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Meurtre en Mésopotamie

Quel plaisir de retrouver la plume d’Agatha Christie ! Je ne l’avais pas relue depuis mes années estudiantines ! Même si depuis, je suivais fidèlement l’adaptation télévisuelle de la série avec le grand David Suchet que j’ai plaisir à mettre en une de cet article. L’originalité de cette histoire est double : la narratrice est une jeune infirmière anglaise, Amy Leatheran, à qui l’on confie le soin de raconter le meurtre de Louise Leidner, l’épouse d’un archéologue, à Tell Yarimjah en Irak et le lieu du crime, qui selon, son organisation, semble rendre impossible l’intrusion d’un membre extérieur au sein de la mission.

meurtre-en-mesopotamieAmy Leatheran est engagée auprès d’une autre famille lorsqu’on lui demande d’aller rejoindre la mission archéologue afin de s’occuper de l’épouse du responsable de la mission, Louise Leidner – celle-ci est sujette à de véritables crises d’angoisse. A son arrivée, Amy fait connaissance des lieux et des scientifiques présents : un couple américain, deux archéologues américains, Richard Carey et Anna Johnson, qui travaillent de longue date avec Eric Leidner et trois jeunes archéologues, un anglais et deux américains, enfin un prêtre français. Chacun a son propre métier et ses compétences. Les fouilles semblent prometteuses et l’ambiance, plutôt scolaire. Louise Leidner, Amy le confirme est une femme d’une admirable beauté, et aimable. Mariée depuis deux ans à Eric Leidner, elle n’a aucune compétence scientifique mais fait de son mieux pour aider l’équipe dans ses recherches.  Au bout de quelques jours, elle finit par se confier à la jeune infirmière : elle est menacée depuis des années par le fantôme de son premier époux, dont elle a dénoncé les agissements (un espion à la solde de l’Allemagne), pendant la 1ère Guerre Mondiale. Celui-ci fut arrêté et condamné à mort mais il réussit à s’échapper. La police fut convaincue de son décès dans un accident de train deux ans plus tard. Mais Louise Leidner est persuadée qu’il est encore vivant, la preuve : les lettres de menace qu’elle reçoit régulièrement depuis plus de quinze ans, lorsqu’elle fréquente un autre homme. Après deux années sans missive menaçante, une nouvelle lui arrive – suivie d’apparitions menaçantes. Les autres membres mettent son anxiété sur un état mental instable et ne croit pas à ses « hallucinations ». Mais le lendemain, elle est retrouvée assassinée dans sa chambre.

Or, toutes les chambre sont des fenêtres munies de barreaux, et David Emmott, l’un des chercheurs était dans la cour l’après-midi, avec un jeune Arabe, occupé à laver les poteries. Et il n’a vu personne pénétrer depuis le porche et traverser la cour jusqu’à la chambre de Madame Leidner.

Le policier britannique décide de demander de l’aide à un enquêteur célèbre belge : Hercule Poirot. Amy Leatheran, la narratrice décrit ainsi notre héros adoré :

La première fois que j’ai vu Hercule Poirot, ça, il n’y a pas de doute, je ne suis pas près de l’oublier. Bien sûr, par la suite je m’y suis faite – on se fait à tout – mais prime abord ce fut un choc, et on ne m’ôtera pas de l’idée que ça doit être le cas de tout un chacun.  Je ne sais pas ce que j’avais imaginé.. une sorte de Sherlock Holmes grand et mince, respirant l’intelligence. Bien entendu, je savais qu’il était étranger, mais je ne m’attendais pas, à ce qu’il soit étranger à ce point-là, si vous voyez ce que je veux dire.  Rien qu’à le voir, vous aviez le fou rire ! On aurait juré qu’il se croyait sur les planches, ou dans un film. D’abord, il ne mesurait guère plus d’un mètre soixante et des poussières – et c’était un drôle de petit bonhomme grassouillet, vieux comme Hérode, avec une moustache inimaginable et un crâne en forme d’oeuf. Il avait tout du coiffeur dans une pièce de boulevard !

Evidemment, son avis sur l’enquêteur le plus célèbre (et mon préféré, je suis donc totalement partiale) va évoluer avec l’enquête mais qu’est-ce que je me suis amusée à lire ce roman et les remarques de la jeune infirmière – sur la manière d’enquêter de M. Poirot, de ses obsessions et même lorsque ce dernier l’énerve, en la citant comme suspecte. L’enquête va porter essentiellement sur la personnalité trouble de la victime – ce passé qu’elle cachait à tous (excepté à son époux), mais surtout son comportement – elle semble jouer à la séductrice auprès de tous les hommes et aucun ne lui résiste, tant sa beauté est unique.  Ce comportement énerve les autres femmes. L’autre mystère est la manière dont l’assassin a pu pénétrer dans sa chambre, où elle faisait la sieste, sans être vu.

Je ne vous raconterai pas la fin – mais on est bien dans du Agatha Christie et du Poirot, ainsi explique-t-il à la jeune Amy :

Jamais de la vie ! C’est toujours une erreur que de faire étalage de ses connaissances. Jusqu’à la minute fatidique, je garde tout ça là-dedans, fit-il, en se tapotant le crâne. Et puis, le moment venu, je bondis comme un tigre et… ah là ! là !

Cette dernière confie qu’elle ne put s’empêcher de rire sous cape en imaginant « le petit M.Poirot dans le rôle du tigre ». Mais tous les amoureux de Poirot savent à quel point il est intelligent. Dans le prologue, on apprend qu’Agatha Christie s’était vue donner l’idée de ce roman par l’ami de son deuxième époux (Max Mallowan), Leonard Wooley (cf. photo des 3 amis) dont l’épouse Katherine ne laissait personne indifférent. Katherine était une femme indépendante et passionnée d’archéologie dont le caractère provoquait deux réactions : soit on l’adorait, soit on la détestait.  Leonard, qui participait aux fouilles d’Ur auxquelles Max Mallowan participait (et où Agatha Christie l’accompagnait, cf. photo) aurait ainsi demandé à Agatha d’inclure son épouse dans un roman.

Le résultat est un roman passionnant, le style me plaît toujours autant, fluide et maîtrisé, et on se prend à suspecter tout le monde et à tenter de trouver le meurtrier avant Poirot ! Je l’ai lu d’une traite et il m’a été difficile de ne pas enchaîner avec d’autres aventures de Poirot. A noter que contrairement à l’adaptation télévisuelle, son ami, le Lt Hastings, ne l’accompagnait pas.

Une lecture commune avec Hélène du blog Lecturissime. Son avis enthousiaste par ici !

Les Intégrales du Masque, n°5, Murder in Mesopotamia, 1936, 212 pages

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Wisconsin

Attention, un énorme pour ce roman ! Le titre n’est pas la traduction littérale du titre original, The turtle warrior, que je trouve plus poétique et qui, une fois le livre lu, nous parle plus. Mais il est vrai que l’auteur dresse ici un portrait du Wisconsin tel qu’il mérite d’en devenir le titre.

Mary Relindes Ellis commence son roman en l’an 2000, mais très vite elle nous fait remonter le temps – au milieu des années 60, dans les contrées méconnues du nord du Wisconsin où une famille survit, en vase clos (ou presque) depuis des années. La mère, dont la déchéance la pousse à l’excès et parfois à la limite de la folie, le père, un homme alcoolique et violent et les deux fils, qui conjurent à leur manière la violence familiale en se réfugiant dans une nature nourricière et protectrice.

wisconsin relindes ellisPour fuir les accès de colère du père, les fils ont pris l’habitude d’aller se réfugier dans les bois ou près de la rivière. Car ces terres leur offrent un sanctuaire où ils peuvent se ressourcer et s’y sentir protégés. Ils y pansent leurs blessures, physiques et psychologiques. L’ainé, James, grandit vite, toujours flanqué de son meilleur ami, il aime faire les quatre cents coups. Au grand désarroi du petit frère, Bill, un garçon très émotif – il recueille tous les animaux blessés ou abandonnés, des souris aux couleuvres, sa chambre se transforme en infirmerie. Les deux frères ont sept ans d’écart et l’ainé n’a qu’une idée : s’évader le plus vite de cet enfer familial.

Chaque jour est une épreuve : le retour de l’usine de son père, ou plus exactement d’un bar où le père va dépenser sa paie en boissons. Incapable de labourer la terre, celui-ci est parti travailler en ville. Une moindre remarque de sa part est impensable, le mari ayant la main leste. Ainsi, son épouse, esseulée, a peu à peu laissé mourir en elle l’espoir d’une vie meilleure. Son seul échappatoire est lorsque ses enfants et son mari sont absents, elle en profite pour parcourir une partie de ses terres en parlant à voix haute. Ce comportement étrange a alerté les Morrisseau, les seuls voisins de la famille. Ces derniers forment un couple fusionnel mais dont la vie a refusé de leur donner un enfant. Le mari, de sang mêlé (indien) et son épouse ont peu à peu pris sous leurs ailes James et Bill face au désoeuvrement parental. Ils leur offrent tout l’amour et la bienveillance dont ils ont besoin mais cet équilibre fragile va éclater.

James, l’ainé, est surnommé Elvis car il ne jure que par sa musique et celles de Roy Orbison ou encore de Jerry Lee Lewis ce qui énerve profondément son père qui ne se reconnaît pas dans ce fils trop soucieux de son apparence et qui ose lui tenir tête. Depuis peu, l’ainé prend la défense de sa mère. Aussi le père est-il ravi d’annoncer au Morrisseau que James s’est engagé dans l’armée, comme lui auparavant en son temps. Mais nous sommes en 1968….Un jour, on vient frapper à la porte et on annonce à une mère que son fils est porté disparu. Le petit Bill a tout entendu. Son monde s’écroule.

La narratrice, c’est désormais elle.  Elle qui raconte sa vie, sa jeunesse, son école privée, son physique plutôt agréable et puis sa rencontre avec cet homme à un bal organisé pour les vétérans, le charme de ce brun ténébreux, les promesses d’une vie facile et heureuse et puis peu à peu la déchéance, l’isolement, les premiers coups. Et on comprend peu à peu que la folie est parfois le seul refuge à la cruauté humaine.

Mary Relindes Ellis livre un roman magnifique, sublime et profondément humain. J’ai eu peur, je l’avoue, de tomber dans le mélodrame, mais c’est l’opposé qui se passe. L’écrivain ne tombe jamais dans le pathos ou la guimauve, autre écueil de ce genre de roman. Ici, on est en Amérique et les hommes restent des hommes : on chasse, on parle peu et on grandit sans se plaindre. C’est ainsi que Bill grandit, le jeune homme est un géant, près de deux mètres – les années passent mais l’ombre de James continue de planer sur les deux fermes et la vie n’a jamais repris son cours.

Je n’en dirais pas plus mais sachez que la rédemption viendra – inattendue et moment très fort du roman.

Je dois avouer, j’ai aimé ce roman de bout en bout, qui n’est fait que de moments forts 🙂

Un roman qui m’a littéralement pris aux tripes, une déclaration d’amour sublime à la vie et à son pouvoir de rédemption, à la résilience. Une chronique humaine d’une profondeur qui m’a vraiment impressionnée et une maîtrise du récit de bout en bout. Une ode à la nature et à son pouvoir guérisseur.

Un roman choral maitrisé où chaque voix a son rôle – moi qui suis si sensible à cet exercice, ici je suis impressionnée. Chaque personnage a été travaillé, étudié et animé avec un tel amour, j’en reste pantois.

Un premier roman impétueux et obsédant – oui, obsédant – je suis partie dans les terres du Wisconsin et je ne les ai pas quittées.

J’ai dévoré le roman en à peine une journée, incapable de reposer le livre, incapable de quitter ces êtres écorchés vifs mais terriblement émouvants.

Un roman à lire, très vite.

♥♥♥♥♥

J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge 50 États 50 romans, État du Wisconsin.

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Editions 10/18, The turtle warrior, trad.Isabelle Maillet, 448 pages 

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Ils me font de l’œil…

La rentrée de septembre approche et je ne suis pas du tout prête ! Et celle-ci coïncide avec le Festival America. Entre les repérages de Marie-Claude ou de Jostein, il est en effet difficile de résister ! Mais il le faudra – pourtant, ça ne coûte rien de rêver devant ces livres ?

L’an dernier, j’avais eu énormément de chance car j’avais reçu un des livres en SP et quel coup de cœur (Sacré Bleu de Christopher Moore).

Il y a forcément les livres de mes auteurs préférés donc là – comme vous tous – on ne se pose pas trop la question et puis les autres, qui nous font de l’œil et que j’ai très envie de découvrir ! J’en ai déniché 24 – oui un record ! 🙂

Donc, on respire un grand coup et hop on plonge !

Les livres que j’achèterais les yeux fermés pour leurs auteurs :

Dans Les Règles d’usage, publié aux éditions Philippe Rey, Joyce Maynard revient avec un nouveau roman alléchant !

les règles d'usage JM sep16 reyWendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L’espoir s’amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. Le chemin de la jeune fille la mène bientôt en Californie chez son père biologique qu’elle connaît à peine – et idéalise. Son beau-père et son petit frère la laissent partir le coeur lourd, mais avec l’espoir que cette expérience lui sera salutaire. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle délaisse les bancs de son nouveau collège et, chaque matin, part à la découverte de ce qui l’entoure, faisant d’étonnantes rencontres : une adolescente tout juste devenue mère, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers tout le pays. Wendy lit beaucoup, découvre Le Journal d’Anne Frank et Frankie Addams, apprend à connaître son père, se lie d’amitié avec sa belle-mère éleveuse de cactus, comprend peu à peu le couple que formaient ses parents – et les raisons de leur séparation. Ces semaines californiennes la prépareront-elles à aborder la nouvelle étape de sa vie ? Retournera-t-elle à Brooklyn auprès de ceux qui l’ont vue grandir ?

Flammarion nous propose le dernier recueil de nouvelles (novellas) du grand Jim Harrison, traduit Le vieux saltimbanque. 3 nouvelles qu’il me tard de découvrir ! Le titre original fait référence au personnage de la première novella, un auteur vieillissant qui partage toujours la maison avec son épouse, dont il est pourtant séparé, et qui subit la fronde et les flèches du succès littéraire et doit en plus s’occuper de la truie qu’il a acheté sur un caprice et qui vient de mettre bas à une portée de porcins.

Dans Eggs, une habitante du Montana se rappelle de son séjour à Londres avec ses grands-parents et plus précisément de ses souvenirs quand elle ramassait les œufs avec eux dans leur maison de campagne. Des années après, sans enfant, elle tente d’y remédier. Enfin, dans The Case of the Howling Buddhas, on retrouve un personnage fétiche de Jim, le détective Sunderson – ici engagé comme détective privé pour enquêter sur un groupuscule sectaire qui croit atteindre le satori (éveil spirituel chez les Bouddhistes) en allant hurler avec les singes au zoo.

Valentine Goby sept2016 ASValentine Goby que j’ai découverte avec Banquises et Kinderzimmer, et qui me donne à nouveau très envie avec son dernier roman, Un paquebot dans les arbres, publié chez Actes Sud.

Au milieu des années 1950, Mathilde sort à peine de l’enfance quand la tuberculose envoie son père et, plus tard, sa mère au sanatorium d’Aincourt. Cafetiers de La Roche-Guyon, ils ont été le coeur battant de ce village des boucles de la Seine, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant est ruiné par les soins tandis que le placement des enfants fait voler la famille en éclats, l’entraînant dans la spirale de la dépossession. En ce début des Trente Glorieuses au nom parfois trompeur, la Sécurité sociale protège presque exclusivement les salariés, et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui par insouciance, méconnaissance ou dénuement tardent à solliciter la médecine.
À l’âge où les reflets changeants du fleuve, la conquête des bois et l’insatiable désir d’être aimée par son père auraient pu être ses seules obsessions, Mathilde lutte sans relâche pour réunir cette famille en détresse, et préserver la dignité de ses parents, retirés dans ce sanatorium – modèle architectural des années 1930 –, ce grand paquebot blanc niché au milieu des arbres.

Enfin, David Treuer, publié chez Albin Michel, dans leur collection Terres d’Amériques revient avec un roman le 17 août prochain et surtout l’auteur sera présent au Festival America.

David Treuer sept16 AM« Un roman admirable et déchirant, subtil et envoûtant, où s’entrelacent les destins tragiques d’une famille et de toute une communauté. »Toni Morrison, prix Nobel de littérature
Août 1942. Avant de s’engager dans l’armée de l’air, Frankie Washburn rend une dernière visite à ses parents dans leur résidence d’été du Minnesota. Il y retrouve Félix, le vieil Indien en charge du domaine, dont il est plus proche qu’il ne l’est de son propre père. Mais aussi Billy, un jeune métis avec qui il a grandi et auquel l’unissent des sentiments très forts. Ce jour-là, au cours d’une battue pour retrouver un prisonnier de guerre allemand échappé du camp voisin, les trois hommes se retrouvent mêlés à un tragique accident dont ils tairont à jamais circonstances. Ce drame va bouleverser le destin des Washburn et de leurs proches, à l’image du conflit qui ravage le monde.
Un roman d’une puissance magnétique, aussi tendre que dévastateur, qui explore avec une infinie beauté les recoins les plus sombres de l’âme humaine.

Les découvertes qui me tentent fortement :

Éditions Au diable Vauvert

Dan O'Brien Haut Domaine sep16 ADiabVau

J’aime toujours autant les nouvelles, aussi ce recueil signé Dan O’Brien me tente beaucoup ! Je connais déjà l’auteur mais cela fait longtemps que je n’ai pas croisé sa route.

Un enfant, un serviteur noir, un vieil excentrique et sa femme, deux déracinés…

Par la voix singulière de personnages bouleversés face à une nature les dépasse ou une existence qui les met au défi, dix nouvelles, lauréates de l’Iowa Short Fiction, comme autant d’hymnes discrets à la persévérance et au pouvoir rédempteur de l’amour pour les grands espaces et les hommes.

Le recueil de nouvelles paraitra le 8 septembre et j’avoue que la couverture est magnifique (si vous avez déjà lu mon billet sur un de ses précédents romans), vous savez que les bisons ne me laissent pas insensibles ! Et vous, allez vous craquer ? Attendez, il y en encore beaucoup !

♣ Éditions Albin Michel

Marlon James sep16 AMKingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunit 80 000 personnes lors d’un concert historique. Construit comme une vaste fresque épique abritant plusieurs voix et des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, de la politique et de la violence du monde.S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et James Ellroy, Marlon James signe un livre hors normes, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. » Russell Banks

♣ Éditions Belfond

Smith Henderson sep16 Belf« Ce premier roman m’a frappé tel la foudre, comme l’œuvre d’un auteur au sommet de son art. Yaak Valley, Montana est un chef-d’œuvre. » Philipp Meyer

LA révélation de cette rentrée littéraire, dans la lignée de Cormac McCarthy et de Richard Ford. Soulevant les contradictions les plus violentes et dérangeantes d’une Amérique qui préfère ignorer ses marginaux, Smith Henderson livre une peinture au vitriol du Montana des années 1980.

Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.
Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie. Pearl qui s’est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu’il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.
Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…

♣ Éditions Buchet-Chastel

Atticus Lish sep16 Buchet ChastelC’est dans un New York spectral, encore en proie aux secousses de l’après-11 Septembre, que s’amorce l’improbable histoire de Zou Lei, une clandestine chinoise d’origine ouïghoure errant de petits boulots en rafles, et de Brad Skinner, un vétéran de la guerre d’Irak meurtri par les vicissitudes des combats.

Ensemble, ils arpentent le Queens et cherchent un refuge, un havre, au sens propre comme figuré. L’amour fou de ses outlaws modernes les mènera au pire, mais avant, Lish prend le soin de nous décrire magistralement cette Amérique d’en bas, aliénée, sans cesse confinée alors même qu’elle est condamnée à errer dans les rues. Il nous livre l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui font le corps organique de la grande ville : clandestins, main-d’œuvre sous-payée, chair à canon, achevant sous nos yeux les derniers vestiges du rêve américain.

Le roman doit sortir en France le 18 août prochain et son auteur sera présent au Festival America.

♣ Éditions Christian Bourgeois

ann beattie sep16 chribourAnn Beattie est une romancière et nouvelliste américaine. Ses nouvelles sont publiées régulièrement dans le New Yorker.

Je suis curieuse de découvrir ce recueil, intitulé « L’état où nous sommes – Nouvelles du Maine« , ne résistant jamais à l’appel des nouvelles, un genre que j’apprécie énormément.

Les éditions Christian Bourgeois ont déjà traduit un de ses romans, Promenades avec les hommes en 2012 et un précédent recueil, Nouvelles du New Yorker en 2013,  ce recueil couvre une génération, de la fin de la guerre du Viêt Nam à l’après 11 septembre 2011. Au fil des années, l’auteur a observé la vie des Américains et a décortiqué les rapports entre les gens, en société ou dans le cadre de leur vie privée.

Ann Beattie publie également, en collaboration, des livres de photographie.

kate summerscale sept16 chribourg

Le titre en  lui-même vaut le détour :   Le mystère d’un enfant matricide à l’époque victorienne.

Juillet 1895 – Nathaniel et Robert Coombes, deux frères âgés de douze et treize ans, se retrouvent seuls pendant dix jours. Leur père, marin, vient d’appareiller pour New York. Quant à leur mère, ils assurent à tout le monde qu’elle est partie à Liverpool. Rapidement, la famille, les voisins, s’inquiètent de ne pas la voir revenir. La police arrive sur les lieux alors qu’une odeur pestilentielle envahit la rue. À l’étage, ils découvrent le corps de la mère en état de décomposition avancé. Interpellé, Robert admet avoir tué sa mère à coups de couteau.

Libéré pour bonne conduite après la mort de la reine Victoria, Robert fait partie des contingents d’anciens prisonniers allant peupler les terres nouvelles d’Australie. Sa vie change alors radicalement. Sans que jamais rien ne filtre de son passé.

♣ Éditions Les Équateurs

Paul Baldenberger sep16 Equa« Le pistolet était placé à côté du frein à main. Quand le conducteur fut assuré que personne ne pouvait voir la scène sur le point de se dérouler, la scène imaginée, fantasmée, celle qui marquerait son entrée hors du champ de la norme, de la loi, de la vie sociale, quand il fut tout à fait sûr que la longue et morne rue longeant le mur d’enceinte du lycée était déserte, il prit l’arme, la pointa sur ma tête, m’ordonna d’ouvrir la portière et de monter à l’avant, à côté de lui, à la place du mort. »
David a douze ans et attend la belle Nina devant l’aumônerie jouxtant le lycée. Elle ne viendra jamais au rendez-vous. À la place, une Peugeot bleue et un homme armé. Il ne relâchera l’enfant que trois heures plus tard. Trois heures, le temps pour le bourreau de commettre son crime. Trois heures dans la tête de l’enfant qui fera tout pour survivre. Entremêlés à ces heures obscures, les fragments de sa vie d’adulte et d’une enfance à l’ombre d’un frère absent : une banlieue tranquille au milieu des années 1980, quelques échappées sur la Côte d’Azur, des voyages lointains et des amours lumineuses pour tromper le vertige.  Femmes et paysages dessinent une géographie intime secouée de tremblements. Nulle vallée de larmes, juste l’urgence de trouver la liberté, l’amour, la poésie.
Un premier roman à bout portant. L’écriture somptueuse nous plonge au cœur de ce combat pour conjurer la tragédie et rester du côté de ceux qui sont « un peu plus vivants que morts ».  Roman à paraitre le 18 août prochain.

♣ Éditions Gallmeister

Alex Taylor sep16 Gall« L’une des plus belles et brillantes proses que j’ai jamais lues. Ce livre est un incroyable tour de force ». DONALD RAY POLLOCK

En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines couvertes de champs de maïs et de soja. Un soir où il remplace son père, qui conduit le ferry parcourant la rivière dans les deux sens, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, puissant homme d’affaires local et assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite, tandis que Loat et Elvis, le shérif, se lancent à ses trousses.

Le Verger de marbre est un thriller littéraire à la prose incandescente dans la veine des grands textes sudistes de Cormac McCarthy ou Daniel Woodrell. Ce premier roman hypnotique est une inoubliable descente au cœur des ténèbres et doit sortir le 18 août prochain.

Bruce Hollbert sep16 gallHiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage. Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie. Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé de son père, le laissant à la tête du ranch familial. Labeur, amour et violence, autant de découvertes pour Matt, qui se retrouve face à la beauté sauvage de cette terre, tentant de maintenir l’équilibre fragile entre les êtres qui l’entourent.

Dans une langue puissante et incarnée, L’Heure de plomb conte la plus dure leçon que l’Ouest donne aux hommes, celle de la confrontation avec les forces brutes de la nature, au fondement même du mythe américain.  Le nouveau roman de Bruce Holbert doit paraître le 1er septembre.

couv rivireLa joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Alors, bienvenue chez les monstres : il y a Arturo l’Aquaboy, doté de nageoires et d’une ambition digne de Genghis Khan; Iphy et Elly, sœurs siamoises et musiciennes talentueuses; Oly, naine bossue et albinos. Seul détonne l’étonnamment normal Chick… jusqu’à ce qu’il révèle des qualités bien particulières. Pour autant, cette famille est habitée de passions bien humaines, et une terrible rivalité entre frères et sœurs ne tarde pas à menacer le bonheur des Binewski.

Amour monstre,  œuvre unique et fascinante, interroge les notions de monstruosité et de normalité, de beauté et de laideur, de sacré et d’obscène. Avec ce roman culte aux États-Unis, Katherine Dunn brise tous les tabous pour refaire le monde et nous parler d’amour.

Un roman culte finaliste du National Book Award et best-seller aux États-Unis depuis 25 ans. L‘amour monstre sera publié le 18 août prochain.

Éditions Grasset

marie de noailles sep16 grasset « Le 8 mai 1975, je vois le jour, moi Marie Alicia Eugénie Charlotte Blandine, seconde fille du duc et de la duchesse de Noailles. Trente ans plus tard, je choisis la vie. Je m’arrache à l’alcool, à l’herbe, à la cocaïne, à ces dépendances qui, depuis quinze ans, me possèdent et me consument. À moi la libération. Le 29 mars, date de mon retour parmi les vivants, où que je sois, je m’agenouille et je prie Dieu, dont je ne suis pas sûre de connaître le nom. Je m’appelle Marie, j’ai deux anniversaires et une seule vie. Que j’ai failli perdre et choisi de sauver. Je suis née deux fois. »
M. de N.
Jolie jeune femme, issue d’une des plus grandes familles de France, Marie de Noailles découvre la drogue à treize ans, une nuit d’extase et de mauvais hasard. Enfant choyée, drôle, flottante, éperdue de tristesse, elle s’essaye à tous les cachets, à toutes les boissons. A toutes les rencontres. Pendant des années, elle traverse la nuit parisienne, ses figures, ses âmes damnées, ses secrets. Blonde, dévastée, elle vole, elle ment, toujours plus accro. Une longue chute impossible à arrêter.
A presque trente ans, méconnaissable, usée, Marie de Noailles est placée par sa famille  dans un centre au Royaume Uni, qui pratique la méthode « Minnesota ». Une tentative ultime, violente et radicale. Marie change, se sauve, devient à son tour psychologue et soigne désormais des patients, souvent fameux, venant du monde entier pour la rencontrer. Un récit magnifique, intime et littéraire, qui ne perce pas l’énigme de l’addiction mais l’approche, avec pureté et douceur.

 

♣ Éditions Libretto

Herman Bang sep16 LibrettoJe suis curieuse de découvrir l’œuvre d’un auteur danois, célébré dans son pays avec ce roman qui va paraître le 8 septembre prochain, surtout quand ça tourne autour de la peinture.

Dans le Paris de la fin du XIX siècle, le peintre Claude Zoret s’entretient avec son protégé, le jeune Tchèque Mikaël. Installés dans une vie de célébrité et de luxe, Zoret et Mikaël sont tout à la fois père et fils adoptif, maître et élève, peintre et modèle, et, sans que ce ne soit jamais dit, amants. Lors d’un dîner dans la demeure du maître, celui-ci apprend à ses invités qu’il peindra bientôt le portrait de Lucia Zamikov, la célèbre princesse russe. Seulement le vieil artiste ne parvient pas à peindre les yeux de l’aristocrate et requiert contre toute attente laide de son élève, qu’il rabaisse pourtant sans cesse. Mikaël tombe éperdument amoureux de Lucia. Une passion partagée. Peu à peu, il délaisse Zoret, le vole, le trahit. Le maître, informé de l’idylle de son jeune protégé, observera avec douleur la passion des deux amants, profondément blessé par les mensonges de ces derniers. N’en être que le spectateur lui sera fatal.

♣ Éditions Le Cherche Midi

là où elle repose LCMUn polar ! et je fais confiance à Gillian Flynn :  « Non seulement Kimberly McCreight nous donne un thriller d’une rare intensité, mais elle crée un véritable monde dans lequel nous nous laissons totalement engloutir. C’est un roman captivant et magnifique. »

À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.
Kimberly McCreight assemble minutieusement les pièces d’un puzzle obscur pour construire un thriller aussi captivant qu’émouvant. Après Amelia, elle confirme ici sa place parmi les meilleurs auteurs du genre.

Parution prévue le 18 août prochain 😉

♣ Éditions Métailié

christoph hein sep16 MétLe noyau blanc de Christoph Hein – un roman attendu pour le 1er septembre prochain.

Je ne connais que de nom ce prolifique romancier allemand, qui a vécu d’abord en Allemagne de l’Est et de divers métiers avant de se consacrer à l’écriture. Il a déjà publié une vingtaine de pièces de théâtre et une dizaine de romans, dont le célèbre L’ami étranger.

Eugenia Almeida sep16 MétÀ la sortie d’un bar, une jeune femme menace un inconnu puis retourne son revolver contre elle-même et se suicide, ça ne regarde pas la police. “Tout au plus un épisode confus. Sans danger pour les tiers.”
Mais Guyot, le journaliste, s’obstine. Il veut comprendre. Il consulte des archives. Il lit les cahiers de la victime. Il cherche. Il ne voit pas les signaux d’alarme.
Parfois, il vaut mieux laisser tomber. L’importance du passé est surestimée. Si les gens restaient tranquilles, tout irait mieux.
Les voix se multiplient. Beaucoup de coups de fil. Entre les mots, du silence. Des menaces avérées. Des crimes. L’atmosphère est opaque, l’air raréfié.
La mécanique de la violence est encore bien huilée ; les anciens maîtres du pouvoir policier des années 80 ont du mal à prendre leur retraite et veulent aussi parler de leurs sentiments.

Dans une prose concise et d’une densité extraordinaire, l’auteure Eugenia Almeida écrit un roman politique et métaphysique très noir, et montre les remous des âmes perverses et les alliances troubles des pouvoirs institués. Magnifique et glaçant. Parution prévue le 25 août prochain.

♣ Éditions Phébus

Drago Jancar sep16 Phébus

Le dernier roman de Drago Jančar  doit paraître le 25 août prochain.

Un matin, Ciril joue la Marche Turque de Mozart dans le métro de Vienne et croise l’étonnant Štefan Dobernik – Slovène comme lui. En quelques secondes, la vie du jeune violoniste bascule. Le lendemain, il rentre à Ljubljana dans la voiture de Štefan et devient son plus proche conseiller au sein de l’énigmatique D & P Investments. Là, il retrouve ses rêves et ses amours d’étudiants, passés au moulin du temps. Son épopée dérisoire ne dure que six mois, mais ceux-ci veulent tout dire…

Après Cette nuit, je l’ai vue (Prix du meilleur livre étranger 2014), le nouveau roman de Drago Jančar, mené tambour battant, est celui des petites magouilles et des grandes désillusions.

♣ Éditions du Seuil

Sur les hauteurs du Mont Crève-cœur de Thomas H. Cook va paraître le 25 août prochain et son auteur sera présent au Festival America. Le titre original du roman est Breakhart Hill (pas de couverture de livre disponible actuellement). Mais elle sera toujours mieux que celle de l’originale !

1962. Ben, lycéen, tombe amoureux de Kelli qui vient d’arriver à Choctaw, bourgade traditionnelle et guindée du Sud américain. Mais Kelli s’éprend de Troy, le bourreau des cœurs local. Un jour, Kelli est retrouvée morte. Ben est soupçonné d’en savoir plus qu’il ne veut le dire. Kelli a-t-elle été tuée parce que Troy avait plaqué sa petite amie pour elle ou parce qu’elle soutenait la cause des Noirs dans le Journal du Lycée qu’elle dirigeait avec Ben ? On ne le saura jamais… Trente ans après, Ben, marié, exerce la médecine à Choctaw. L’heure est venue pour lui de révéler la vérité.

Les bottes suédoises sept16 SeuilFredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n’est plus qu’une ruine fumante.
Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s’interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre ?
Mais c’est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l’apparition d’une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.
Tandis que l’hiver prend possession de l’archipel, tout va basculer de façon insensible jusqu’à l’inimaginable dénouement.

Après l’immense succès des Chaussures italiennes, auquel il fait suite, Les Bottes suédoises brosse le portrait en clair-obscur d’un homme tenaillé par le doute, le regret, la peur face à l’ombre grandissante de la mort ? mais aussi la soif d’amour et le désir ? , d’un être amené par les circonstances à revisiter son destin et à reprendre goût à la vie.
Tel est l’ultime roman de Henning Mankell : une œuvre d’une sobriété élégiaque et poignante, traversée et portée par la beauté crépusculaire des paysages.

♣ Éditions Stock

virgina reeves sept16 stock« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. »

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

« Un premier roman exceptionnel, porté par une langue sincère, directe et suave. »
Kevin Powers.

Ce roman signé Virginia Reeves m’intrigue beaucoup. Il sortira fin août – le 24, et l’auteure sera présente au Festival America.

♣ Éditions Toussaint Louverture

Richard Adams sep16 ToussLouvC’est parfois dans les collines verdoyantes et idylliques que se terrent les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante épopée de courage, de loyauté et de survie.
Menés par le valeureux Hazel, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, ruses, légendes vont aider ces héros face à mille ennemis et les guider jusqu’à leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera-t-elle là ?
Aimé par des millions de lecteurs, l’envoûtant roman de Richard Adams fait partie de ces odyssées sombres néanmoins parcourues d’espoir et de poésie.
Vous sentirez le sang versé. Vous tremblerez face aux dangers. Vous craindrez la mort. Et plus que tout, vous ressentirez l’irrépressible désir de savoir ce qui va se passer.

♣ Éditions de La Table Ronde

Emma Cline sept16 LaTabRon Le Nord de la Californie, à l’époque tourmentée de la fin des années 1960. Evie Boyd a quatorze ans, elle vit seule avec sa mère, que son père vient de quitter. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Mais les deux amies se disputent dès le début de l’été qui précède le départ en pension d’Evie. Un après-midi, elle aperçoit dans le parc où elle est venue traîner, un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Très vite, Evie tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d’une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais aux yeux d’Evie, il est exotique, excitant, électrique, et elle veut à tout prix s’y faire accepter. Tandis qu’elle passe de moins en moins de temps chez sa mère, et tandis que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable, et de ce moment dans la vie d’une adolescente où tout peut basculer.


Dense et rythmé, le remarquable premier roman d’Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, comme jamais remise de son expérience sectaire ni de son enfance ballotée, il est un portrait indélébile des filles comme des femmes qu’elles deviennent. Il est aussi le tableau très documenté d’un monde parallèle et inquiétant. Celui d’une secte qui n’est pas sans rappeler la tristement célèbre Famille de Charles Manson, dont la légende noire flotte au-dessus de Hollywood depuis près d’un demi-siècle.

♣ Éditions Sabine Wespieser

Les petites chaises rouges d’Edna O’Brien m’intrigue beaucoup !

edna obrien sep16 swDès qu’il franchit le seuil de l’unique pub ouvert dans ce trou perdu d’Irlande, l’étranger suscite la fascination. Vladimir Dragan est originaire du Monténégro. Il entend s’établir comme guérisseur. On lui trouve un logement, un cabinet médical, et sa première cliente, une des quatre nonnes du lieu, sort de sa séance totalement régénérée. Rien d’étonnant à ce que Fidelma, très belle et mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, tombe sous le charme.
L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, il a vécu à Cloonoila sous un faux nom. Inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, il est emmené à La Haye, où il rendra compte de ses crimes. Le titre choisi par Edna O’Brien s’éclaire alors, ainsi que l’introduction rappelant que 11 541 petites chaises rouges avaient été installées à Sarajevo en 2012 pour commémorer la mémoire des victimes du siège.
Le vrai sujet de cet extraordinaire roman n’est pourtant pas la guerre civile de Bosnie, ni la figure de Radovan Karadzic, dont il s’inspire. Avec une infinie tendresse et une infinie compassion, la grande romancière irlandaise se penche sur le destin d’une femme ordinaire, que sa naïveté a rendue audacieuse, et dont l’existence a été ravagée pour avoir vécu, sans savoir à qui elle avait affaire, une brève histoire d’amour avec l’un des monstres les plus sanguinaires du XXe siècle.
Après l’arrestation de Vlad, il est impossible pour Fidelma de rester en Irlande. Réfugiée à Londres, dans le monde souterrain des laissés-pour-compte, elle vit de petits boulots, hantée par une honte indépassable, et par la terreur.

La prose d’Edna O’Brien est éblouissante : comme dans la vie, passant de la romance à l’horreur, d’un lyrisme tremblé au réalisme le plus cru, de la beauté au sentiment d’effroi le plus profond, elle nous donne, avec ce roman de la culpabilité et de la déchéance d’une femme, son absolu chef-d’œuvre.

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Voilà !  Bon évidemment, il va falloir faire un choix drastique 😉