elle a eu besoin de respirer. Elle est revenue sur Tumblr en écrivant des chroniques de manière originale et enfin sur IG.  On a des goûts assez différents mais j’aime bien découvrir cet univers parallèle ! Un point commun : alléger nos étagères ! Moi en février (plus de 100 livres).

cachou_1

Enfin, en dernier, un compte IG un peu à part …. mais il y a des livres !

Booksandpops

Cinda collectionne les petites figurines Funko Pops et adore lire – elle est obsédée par Alice au Pays des Merveilles. J’aime l’association entre les figurine et les livres. Elle aime aussi les chats, et mine de rien, compte plus de 5000 abonnés !

booksandpops

Voilà, il en existe bien d’autres ! D’ailleurs, je suis toujours preneuse de bons tuyaux ….

J’espère que je ne vous ai pas oublié, si c’est le cas, n’hésitez pas dans vos commentaires à me donner le nom de votre compte IG 😉

Quintana 8yold

Le bleu de la nuit

Le bleu de la nuitEn allant à la BM, je suis tombée par hasard sur ce livre, placé en évidence dans les coups de cœurs des bibliothécaires.  Impossible de le laisser passer, même s’il ne fait pas partie de mon programme de lecture. Après avoir été très émue à la lecture de L’Année de la pensée magique où l’écrivaine américaine dressait un vibrant hommage à l’homme de sa vie, disparu brutalement, Joan Didion, écrit, dans le Bleu de la Nuit, une autre oraison : cette fois-ci à leur fille unique, décédée quelques semaines à peine avant la parution de la Pensée magique.

La vie, si généreuse avec Joan en lui offrant un époux formidable pendant presque quarante années, et une fille adoptive, Quintana Roo, lui a tout repris en moins de dix-huit mois. Comme pour son époux, Joan Didion refuse de se laisser abattre, et son arme de bataille, c’est la plume. Une nouvelle fois, elle fait mouche – sa puissance est telle que vous ne pouvez pas lâcher le livre. J’aime particulièrement son style, Joan Didion a une écriture ciselée, précise et directe. Elle peut dérouter le lecteur par sa franchise. Elle livre au lecteur ses réflexions personnelles, avec en filigrane, son incapacité à dire au revoir à son enfant. Lumineuse face aux ténèbres, Joan Didion nous fait voyager dans sa vie : l’arrivée de ce bébé, cadeau du ciel, ses réflexions face à la maternité – ses questionnements – Quintana avait elle-même un comportement étrange. Ainsi, à l’âge de 5 ans, elle avait appelé un hôpital psychiatrique pour savoir si elle pouvait y être acceptée au cas où elle perdrait la tête. Une enfant créative, sensible et qui avait une peur tragique de l’abandon. Diagnostiquée maniaco-dépressive (à l’époque) son adolescence est compliquée. Mais à 39 ans, la jeune femme semble avoir trouvé le bonheur en épousant l’homme de sa vie.

Joan Didion revient sans cesse sur ce mariage, cette journée splendide à New-York, les fleurs qu’elle portait dans les cheveux, son sourire, sa joie de vivre, et ses deux paons qui les attendent à l’entrée de l’édifice. A cet instant-là, on leur souhaitait le bonheur et de nombreux enfants – Didion le dit : on prenait ce bonheur pour argent comptant. Son époux allait décéder la même année et Quintana perdra son combat face à une maladie insidieuse. Quintana Roo transpire à travers les mots de sa mère, une femme qui semblait être dotée de mille talents. Photographe professionnelle, elle avait été retrouvée par sa famille biologique mais avait choisi, à la fin de sa vie, de se recentrer sur « ses vrais parents » Joan et John.

Les tropiques n’étaient pas exotiques, ils étaient simplement démodés.

Q 68Mais Joan Didion ne tombe jamais dans le mélo, bien au contraire. Elle s’interroge : sur elle, en tant que mère, sur la vieillesse – la maladie – car depuis la perte de sa famille, Joan ne cesse de tomber, de se blesser et est sujette à des crises d’angoisse. Mais Joan reste debout, elle est fière et refuse de se laisser aller, aussi plonge-t-elle dans le travail avec avidité. Jamais impudique, toujours incroyablement honnête envers elle-même (elle n’était pas une mère parfaite), jamais complaisante – elle reste cet être fragile (les médecins lui ont toujours reproché une maigreur sans voir la tonicité derrière) qui, même à 75 ans – continue d’avoir une foi dans l’être humain, dans son pouvoir de résilience, mais aussi dans la littérature. L’écriture sauve de tout.

Je ne veux plus de souvenirs de ce qui fut, de ce qui fut cassé, de ce qui fut perdu, de ce qui fut détruit.

Il fut un temps, pendant longtemps, de mon enfance jusqu’à tout récemment, où je pensais que si.

Un temps où je croyais pouvoir faire en sorte que les gens demeurent pleinement présents, les garder auprès de moi, en préservant leurs mémentos, leurs « choses », leurs totems. (..) En théorie, ces mémentos servent à raviver le moment. En réalité, ils ne servent qu’à mettre en évidence mon inaptitude à jouir du moment quand il était là.

J’ai beaucoup aimé son regard sur le temps qui passe et sur cette vie, d’abord ses années de bonheur sur la côte Ouest, à Los Angeles puis son arrivée à New-York où les jours bleus d’été viennent vous hanter. Joan Didion ne voyait pas le temps à Los Angeles, oh il y a des saisons, mais pas les mêmes : la saison des ouragans, la saison des incendies mais le temps se languit – la chaleur annihile le temps qui passe. A New-York, c’est l’inverse : la vie se meurt pour renaître et ses longues soirées d’été, où tout est bleu, lui deviennent très précieuses car elles disparaissent à l’automne.

Le temps passe.

Se peut-y que je n’y aie jamais cru ?

Ai-je cru que les nuits bleues pourraient durer à jamais ?

En vérité, je ne suis pas du tout ajustée à la vieillesse. En vérité, j’ai vécu toute ma vie à ce jour sans croire sérieusement que je vieillirais.

Si vous êtes curieux, et comme moi, un peu fasciné par cette grande dame, son neveu Griffin l’a mise en scène dans un petit film où elle déambule dans les rues de New-York en lisant quelques extraits de ce roman. La vidéo est visible sur youtube  et dure 9′.

Lors de l’enterrement de sa fille, Joan lit le poème de Wallace Stevens, Dominion of Black, magnifique, où il est question du cri des paons au crépuscule de la vie et celui de T.S Eliot, New Hampshire sur l’enfance et la vie trop vie disparue.

Pour finir en beauté, comme le fut la lecture de ce magnifique récit, voici l’un des poèmes rédigés par Quitana, enfant. Lisez Joan Didion !

Le Monde
Le monde n’a rien
Que le matin
Et la nuit
Il n’a ni
Jour ni repas
Ainsi ce monde
Est pauvre et désertée
C’est
Une espèce
D’île avec
Seulement trois
Maisons dessus
Dans ces
Familles se trouvent
2,1,2 personnes
Dans chaque maison
Ainsi 2,1,2 ne font
Que 5 personnes
sur cette
Ile

♥♥♥♥♥

Éditions Grasset, Blue Nights, trad. Pierre Demarty, 2013, 240 pages